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quittcnt leurs commandemcns respectifs et descendent volontairement aux fonctions de simples soldats. Organisés en 4 compagnie.*, ces héros forment un corps de 600 hommes au milieu duquel Napoléon marche avec confiance. Il prit le titre d'Escadron sacre. Les généraux y étaieut capitaines , et les colonels sons-ofllciers.

D. De quel œil Napoléon voyait-il son désastre?

Ji. En homme qui veut montrer au monde comment un souverain doit supporter le malheur.

D. Quel esprit animait l'armée en approchant de la Bérésina?

R. Celui de couronner par un heau trépas ses travaux immortels.

D. Quels moyens prenait- on pour la mettre en état de combattre?

B. A mesure que les débris arrivaient près de la rivière, des officiers généraux réorganisaient les corps et leur donnaient cette consistance dont dépendait la sûreté commune. Au bout de quelques heures, 8o,000 hommes en bataille présentèrent leur front à l'ennemi.

D. Où était l'empereur?

R. Sur une hauteur où Charles XH s'était reposé, le 25 juin 1708, pour courir à la même infortune.

D. Qu'ordonna-t-il?

R. Ayant reconnu les positions que l'eDnemi occupait sur l'autre rive et fait jeter des ponts près des villages de Borisow et de Weselovo , il chargea le maréchal Victor de quitter la rive gauche où il combattait, pour se porter sur les hauteurs de ce dernier endroit afin de protéger la retraite des différentes dissions.

D. Quelle opération suivit ces préparatifs?

R. Le passage de tous les corps. Comme l'armée de Moldavie ne pouvait manquer de déboucher par Brilowa , Napoléon chargea les ducs de Reggio, de Bellune et sa garde, de se porter sur ce point pour s'opposer à son mouvement. Elle parut en effet, mais nos charges multipliées détruisirent l'espoir que fondait Kutusow sur les difficultés de franchir la Bérésina.

D. Ce terrible passage ne nous obligea-t-il point à de douloureux sacrifices?

ii. Attaqué sur la rive gauche par toutes les forces réunies du général W'ittgenstein, le maréchal Victor dut abandonner, à la discrétion deJ'enneaii, mje foule ianombrahl» <le femmes, d'enfans et de soldats, que le» calamités avaient détachées des difl'érens corps. Maisquelles que soient les pertes que nous ayons essuyées, abstraction faite des isolés dont je parle, l'ennemi battu partout dût en déplorer de plus grandes. i5,o00 des siens furent pouf lui vainement immolés sur un terrain qu'il re« gardait d'avance comme notre tombeau.

D. N'avons-nous pas, dans la nuit qui suivit ce passage , perdu le général Partouneaux et 6000 hommes, par une méprise qui leur fit prendre les feux de l'ennemi pour ceux du camp français?

B. C'est une erreur de bulletin que M. le colonel Touquet (1) a rectifiée en 1816, dans le Moniteur du 1 2 avril :« Cerné par les trois armées russes qui devaient arrêter l'armée française à Borisow, le général Partouneaux fut, après un combat nocturne très-meurtrier, fait prisonnier avec sa division avant d'arriver à la Bérésina. »

D. Délivrée de la Bérésina, quelle direction prit l'armée?

R, Celle de Wilna. C'est dans ce trajet que

(1) C'est le même dont le patriotisme a publié tout récemment i,5oo,ooo exemplaires de la Charte à 5 centimes. Napoléon résolut de partir subitement pour Paris.

D. Quelle raison l'y engageait? R. Un complot qui mettait son trône en péril.

D. De quel œil l'armée vit-elle son départ?

R. Avec un mécontentement qu'elle ne se donna pas la peine de dissimuler.

D. Qui remplaça l'empereur?

R. Le roi de Naples. C'était à Smorghoni: alors tous les maux planaient à la fois sur h camp.

D. Quelles ressources l'armée trouva-t-elle dans Wilna?

R. Toutes celles qu'ellle pouvait désirer; mais alors tous les soldats étaient tellement affaiblis qu'ils ne purent aucunement sentir le bienfait de ces ressources. Dégradés par la faim, leurs estomacs ne trouvèrent qu'un poison dans ces mêmes alimens qui devaient les rendre à la vie; et succédant tout-à-coup au froid insupportable enduré jusqu'alors, la chaleur des foyers frappa leurs membres engourdis d'une corruption rapide.

D. Comment se conduisit, envers les soldats mourans, le peuple de Wilna?

ït. Avec tout ce que I'âmé d'un inquisiteur pourrait imaginer de plus lâche et de plus atroce.

D. Combien de temps l'armée séjourfla%-elle dans Wilna?

R. Quarante-huit heures. Elle en partit le 1 o décembre , se dirigeant sur Kowno. Arrivée au pied de la montagne de Waka , elle reconnut que l'instant était arrivé de tout sacrifier à la conservation de l'artillerie; et, par un effort qu'elle seule était capable de faire sans abaissement, elle abandonna , indépendamment de ses trésors et des équipages de l'empereur, cette fameuse croix de Saint-Ivan, qui, après s'être élevée parmi les édifices du Kremlin, devait, en s'élevant encore sur les superbes tours de Paris, attester au monde entier les travaux, les périls et la gloire des Français. D. L'armée séjourna-t-elle à Kowno? R. Comme l'ennemi s'attachait à ses pas, elle connut qu'elle n'aurait de repos qu'audelà du Niémen, et repartit dès le lendemain matin. Une scène touchante attachait tous les braves sur le pont de Kowno. Là, un grenadier de la vieille garde attendait d'un œil tranquille la mort qu'il avait affrontée cent fois. « Tes soins me sont inutiles, disait-il à un sol

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