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saisit, pour faire éclater ses rcssentimens, le moment où l'Espagne nous accablait. D. Quels prétextes allégua-t-il?

R. La crainte de voir rétablir l'indépendance de la Pologne, la réunion du duché d'Oldenbourg à la France, l'occupation de la Prusse par nos armées, et la ruine absolue du commerce par suite du système continental que lui-même avait adopté.

D. Ne pouvait-on pas lui répondre? R. Comme il voulait la guerre, il n'en donna pas le temps. Sa note n'était pas encore au cabinet des Tuileries, qu'il avait déjà forcé l'armée de Varsovie à se replier derrière la Yistule, et rompu le système continental en ouvrant aux Anglais tous les port» de la Russie.

D. 'Comment y répondit le fier Napoléon? R. Soit désir véritable de conserver la paix, soit crainte d'avoir à partager ses forces, il proposa d'éclaircir tous les points litigieux, promit de ne jamais rétablir l'indépendance polonaise, offrit des indemnités pour le duché d'Oldenbourg, et consentit à modifier pour la Russie, les rigueurs souvent importunes du système continental.

D. C'était mettre le czar au pied du mur; comment s'en tira-t-il?

R. Par des négociations sourdes, au moyen desquelles il s'attacha l'Angleterre et la Suède. Dominées parla terreur, l'Autriche et la Prusse restèrent avec nous. Napoléon fit d'immenses levées, 500,ooo guerriers s'élancèrent à sa voix de tous les points de l'Europe aux bords du Niémen; et voyant l'armée russe déployée sur l'autre rive, il conçut l'audacieuse idée de l'envelopper tout entière pour s'emparer d'Alexandre.

D. Alexandre se laissa-t-il cerner?

jR. Ce prince qui voulait, dit-on, disputer le passage du fleuve, n'attendit pas les Français, et se retira sans combattre sur la Dwina et le Dniéper.

D. Plusieurs historiens présentent cette retraite précipitée comme l'effet d'un plau de campagne imaginé par le général Barclay de Tolly; que faut-il en penser?

R. Que plusieurs historiens se sont trompés. Convaincus de l'immense supériorité stratégique de leur adversaire, les Russes attendaient au hasard l'exécution des plans français. Si l'intention des Russes avait été réellement de nous laisser engager dans les Jéserts de leur empire, ils ne se seraient sûrement pas donné la peine de venir au-devant cle nous.

D. Quelle est donc la source de cette erreur?

R. Un écrivain qui semble avoir pris à tâche de dénigrer sa patrie, M. Eugène Labaume.

« Puisqu'il faut l'appeler par son nom. •

Trompé par lui, j'ai moi-même répété la chose dans les Trophées des armées françaises; mais complétement désabusé, je me fais un devoir de la désavouer aujourd'hui.

D. Détaillez-moi les premières opération* de la campagne.

ii. L'armée passa le Niémen dan» les journées des 24 et 2.5 juin , poursuivit sa route, et entra le 28 dans l'ancienne capitale de la Lithuanic. C'est dans Wilna qu'une députation de la diète de Varsovie vint demander à l'empereur de proclamer l'indépendance de la Pologne.

D. Pourquoi ne le lit-il pas? jR. M. Labaume trouve tout naturel d'en attribuer la cause à cette défiance qui est le caractère distincllf des tyrans; mais les ho mmes qu'aucune passion ne domine la voient dans la promesse faite par Napoléon de maintenir l'intégrité de territoire de l'Autriche et de la Prusse : promesse qu'il aurait ouvertement violée en retirant à chacune de ces puissances la portion de territoire qui lui était échue lors du démembrement de la Pologne.

D. Où et quand commencèrent les hostilités?

il. Le 28 juin, à Devoltovo. Le maréchal Oudinot força le général Wittgenstein à repasser la Dvvina, pour se renfermer dans un camp retranché préparé sous Drissa. Les Russes furent pressés avec tant d'ardeur qu'ils n'eurent pas même le temps d'en faire sauter le pont.

D. Que fit ensuite Wittgenstein?

R. Ignorant le but des Français, il se jeta sur la route de Saint-Pétersbourg pour couvrir au moins la capitale de l'empire. Oudinot l'y suivit, et une campagne distincte s'ouvrit entre eux.

D. Cette séparation dut affaiblir le corps principal des Russes?

R. Oui', mais Alexandre espérait voir incessamment arriver l'armée du prince Bagration. Pressé par trois corps français qui l'attaquaient vers Minsk, en front, en queue et en flanc, Bagration se voyait sur le point d'être pris, lorsqu'il se vit sauvé par l'hésitation du roi Jérôme Bonaparte.

D. Où se trouva-t-il rejeté?

R. Sur le Dniéper. Sa retraite détermina celle des troupes du camp de Drissa, qui s'efforcèrent de se joindre à lui pour agir concurremment.

D. Que pensait Alexandre de nos succès rapides?

R. Rien de bon pour ses états. C'est alors qu'il fit un appel à la grande nation pour renverser le tyran qui voulait renverser toute la terre? Il se rendit même dans les murs de Moscou afin d'activer par sa présence l'exécution des mesures offensives.

Z). Qui prit, en son absence, le suprême commandement?

jR. Barclay de Tolly. Se retirant dans la direction de Dunabourg, il fit mine de vouloir nous arrêter sur la Disna; mais bientôt il changea de plan pour continuer sa retraite; et l'armée, qui commençait à manquer d» tout, se ravitailla dans les magasins de l'ennemi. .

D. Où était Napoléon?

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