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(hit cire notre seul guide dans cette guerre sacrv-c.

D. Que resta-t-il de Moscou?

Ii. Environ 1200 maisons, de 1o,000 que l'on comptait avant l'incendie.

D. Que fit Napoléon lorsqu'il se vit maître de la capitale des czars?

R. Il chargea le général Lauriston d'aller renouveler, à l'empereur Alexandre, les propositions de paix; mais Kutusow, qui avait un intérêt particulier à ce que son maître ne fût jamais désabusé sur la journée de Borodino, retint à son camp l'envoyé de Napoléon, sans jamais consentir à lui donner les passeports dont il avait besoin pour arriver jusqu'à la personne du czar.

D. Quel fut l'effet du retard occasionné par cette violation? ,

R. Pe réduire l'armée française aux horreurs de la plus cruelle nécessité. Néanmoins, comme les hostilités étaient suspendues, nous espérions toujours voir se conclure incessamment la paix, lorsqu'une dépêche vint apprendre à l'empereur, que Kutusow avait perfidement rompu l'armistice en attaquant toutà-ccup dans Tarontina les avant-postes du roi de Napks.

D. A cette nouvelle, que fit l'empereur?

R. Il rassembla l'armée, donna Tordre du départ, fit sauter le Kremlin, et courut à l'ennemi. Jamais on n'a vu de spectacle plus imposant que celui de l'armée française sortant, après 35 jours d'occupation, des ruines fumantes de la superbe Moscou.

D. Quels mouvemens opérait l'armée russe?

R. Tandis qu'elle se disposait à harceler lamarche des Français, un de ses corps les plus considérables, celui du général Doktorow, se dirigeait sur Malo-Jaroslavetz. Aussitôt Napoléon chargea le vice-roi d'Italie de s'y porter rapidement avec trois divisions. Croyant sans doute que Napoléon s'y rendait lui-même, Kutusow envoya, pour protéger son lieutenant, la plus forte partie de l'armée russe. ; P. Quelle était la force de l'ennemi?

R. 10o,000 contre 16,00o, ou si l'on veut plus de six contre un.

D. Comment le vice-roi s'en tira-t-il?

R. Avec tant de courage, de prudence et d'habileté, qu'à la fin du jour 10,000hommes et trois généraux manquaient dans les rangs de l'ennemi. L'empereur en fut si satisfait, qu'il dit soleajoellement au prince : Eugène, l'lionneur de cette belle journée vous appartient tout entier.

D. Dans le compte qu'il rendit de cette bataille, Kutusow se permit-il encore de mentir?

R. Moins impertinemment que le 7 septembre : il avoua que ses tirailleurs avaient été battus.

D. Que fit l'armée française après cette victoire?

R. Elle se rassembla sur la route de Mojaïskà Smolensk, et, toujours harcelée, reprit le chemin de la France.

Z>. N'essuya-t-elle dans les premiers jours aucun engagement sérieux?

R. Yiasma, que les Russes se ménageaient comme un champ de victoire, ne fut pour eux que le théâtre d'une nouvelle défaite. Ils espéraient nous y couper les 1", 4e et 5e corps; lorsque le maréchal Ney les fit repentir de leur présomption.

D. On a long-temps parlé des calamités que nos légions éprouvèrent dans leur retraite.

R. L'histoire n'en a jamais décrit de semblables. Un froid, supérieur même à tout ce qu'avaient vu jusqu'alors les hommes les plus vieux de la Russie, s'empara tout-a-coup de l'armée française et la réduisit au plus effroyable état. Les hommes périssaient et surtout les chevaux : 5o,ooo de ces derniers furent abandonnés en 4 jours. Les chemins n'étaient couverts que de cadavres, et l'armée semblait marcher sur elle-même. D. Comment les Russes supportaient-ils l'intempérie ? f R. Beaucoup mieux que nos soldats parce qu'elle leur était plus familière. Ils avaient surtout l'extrême avantage de se renforcer à mesure que nous périssions. Une armée, que le czar avait jusqu'alors tenue en Moldavie, venait de se réunir à la réserve de Kutusow, et cherchait à nous gagner de vitesse pour nous couper la retraite sur la Bérésina, en se joignant au corps de Wittgenstein. D. Quel parti prit Napoléon dans cette conjoncture ? R. Il sentit la nécessité de précipiter sa marche, et redoubla d'ardeur. Kutusow, qui longeait notre flanc gauche, voulut soustraire à l'armée de Moldavie la gloire de nous arrêter, et nous accabla, près de Krasnoë, du choc de ses différens corps. Ce fut vainement ; ses corps furent ensoncés partout, et nous continuâmes notre retraite. D. Aucun de nos guerriers ne mérita-t-il,

- dans ces engagemens, de distinction particulière?

R. Comme la i4' division profitait des ténèbres pour rejoindre le 4* corps dont elle était séparée, elle se trouva tout-à-coup arrêtée par un qui vive en langue russe. Tout périssait sans la présence d'esprit du colonel Kiski. S'élançant aussitôt sur le factionnaire: Malheureux, lui dit-il, ne vois-tu pas que nous sortons du camp de Kutusoiv, et que nous marchons en expédition secrète: la division passa.

D. Kutusow s'en tint-il à cette première tentative?

R. Voyant qu'il ne pouvait rien sur le gros de l'armée , il s'essaya contre l'arrière-garde. Réduite à 6000 hommes, mais commandée par le maréchal Ney, celle-ci passa sur le vent rc a ux 4 2,000 Russes qu'on envoyait contre elle.

D- Est-ce là tout ce qui arriva d'intéressant jusqu'à la Bérésina?

R. Je ne dois pas oublier le plus beau trait de dévouement qui soit dans les fastes des nations. Les débris de la garde étaient réduits à protéger les débris des corps, et il ne restait plus d'escorte à l'empereur. A l'instant tous ceux des olliciers qui ont eflçore des chevaux

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