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hauteurs de Presnitz, lorsqu'il se sentit frappé à la tête d'un éclat de bois qu'un boulet avait fait sauter d'un bâtiment. Il tomba roide, mais se relevant aussitôt, il dit froidement, en considérant la forme du bois : Tout serait fini s'il avait touché le ventre. D. Que fit l'empereur dès qu'il eut franchi l'Elbe ? R. Il culbuta l'arrière-garde russe en avant de Bischoffverda, et sit remettre 1oo,ooo fr. aux habitans de cette ville, pour faire rebâtir leurs maisons que l'ennemi avait incendiées. D. Ne se préparait-il pas un grand engagement ? R. Oui; mais peu jaloux d'en courir les chances avant d'avoir réuni toutes les sorces qui lui arrivaient de l'intérieur de l'empire , Napoléon chargea le duc de Vicence de se rendre au quartier-général des alliés pour proposer un armistice. D. Quel succès eut cette démarche ? R. Aucun, et les hostilités continuèrent. Ney repoussa, le 19, deux corps alliés qui étaient venu l'attaquer dans Kœnigswartha ; et le lendemain toutes nos colonnes se portant en avant, coururent attaquer l'ennemi dans les formidables positions qu'il s'était faites sur

les hauteurs de Bautzen : ce n'était que retranchemens, que redoutes, que palissades, qne batteries. Les simples villages ressemblaient à des places fortes ; et pour comble de difficultés, l'ensemble des ouvrages était défendu par 16o,ooo hommes d'élite.

D. Que résulta-t-il de cet engagement?

R. Le passage de la Sprée et l'occupation de positions importantes. Mais cette journée ne fut que le prélude de celle qui, le lendemain, prit rang parmi nos plus belles. Comme Napoléon n'attaquait que la gauche des alliés, Alexandre crut que les Français n'en voulaient 'qu'à cette aile, et se hâta de dégarnir son centre et sa droite pour renforcer sa gauche. Mais cette faute lui devint funeste. Napoléon faisant eharger aussitôt les deux corps dégarnis, les mit en un instant dans la plus horrible confusion.

D. Que faisait l'aile gauche ? : R. Elle continuait de résister, lorsque la faisant charger sur trois points différens par les maréchaux Marmont, Oudinot et Macdonald, Napoléon la força de fuir comme la droite et le centre. 5o,ooo morts dont 18,ooo ennemis furent comptés sur le champ de bataille. Ce ne fut pourtant pas ce qu'annonça

le roi de Prusse à son peuple ; « Toutes nos attaques ont eu le plus heureux succès ; ce· pendant nous nous sommes retirés prudemment devant l'ennemi pour nous rapprocher de nos ressources et de nos renforts. » D. Où l'ennemi parvint-il à se rallier ? R. Derrière Reichenbach. Comme ce ralliement était protégé par des batteries formidables, il fallut pour l'inquiéter déployer un grand appareil de forces. Nous le fîmes avec un grand succès; mais au moment où, suivi de quatre généraux, Napoléon tournait un coude formé par le chemin de Maskerdorsf, un boulet passa près de lui, tua roide Bruyère et Kirchener, rasa Mortier et blessa mortellement Duroc. D. Duroc vécut-il encore long-temps ! R. Environ 15 heures. « Duroc, lui dit l'empereur, il est une autre vie, c'est que vous irez m'attendre et que nous nous reverrons. » Livré à la plus vive douleur, Napoléon rentra dans sa tente et resta jusqu'au lendemain sans recevoir personne. D. Que faisait l'armée ? R. Elle présentait et soutenait avec gloire quantité de combats, lorsqu'elle apprit que les alliés s'étaient enfin déterminés à accepter

une suspension d'armes. C'était le 4 juin. Bientôt l'ouverture, dans les murs de Prague, d'un congrès ayant la paix pour but, attira tous les yeux de l'Europe attentive. D. Les vœux des souverains étaient-ils réellement pour la paix ? R. Oui, mais tous voulaient en dicter les conditions. Le roi de Prusse donna cependant à penser le contraire ; car je vois dans sa proclamation du 5 juin, qu'il « n'avait accepté l'armistice que pour donner à la force natiomale de son peuple le temps de se développer entièrement. » Etrange contradiction ! Ce prince, qui négocie la paix, dit hautement que sa demande est un piége ! D. Que produisit le congrès ? R. On attendait une paix consolante, et l'on n'obtint qu'une effroyable guerre. Jetant le masque, à son tour, l'Autriche nous quitta pour se joindre à nos ennemis; mais par une grandeur d'âme au-dessus de toute admiration, le roi de Danemarck ne vit dans notre infortune qu'un nouveau motif de s'attachero plus étroitement à nous. -

D. A quelle époque reprit-on le cours des hostilités ?

B. Le 14 août. Aux termes des traités on

·ne devait le faire que le 17; mais moins de loyauté et plus de succès semblait être la devise des généraux ennemis. Attaqués perfidement, les corps que nous avions sur la Katzbach cédèrent, avec la ville de Breslau, leurs plus belles positions. D. Que fit Napoléon ? R. Il se porta sur la Bohême dont il força tous les défilés. D. Que se passait-il au camp ennemi ? R. Deux généraux venaient d'y arriver : Moreau et Jomini. Le premier avait quitté les champs américains pour aller présider les conseils d'Alexandre ; le second avait déserté ses drapeaux pour courir vendre à l'ennemi les plans de son bienfaiteur. D. Quel était le projet des alliés ? R. De s'emparer de Dresde pour en faire la base de leurs opérations; mais Napoléon devinant leurs desseins, quitta rapidement la Bohême et vint s'établir dans Dresde. Jusqu'alors le seul 14° corps français avait occupé cette ville que menaçaient plus de 1 5o,ooo ennemis. D. Pourquoi les alliés ne l'attaquèrent-ils point avant l'arrivée de l'empereur ?

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