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Lait prendre le lendemain, parut et s'avança prêt à livrer bataille. D. Que fit l'empereur? JR. Doué d'un génie admirablement flexi^ ble, il conçut de nouveaux plans à l'instant même, disposa ses masses en bataillons carrés; et quoique totalement dépourvu de cavalerie, marcha sans balancer aux 218,000 ennemi» qui menaçaient de l'anéantir. C'était le ictmai. D. Comment s'appela cette bataille? R. Lutzen, du nom d'une petite ville qui se trouvait au fort du carnage, et qui aujourd'hui porte encore la trace des nombreux boulets dont elle fut criblée. D. Quel en fut le résultat? R. La fuite de l'ennemi et la mort de 3o,009 des siens, parmi lesquels se trouvait le prince Léonard de Hesse-Hombourg.

D. Ne perdîmes-nous aucun personnage" important?

R. Dès le premier instant de la bataille un boulet de canon tua le maréchal Bessières. J'ai vu la place où ce héros tomba; elle est marquée par une pierre de 18 pouces de hauteur que des paysans ont plantée sur le bout d'un sillon.

D. Quel point du champ de bataille fut particulièrement disputé ?

R. Le village de Kaïa, que l'empereur avait confié au bouillant courage du maréchal Ney. Jamais on n'a vu d'acharnement semblable à celui que les deux partis y montrèrent. Quoique percé de plusieurs coups, le général Girard déclara « Vouloir rester à la tête de sa division, puisque le moment était arrivé tout Français qui avait du cœur devait vaincre ou périr; » sanglant, tout brûlé de poudre, et pourtant s'obstinant à combattre, Ney.....

C'était ainsi, Biron, que tu devais mourir ; .

Un trépas si fameux, une chute si belle,
Rendaient de ta vertu la mémoire immortelle. »

D. L'empereur ne courut-il personnellement aucun danger ?

R. Indépendamment d'un cheval qui périt entre ses jambes, et d'un combat nocturne où il manqua d'être pris, on le vit souvent en des positions si périlleuses, que ses plus intrépides grenadiers n'y pouvaient rester sans pâlir. D. Qu'admire-t-on le plus dans la victoire de Lutzen ?

R. L'extrême inégalité des deux partis; car

indépendamment du très-grand avantage que donnent une immense cavalerie sur un adversaire qui en est dépourvu, un plan longtemps médité sur une improvisation rapide, des troupes aguerries sur des conscrits qui savent à peine observer un alignement, les alliés avaient encore celui d'être une fois plus nombreux. Je ne saurais donc partager l'avis de» ceux qui prétendent que le génie de l'empereur Napoléon n'était plus celui du général Bonaparte.

D. Sur quel point les alliés dirigèrent-ils leur déroute?

R. Sur les hauteurs de Bautzen. Comme nous n'avions pas de cavalerie nous ne pûmes marcher assez rapidement pour y arriver avec eux; et ils profitèrent de la barrière que l'Elbe formait entre eux et nous pour se créer, par d'immenses ouvrages, un nouveau champ de bataille.

D. Que faisait l'armée française?

B. Etant par suite des succès de Lutzen en possession de la capitale de la Saxe, elle combattait avec la plus vive ardeur pour jeter des ponts sur l'Elbe. Placé sur les remparts de Dresde , Napoléon chargeait le général Drouot de se porter avec 100 pièces de canon sur les hauteurs de Presnitz , lorsqu'il se sentit frappé à la tête d'un éclat de bois qu'un boulet avait fait sauter d'un bâtiment. Il tomba roide, mais se relevant aussitôt, il dit froidement, en considérant la forme du bois : Tout serait fini s'il avait touché le ventre.

D. Que fit l'empereur dès qu'il eut franchi l'Elbe?

R. Il culbuta l'arrière-garde russe en avant de Bisclioffverda, et fit remettre 100,000 fr. aux habitans de cette ville, pour faire rebâtir leurs maisons que l'ennemi avait incendiées.

D. Ne se préparait-il pas un grand engagement?

R. Oui; mais peu jaloux d'en couçir les chances avant d'avoir réuni toutes les forces qui lui arrivaient de l'intérieur de l'empire , Napoléon chargea le duc de Vicence de se rendre au quartier-général des alliés pour proposer un armistice.

D. Quel succès eut cette démarche?

R. Aucun, et les hostilités continuèrent. Ncy repoussa, le 19, deux corps alliés qui étaient venu l'attaquer dans Kœnigswartha; et le lendemain toutes nos colonnes se portant avant, coururent attaquer l'ennemi dans lee formidables positions qu'il s'était faites sur les hauteurs de Bautzen : ce n'était que rétranchemens, que redoutes, que palissades , qne batteries. Les simples villages ressemblaient à des places fortes ; et pour comble de difficultés, l'ensemble des ouvrages était défendu par 1 6o,000 hommes d'élite.

D. Que résulta-t-il de cet engagement? jR. Le passage de la Sprée et l'occupation de positions importantes. Mais cette journée ne fut que le prélude de celle qui, le lendemain, prit rang parmi nos plus belles. Gommé Napoléon n'attaquait que la gauche des alliés, Alexandre crut que les Français n'en voulaient qu'à cette aile, et se hâta de dégarnir son centre et sa droite pour renforcer sa gauche. Mais cette faute lui devint funeste. Napoléon faisant charger aussitôt les deux corps dégarnis, leg mit en un instant dans la plus horrible confusion.

D. Que faisait l'aile gauche? • R. Elle continuait de résister, lorsque la faisant charger sur trois points difTérens par les maréchaux Marmont, Oudinot et Macdonald, Napoléon la força de fuir comme la droite et le centre. 3o,o00 morts dont 18,000 ennemis furent comptés sur le champ de bataille. Ce ne fut pourtant pas ce qu'annonça

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