Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

· D. Wellington poursuivit-il le cours de ses avantages ?

R. Il s'attachait aux pas de Marmont, lorsque Soult, arrivant au secours de son collègue, obligea le général anglais à se retirer luimême sur Fuento-Quinaldo. Ce mouvement fut le dernier de la campagne, et l'on peut dire que la campagne finit par un coup de foudre : bloqué dans un fort qui domine Burgos, le commandant Dubreton fit jouer ses mines, et des milliers d'Anglais furent engloutis. · D. A quelle époque s'ouvrit la campagne de 1815? | R. Au commencement de juin. | D. Quelle était la position des Français relativement à leurs adversaires ? · R. Comme, indépendamment de l'immense supériorité de leur nombre, ceux-ci avaient pour eux la masse entière de la population, on peut dire sans hyperbole, que les Françaisluttaient dans la proportion d'un contre dix. - D. Que fit le maréchal Soult contre tant d'ennemis ? | | | | | R. Ce n'était déjà plus lui qui commandait. Napoléon venait de l'appeler en Saxe, et il 'était remplacé par le naréchal Jourdan. .

D. Dans ce cas que fit Jourdan ? R. Il détruisit les sortisications de Burgos, et se retira, sans cesser de combattre, jusque sur les bords de l'Ebre. D. Wellington l'y suivit-il ? R. Oui, et une bataille terrible, près de Vittoria, signala la rencontre des deux armées. D. Qu'en résulta-t-il pour les Français ? R. La plus effroyable déroute. Voyant que son armée pliait, Jourdan voulut du moins sauver son matériel, et ordonna que son grand parc de réserve fût à l'instant dirigé sur Pampelune. Mais par une de ces fatalités qui déjouent toutes les combinaisons de la prudence, un charriot qui se trouva renversé sur la route, barra le passage et coupa la retraite. En un instant, soldat, chevaux, femmes, canons, enfans, bagages, tout se trouva pêlemêle, et l'ennemi survenant tout-à-coup au milieu de cette foule éperdue, rendit plus épouvantable encore l'affreux désordre qui s'en était emparé. Nous y laissâmes 6ooo hommes et 2oo pièces de canon. D. Le roi Joseph suivait l'armée ; que fit-il en voyant cette déroute ? R. Ne prenant conseil que de lui-même, il quitta l'Espagne et revint en France. Les généraux Foy et Clausel, qui n'avaient aucunement participé à l'action, prirent également une résolution conforme à leur position respective : tandis que Clausel ramenait ses troupes en France, Foy courait délivrer la place de Tolosa d'une occupation vivement tentée par l'ennemi. D. Que pensa Napoléon en apprenant le désastre de Vittoria ? R. Il sentit la saute qu'il avait faite en substituant au maréchal Soult un général trop peu connu des vainqueurs du Tage, et chargea ce maréchal d'aller réparer les malheurs survenus depuis son départ. D. Que fit Soult en arrivant aux frontières d'Espagne ? R. Il réorganisa l'armée, et délivra Pampelune que les alliés avaient déjà investi. D. Chassés de Pampelune, que firent les alliés ? R. Ils s'en vengèrent sur Saint-Sébastien. Cette place, que commandait le général Rey, se défendit jusqu'à la dernière extrémité; mais comme un corps considérable paralysait les efforts que le maréchal Soult faisait pour la délivrer, elle fut prise d'assaut par les troupes de sir Graham. - -

D. Le vainqueur usa-t-il du droit de la guerre ? R. N'osant assouvir sa rage sur la garnison, il la tourna tout entière contre les habitans. C'était une chose digne de remarque : placés au milieu de leurs soldats, devenus assassins, les généraux anglais désignaient avec une horrible tranquillité les femmes, les vieillards, les enfans, qu'il fallait égorger de préférence. Il faut leur pardonner cet excès de barbarie : battus jusqu'alors , ils ne savaient point encore la conduite qu'il est si beau de tenir quand on est victorieux. D. Que faisait en Arragon le maréchal Suchet ? R. Il délivrait la place de Tarragone, et subissait ensuite la loi commune, qui était de se retirer sur la France. D. De son côté que faisait Wellington? R. Il rejetait Soult jusque sous les murs de Baïonne; et, comme par l'effet d'une représaille, se voyait rejeté lui-même avec une perte de 4ooo hommes sur la route de SaintJean-Pied-de-Port. D. Qu'en advint-il ? R. Qu'on se battit de nouveau, et que de nouveau les Français furent battus. C'était en janvier 1814. Comme la rigueur du froid empêchait de tenir la campagne, Soult vint se renfermer dans le camp retranché de Baïonne. D. A quoi l'ennemi consacra-t-il le temps de son repos ? R. A faire venir des renforts. La nécessité de garantir, sur le Rhin, l'intégrité du territoire, empêcha Soult d'en faire autant. D. Comment s'ouvrit la nouvelle campagne? R. Par un échec qui nous coûta 5ooo hommes près d'Orthez, et qui fit pressentir le dénouement du grand drame qui tenait l'Europe attentive. D. Cet échec ne fut-il pas vengé ? R. Il le fut immédiatement près d'Agen ; mais l'invasion de la France n'était plus l'objet d'aucun doute, et nous ne nous battions plus que pour montrer au monde ce qu'est un soldat d'Austerlitz à son dernier soupir. D. Quelle était dans cette occasion la politique anglaise ? R. De corrompre les magistrats pour s'emparer de nos villes sans effusion de sang : M. Lynch, maire de Bordeaux, parut à Wellington mériter une démarche, et Bordeaux fut à l'instant au pouvoir de l'étranger. D. M. Lynch céda par attachement pour A

« ZurückWeiter »