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tlat qui le secourait; la seule grâce que je te demande, c'est d'empêcher les ennemis de profaner les marques honorables que j'acquis en combattant contre eux. Porte à mon capitaine cette décoration que je reçus à Austerlitz, et ce sabre dont je me servais à Friedland. »

D. Notre infortune n'ébranla-t-elle pas la Constance de nos alliés?

B. Non , si l'on considère que la Prusse s'attacha constamment au char du parti le plu» heureux : comme la Fortune passait avec nos ennemis, la Prusse crut sa gloire intéressée à suivre la Fortune. Quoi qu'il en soit, l'armée bravant encore la défection du général d'York , repassa le Niémen pour aller chercher, dans les différentes places de l'Allemagne, un repos qu'elle n'avait pu trouver dans le duché de Varsovie.

D. Comment regardez-vous la guerre que vous venez de décrire?

R. Comme la plus funeste puisqu'elle fut la source de nos maux; mais comme la plus glorieuse, puisqu'il fallut pour nous vaincr* l'intervention de tous les élémens.

· CAMPAGNE DE 18,5.

D. QUE faisait l'empereur ? R. Il s'occupait, à Paris, de la formation d'une nouvelle armée. · D. Dans quelles dispositions était la France | relativement à ses vues ? R. Dans les plus belles que puisse désirer un prince malheureux. Placée sur les bords de l'abîme, la France voulait ou vaincre ou · tomber. D. Que faisait-elle pour vaincre? ' , R. Tout. Napoléon parlait, et à sa voix les ' hommes et les trésors lui étaient portés en ' tribut. Un signe de sa part était le coup de ' pied de Pompée : il sortait des légions de la ' terre. · D. Que distingua-t-on parmi les levées * qu'il ordonna ? R. Celle de 1 o,ooo jeunes gens fils des premières familles. Tous quittaient une fortune ou un état, perdaient de belles espé* rances ou le fruit de grands sacrifices ; mais le titre de Gardes d'honneur qui leur était donné, et la promesse qu'on leur faisait de l'épaulette au bout de la campagne, leur fit

regarder comme un sentier de fleurs, l'âpre et périlleux chemin de la gloire.

D. Napoléon n'avait-il pour combattre que de jeunes légions?

R. D'autres, rappelées des bords de l'Océan , du Tibre et du Tage, se portèrent également sur le Rhin; une nombreuse cavalerie, une artillerie formidable, parurent comme par enchantement pour remplacer les escadrons et le matériel abandonnés dans les glaces du nord : c'était en un mot Fenthousiasme de 9a renaissant en 18 1 3, sous des traits immortels.

D. Quels étaient nos alliés?

R. Ceux de la guerre de Russie, à l'exception du roi de Prusse que j'ai dit s'être mis contre nous.

D. Ne se rappelait-il ni de la journée de Jéna, ni toutes les autres ou Napoléon lui permit de régner encore?

R. Il est des princes pour qui l'expérience est sans fruit. Cependant comme il était impossible de tout oublier, le roi de Prusse jela, pour éviter un dixième naufrage, l'ancre de miséricorde : ses peuples devaient, en cas d'invasion, tout incendier comme en Russie.

D. Quelle levée faisait-il?

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Z?. Celle de toute la population : les femmes, les vieillards, les enfans, étaient pour propager l'incendie; les médecins , les chirurgiens, les apothicaires, les maîtres de poste pour donner l'exemple du dévouement.

D. Quels étaient les griefs de la Prusse contre la France?

J?. Le roi Frédéric les fit connaître dans un manifeste publié dans le Moniteur du 25 mai :« Depuis long-temps, dit-il, la France avait viojé dans tous les points , les traités qui l'unissaient à la Prusse. Elle l'avait, par là même, libérée de ses engagemens. Non contente de lui avoir dicté, à Tilsitt, une paix aussi dure qu'humiliante, elle ne lui a pas même permis de jouir des faibles avantages que ce traité semblait lui promettre. » D. Quelle suite eut ce manifeste? R. Une note, oii, établissant les éternelles fluctuations de la Prusse, le duc de Bassano répondit, au nom de l'empereur, que «S. M. préférait un ennemi déclaré à un ami toujours prêt à l'abandonner. »

D. Où était, au commencement d'avril, la nouvelle armée de l'empereur? R. Sur l'Elbe pi sur l'Oder. ^ J). Quelle était sa force?

R. 150,000 hommes. De plus grandes le- \ vécs étaient ordonnées, niais il fallait les ras- 1 sembler, les armer, les équiper et les in&- * ti'uire. Napoléon ne put donc présenter à l'ennemi que des masses égales; mais quel prodige n'étail-ce pas que cette égalité même, si l'on considère que, trois mois avant, nous n'avions plus d'armée!

D. Où recommencèrent les hostilités?

Jt. A Weissenfels, sur la Saale ,le 27 avril. Ney battit complétement plusieurs divisions qui s'avançaient vers lui, et soudain écrivit à l'empereur : « Votre Majesté ne doit avoir aucune inquiétude sur les nouvelles levées; ces jeunes gens se sont battus avec une intrépidité qui permet de tout attendre d'eux. »

D. Où était l'empereur?

R. Dans la plaine de Naumbourg avec 66,000 hommes. Il y attendait le vice-roi d'Italie, qu'un combat inégal contre le général Witigenstein, obligeait à se reployer siir le gros de l'armée.

D. Quel était son plan?

Ji. De s'emparer des ponts de Leipsick pour couper la retraite à l'ennemi. Mais celui-ci «qui s'en méfiait, prit l'offensive que l'on comp

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