Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

le roi de Prusse à son peuple ; « Toutes no* attaques ont eu le plus heureux succès; cependant nous nous sommes retirés prudemment devant l'ennemi pour nous rapproche» de nos ressources et de nos renforts. » D. Où l'ennemi parvint-il à se rallier? R. Derrière Reichenbach. Comme ce ralliement était protégé par des batteries formidables , il fallut pour l'inquiéter déployer un grand appareil de forces. Nous le fîmes avec un grand succès; mais au moment où, suivi de quatre généraux, Napoléon tournait un coude formé par le chemin de Maskerdorff, un boulet passa près de lui, tua roide Bruyère et Kirchener, rasa Mortier et blessa mortellement Duroc. D. Duroc vécut-il encore long-temps! R. Environ i5 heures. « Duroc, lui dit l'empereur, il est une autre vie, c'est que vous irez m'attendre et que nous nous reverrons. » Livré à la plus vive douleur, Napoléon rentra dans sa tente et resta jusqu'au lendemain sans recevoir personne. £>. Que faisait l'armée? R. Elle présentait et soutenait avec gloire quantité de combats, lorsqu'elle apprit que les alliés s'étaient enfin déterminés à accepter

une suspension d'armes. C'était le 4 ju'"Bientôt l'ouverture, dans les murs de Prague, d'un congrès ayant la paix pour but, attira tous les yeux de l'Europe attentive.

D. Les vœux des souverains étaient-ils réellement pour la paix?

R. Oui, mais tous voulaient en dicter les conditions. Le roi de Prusse donna cependant à penser le contraire; car je vois dans sa proclamation du 5 juin , qu'il « n'avait accepté l'armistice que pour donner à la force nationale de son peuple le temps de se développer entièrement. » Etrange contradiction! Ce prince, qui négocie la paix, dit hautement que sa demande est un piége!

D. Que produisit le congrès? R. On attendait une paix consolante, et l'on n'obtint qu'une effroyable guerre. Jetant lfe masque , à son tour, l'Autriche nous quitta pour se joindre à nos ennemis; mais par une grandeur d'âme au-dessus de toute admiration , le roi de Danemarck ne vit dans notre infortune qu'un nouveau motif de s'attacher plus étroitement à nous.

D. A quelle époque reprit-on le cours des hostilités?

R. Le 14 août. Aux termes des traités on .ne devait le faire que le 17; mais moins de loyauté et plus de succès semblait être la devise des généraux ennemis. Attaqués perfidement , les corps que nous avions sur la Ratzhach cédèrent, avec la ville de Breslau, leuri plus belles positions.

D. Que fit Napoléon?

R. Il se porta sur la Bohême dont il força tous les défilés.

D. Que se passait-il au camp ennemi?

R. Deux généraux venaient d'y arriver: Moreau et Jomini. Le premier avait quitté les champs américains pour aller présider lei cqnseils d'Alexandre; le second avait déserté ses drapeaux pour courir vendre à l'ennemi les plans de son bienfaiteur.

D. Quel était le projet des alliés?

R. De s'emparer de Dresde pour en faire la base de leurs opérations; mais Napoléon devinant leurs desseins, quitta rapidement la Bohême et vint s'établir dans Dresde. Jusqu'alors le seul 14e corps français avait occupé cette ville que menaçaient plus de i5o,00o ennemis.

D. Pourquoi les alliés ne l'attaquèrent-ils point avant l'arrivée de l'empereur?

R. Parce qu'ils attendaient, pour être plus certains de réussir, leur jonction avec le corps de Klenau; mais ce fut une faute qui les perdit. Ce corps n'arriva point, et ils furent réduits à combattre six fois plus de monde qu'on ne leur en opposait d'abord. C'était le 2G août. On se'battitdeux jours entiers par le temps le plus affreux. La pluie tombait si abondamment que les fusils ne partaient plus, et l'on était réduit au seul feu du canon. Joint à l'arme blanche, celui-ci fit un tel ravage qu'à la fin du second jour, 3o,00o morts, 3o,000 prisonniers, 60 pièces de canon et 4o drapeaux étaient sortis des rangs ennemis pour nous servir de trophées. D. Quelle fut notre perte? R. 4o00 hommes au plus. De toutes celles que firent les alliés, aucune ne leur causa plus de douleur que celle du général Moreau, à qui un boulet fracassa les deux jambes, et qui mourut des suites de l'amputation. Us donnèrent, assure-t-on, des larmes à Moreau: plus justes appréciateurs des vertus, les Français ne plaignirent que sa gloire flétrie. Avant de mourir, ee général écrivit à sa femme: «Ce coquin de Bonaparte est toujours heureux. » .. ,

J). Que fit l'armée française après sa victoire?

R. S'attachant aux pas de l'ennemi, elle le foudroyait en queue, lorsque Vandamme, qui s'était isolé, pour poursuivre différons corps, se vit lout-a-coup accablé dans Kulni, tant par eux que par d'immenses renforts qui leur étaient arrivés. Il devait ou se rendre ou périr : il préféra la mort et fondit sur l'ennemi; mais cette mort qu'il cherchait, il l'appela vainement. Après un combat acharné, Vandamme fut réduit à se rendre avec 6000 hommes, 000 voitures et 3o canons.

D. Quel projet forma l'empereur dans cette conjoncture?

if. Celui tout naturel de s'emparer de Berlin pour forcer le roi de Prusse à se détacher de la coalition. Il chargea donc les corps d'Oudinot et de Bertrand de se porter contre le prince royal de Suède, qui, pour couvrir la capitale de la Prusse, avait pris position entre Spandau et Charlottenbourg. Complétement heureux d'abord, mais malheureux ensuile par la jonction de Bernadotte avec le général Bulow, les Français furent battus à GrosBeeren, et rejetés jusque sur les bords de l'Elbe.

« ZurückWeiter »