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/?. Toujours à Wilna. Il en partit, le 10 juillet, pour Gloubokoe. Là, il trouva répandue une lettre par laquelle les Russes excitaient les Français à la désertion. « Retournez chez vous, disaient-ils; ou si vous voulez en attendant un asile en Russie , vous y oublierez les mots de conscription, de ban, d'arrièreban , et toute cette tyrannie militaire qui ne vous laisse pas un instant sortir de dessous le joug. »

D. Que faisait l'armée?

Jî. Son avant-garde, que le roi Murat commandait en personne, culbutait dans les champs d'Ostrowno, le corps ennemi du général Ostermann. Incertaine du nombre d'hommes qui se trouvait devant elle , cette avantgarde attendait des ordres ultérieurs, lorsque Napoléon leva tous les doutes en ordonnant d'avancer. Il avait deviné que la résistance d'Ostermanri n'avait pour principal objet que de couvrir la retraite générale des Russes.

D. Quel fut le résultat de son ordre?

R. Un succès complet sur tous les peints. Ce fut dans la nuit qui suivit cet engagement que nous perdîmes, par une méprise de factionnaire, l'intrépide général Roussel, occupé de visiter les avant-postes,

f). Qu'aurait-il vu le lendemain si la mort n'avait terminé sa vie ?

R. L'armée russe en pleine déroute, et particulièrement l'arrière-garde. Forcé dans toutes ses positions, le comte Pahlen, qui venait de succéder au général d'Hermann, fuyait écrasé par la cavalerie du roi de Naples.

D. Ce combat n'offrit-il rien de remarquable ?

R. 2oo voltigeurs du 9° régiment d'infanterie légère soutinrent, sans se désunir, le choc réitéré des cosaques de la garde impériale russe. Ils combattaient sous les yeux même de l'empereur et de l'armée. Allez leur dire qu'ils sont de braves gens, dit Napoléon à un officier qui se trouvait près de lui. Parmi eux se trouvait le vaillant capitaine Guyard, dont j'ai parlé au siége de Gaëte : ses compagnons étaient presque tous enfans de Paris.

D. Quel fut pour nous le résultat du dernier engagement ? · R. L'occupation de Witepsk après un violent combat.

- D. Que devenaient Bagration et Barclay de Tolly ?

R. Le premier mandait au second que, trop vivement pressé par le maréchalDavoust, il ne pourrait se rejoindre au gros de l'armée que dans les murs de Smolensk; et tropaccaklé lui-même pour pouvoir résister, le second se rendait dans ces murs avec la dernière précipitation.

D. Nous avons laissé sur la route de SaintPétersbourg, Oudinot et Wittgenstein. Que se passait-il entre eux?

R. Une série de combats qui coûtèrent plus de 20,000 hommes à l'ennemi ; mais dans laquelle le général russe parvint toujours à conserver ses communications.

D. Que fit Napoléon en arrivant sous les murs de Smolensk?

R. Présumant que cette ville lui serait vivement disputée, il fit reposer l'armée et se mil à reconnaître les différentes positions de l'ennemi.

D. Qu'apprit il?

fir Que 5o,000 Russes étaient renfermés dans les remparts, tandis que le reste de l'armée campait dans de nombreux ouvrages élevés sur la rive droite du Borysthène.

Z). Après cette reconnaissance quelles dispositions fit l'empereur?

R. Vovant que l'ennemi ne s'était mis en défense que sur la rive droite, il fit passer l'armée sur la rive gauche, et chargea lo prince Poniatowski de détruire les ponts , pour interdire au gro* des Russes tout mouvement offensif, et n'avoir afl'aire qu'aux 5o,ooo hommes de la garnison. D. Quel succès eut cette manœuvre? H. Le plus victorieux. Forcés dans toutes leurs positions extérieures, les Busses, dont nous avions fait un effroyable carnage, furent, dans l'après-midi, rejetés pêle-mêle jusque dans la ville. Dès qu'il fut nuit, on vit s'élever dans les airs des tourbillons de flamme et de fumée. C'en fut assez pour décéler la politique incendiaire des Russes. Vers deux heures du matin, nos bataillons se disposèrent à brusquer l'assaut; mais, par une entière évacuation, l'ennemi avait rendu cet effort inutile. Alors nous entrâmes dans Smolensk. Celui qui se figurerait toute une ville écroulée par le feu sur des monceaux de cadavres palpitons, n'aurait encore qu'une faille idée de l'effroyable tableau qui dans ce moment s'offrait à tous les yeux.

.0. Que se passait-il sur la Dwina? R. Renforcé de 12 bataillons de la division de Dunabourg , Wittgenstein avait repris l'offensive; mais le sort des combats ne l'accaLlait pas moins de ses rigueurs. Il avait déjà perdu 12,000 hommes et 200 pièces de canon, lorsqu'une blessure grave obligea de remplacer le maréchal Oudinot par le général GouvionSaint-Cyr. Quoique ce dernier eut à lutter dans la proportion d'un contre trois, il défit l'ennemi en avant de Polotsk, et obtint par ses habiles dispositions le bâton de maréchal.

D. Revenons à la grande armée.

R. Maîtresse de Smolensk, elle s'attachait aux pas des Russes, lorsque le général Barclay de Tolly forma le projet de nous disputer le plateau de Valontina, qu'une vieille tradition avait décoré du titre pompeux de Champ sacré. H y fut écrasé comme partout. Napoléon parut vers trois heures du matin sur le champ de bataille. Son intention, bien prononcée , était de clore la campagne par cet engagement : mais à la vue des prodiges de la journée, Poursuivonsnossuccès, dit-il ; aveede pareilles iroupeson doitallerauboutduinonde,

i). Chassée de Valontina, où s'arrêta l'armée russe?

jR. Au village de Borodino, situé à vingt lieues de Moscou, sur les bords de la Moscowa. Barclay de Tolly en avait cédé le commandement au général Rutusow, qui venaU

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