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de se faire contre les Turcs une réputation colossale. Ce dernier était tellement sûr de ses préparatifs, qu'il écrivit à l'empereur Alexandre : « La position que j'ai prise est la plus favorable que puisse offrir un pays do plaine, et si je forme un vœu c'est que les Français viennent m'y attaquer. »

B. Quelle était la force de l'armée russe? R. i3o,000 hommes, protégés par un ex* Cellent terrain et des ouvrages de toute espèce. D. Que fit Napoléon? R. Il disposa ses bataillons pour l'attaque; recommanda a chacun « de se conduire comma à Austerlitz, à Friedland , à Witepsk, à Smolensk; » donna l'ordre et le signal du combat. Un soleil radieux perçant en ce moment le» nuages qui obscurcissaient l'atmosphère, l'empereur s'écria : C'est le soleil d'Auslerlitz l

D. Cette journée fut-elle pour nous également heureuse?

R. Si la mort moissonna quantité de nos braves, elle fit dans les rangs ennemis de* v ravages plus cruels encore : 3o,00o morts, 5g00 prisonniers, 3o généraux tués, blessés, ou pris , ne sont qu'une partie des pertes ma* térielles dont les Russes font au j ourd'hui l'aveu. C'était le 7 septembre. Pour donner une idée du carnage qui s'y fit, il suffira de rapporter un fait. Le colonel du Gi* régiment de ligne se trouvait en bataille devant une redoute qu'il avait long-temps défendue : Quavez-vous fait d'un de vos bataillons ? lui dit l'empereur. Sire, il est dans la redoute. Il y était en effet, niais gissarît sur la poussière.

D. Lequel de nos généraux mérita le plus d'admiration?

. R. Une pareille question n'est pas facile i résoudre. Celui qui sut le mieux fixer les regards de l'armée est le prince Eugène Beauharnais. «Conserves, criait-il à ses soldats, conservez cette bravoure qui vous a valu le titre d'invincibles, et souvenez-vous que j'étais à votre tête lorsqu'à IVagram nous enlevâmes le centre de l'ennemi. »

D. De quelle manière reçut-on à SaintPétersbourg la nouvelle du désastre de Borodino?

R. Avec de grandes démonstrations de joie. Voulant sauver sa réputation militaire du coup mortel qui venait de lui être porté, Kutusow iwait écrit au czar , son maître, qu'il avait mis l'armée française en déroute, détruit la garde impériale, pris i 00 pièces de canon, et fait i(S,o00 prisonniers, parmi lesquels se trou-valent le vice-roi d'Italie, le duc d'Elchingen et le prince d'Eckmùhl.

Z>. Ne craignait-il donc pas d'être démenti?

B. Il le craignait si peu qu'il fit le même rapport au général Wittgenstein et au gouverneur de Moscow. C'est à cette triple pasquinade qu'il doit cette réflexion d'un officier combattant sous lui :« Que le général Kutusow ait eu l'impudence de mentir à son souverain pour arracher le bâton de maréchal et des pensions, il n'y a là que de l'effronterie; mais qu'il ait menti en écrivant à deux généraux en chef, qu'il lui était si important d'éclairer pour guider ses opérations futures, cette bêtise marque la place qu'il doit occuper parmi les généraux. »

D. Battu à Borodino, que devint l'armée russe?'

iJ. Elle se reploya tout entière sous les murs de Moscou; et là; Kutuzow assembla sen conseil pour délibérer sur cette question: * Livrera-l-on une seconde bataille, ou se bornera-t-on à incendier la capitale des czars?» Mais depuis long-terops la chose était secrètement arrêtée, et le conseil n'était convoqué que pour la forme.

D. Que faisait l'armée française ? R. Elle quittait son dernier champ de vic1oire pour s'attacher aux pas de l'ennemi. Kutusow ayant traversé Moscou dans la journée du 14, n'y avait plus que son arrièregarde ; et celle-ci se trouvait prise en queue et en flanc par le roi Murat et le prince Eugène, lorsque le général qui la commandait demanda pour s'échapper une suspension d'armes, menaçant, en cas de refus, de couvrir sa retraite par l'incendie de Moscou. D. Que répondit Napoléon ? R. Espérant sauver Moscou, il souscrivit à tout ce qu'on lui demandait; mais, pendant qu'on était en pourparlers, le gouverneur Rasiopchin rassemblait tous les malfaiteurs, met1ait entre leurs mains des torches enflammées, et les chargeait d'expier leurs forfaits par la destruction de leur patrie. D. Moscou fut-il défendu ? R. Oui et non. Non, si l'on considère que le roi Murat pénétra jusqu'au Kremlin sans rencontrer d'obstacles; oui, si l'on regarde comme défense, les efforts d'une multitude d'habitans que le gouverneur avait chargé de tenir l'armée française sous le feu dévorant de la ville embrasée. Cette multitude fut impuissante contre l'ardeur de nos braves; et, dès le 15 au matin, Moscou fut occupé par l'empereur en personne.

D. Que produisit l'arrivée de Napoléon?

R. Un océan de flammes. Son entrée fut pour les agens de Rastopchin le signal de l'incendie. On essaya vainement d'arrêter les progrès du feu. Comme l'ennemi avait emmené toutes les pompes, il s'étendit avec une telle rapidité que l'empereur fut obligé de quitter le palais qu'il occupait au Kremlin pour se porter à celui de Pétrowski, situé à 2 lieues des remparts. Que l'on juge de l'horreur du tableau par ces paroles d'un officier français: Dans la nuit du 16 au î y, j'étais à 3 lieues de Moscou, écrivant mon rapport à la lueur de l'incendie.

D. Pendant ce temps que faisait l'armée russe?

R. Elle tournait autour des remparts pour se porter sur la route de Kalouga. L'angle aigu qu'elle décrivait l'exposait, il est vrai, à tous les revers que peut enfanter une marche de flanc ; mais d'un autre côté les soldats qu'on avait trompés, s'excitaient à l'indignation contre nous par l'épouvantable aspect de leur capitale en feu. La vengeance, disaient-ils,

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