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D. Que faisait le maréchal Soult en Portugal ? R. Comme des renforts avaient porté I'armée anglaise à 8o,ooo combattans, il se reployait avec ses 2o,ooo hommes d'Oporto sur les Asturies, où il ne tarda point à être joint par le maréchal Ney. Ce qu'il y eut d'admirable dans la retraite de Soult, c'est que lui, qui devait périr aux défilés de Salamonde, écrasa dans sa marche un corps d'insurgés qui prétendait lui en interdire le passage, et délivra la ville de Lugo que tenaient investie les révoltés de la Galice. D. Que se passa-t-il de marquant jusqu'à la fin de 18o9 ? R. Le général Bonnet défit deux corps espagnols qui occupaient la ville de Saint-Ander, et délivra 6oo prisonniers français que le peuple destinait aux plus cruels supplices; Suchet tua ou prit au général Black 5ooo hommes et 25 pièces de canon qu'il avait à Santa-Fé; Victor se reploya sur l'Albercho après avoir livré, près de Talavera, une bataille de résultat incertain, à Wellington qui s'avançait vers l'Estramadure, et qui fut contraint de se retirer sur le Portugal; Sébastiani remporta, près d'Almonacid, une victoire éclatante sur les débris errans du corps de Vénégas ; Kellermann défit, près d'Albade-Tormes, le corps du général Cuesta que poursuivait celui de Ney, passé sous les ordres de Marchand ; et 24,ooo Français, commandés par Mortier, mirent dans la plus horrible confusion 55,ooo Espagnols, rassemblés par Arrizaga, dans la plaine d'Ocana, près d'Aranjuez.

D. Sont-ce là toutes les opérations de cette campagne ?

R. Il en est d'un ordre différent. Tandis que le maréchal Augereau prenait la ville de Gironne, ses 5ooo défenseurs et leurs 2oo pièces de canon, Soult poursuivait l'armée espagnole dans la chaîne des montagnes qui s'étend depuis le Guadiana jusqu'au Guadalquivir, assemblage affreux des gorges et des précipices les plus épouvantables. Victorieux partout, Soult et Victor prirent la place de Séville, dispersèrent la junte, et ce qui leur parut mille fois plus précieux que la plus belle victoire, retrouvèrent les aigles et les drapeaux perdus par Dupont dans la journée de Baylen. La prise de Malaga, par Sébastiani ; de Lérida et de Mesquinenza par Suchet; le siége de Cadix, par Victor, suivirent immédiatement ces glorieux avantages.

D. Le siége de Cadix n'offrit-il rien d'intéressant ? R. Un ouragan qui dura 5 jours sit échouer, près de Lestrua, quatre vaisseaux anglais. Rien de plus magnanime que la conduite des marins de la garde. Ces généreux guerriers volèrent au secours de leurs ennemis périssans, avec autant d'ardeur qu'ils en mettaient à les combattre sur un champ où la victoire pouvait être disputée. Mais si le 1o mars fut un jour de véritable gloire, le 15 mai en fut un de vrai bonheur. Entassés dans les pontons anglais, 15oo des prisonniers faits à Baylen se révoltèrent contre leurs gardiens, et vinrent sur leur prison slottante se réunir à leurs anciens compagnons. La lyre même de Virgile n'eût rendu qu'imparfaitement l'empressement qu'on mit à les vêtir et à les fêter ; mais comme la plupart d'entre eux avaient l'esprit aliéné par les mauvais traitemens et les privations, ils ne purent que saiblement jouir du bonheur inespéré qui terminait leurs infortunes. D. Les lyres françaises n'ont-elles pas célébré la délivrance des prisonniers de Baylen? R. Toujours prompt à éterniser ce qui se rattache à la gloire de sa patrie, l'un de nos plus agréables comme de nos plus modestes

poëtes, M. Albert Montémont, a chanté cet événement par une ode finissant ainsi :

Venez, venez, enfans de la victoire, Partager ces banquets sur le rivage offerts.

Consolez-vous de vos tourmens soufferts,

Consolez-vous : les chantres de la gloire De vos faits immortels charmeront l'univers.

D. Dans quelle situation était l'armée française à l'ouverture de la campagne de 181 o ? R. Plus belle qu'elle n'avait jamais été. La paix que Napoléon venait de conclure avec les souverains du Nord, lui avait donné les moyens de renvoyer en Espagne les divisions qu'il en avait tirées; et Masséna qui venait de prendre le commandement en chef, contribuait par sa réputation à doubler l'espoir de la France et de l'armée. D. Cet espoir était-il fondé ? R. L'événement a prouvé que la France et l'armée se trompaient. Affaibli par le poids des années et par le sang répandu, Masséna n'était plus que l'ombre du vainqueur de Zurich ; tandis que , dans toute la vigueur de l'age, l'homme que le sort destinait à devenir son rival de gloire, Wellington ne négligeait aucun des moyens qui pouvaient le faire triompher. Il avait encore sur Masséna l'incon

testable avantage que donnent une parfaite connaissance des localités, le dévouement des peuples, et l'habitude de combattre sur le même terrain.

La prise de Ciudad-Rodrigo et des 6ooo hommes qui défendaient cette ville, fut la première opération de la campagne, et fit particulièrement honneur au maréchal Bessières, qui, pendant 25 jours, conduisit ce siége important. Wellington s'avançait alors avec une puissante armée, du Portugal où l'avait rejeté la bataille de Talavera. Masséna le joignit sur la frontière, culbuta ses avant-postes et forma le siége d'Alméida, place d'autant plus importante qu'elle était abondamment pourvue. Alméida se préparait à une vigoureusc résistance , lorsqu'une de nos bombes, lombant sur un magasin à poudre, ensevelit la ville sous ses propres débris. Nous y entrâmes le 27 août : ce n'était plus qu'un vaste tombeau où quelques êtres vivans cherchaient, noyés dans les pleurs, les corps engloutis de ceux auxquels se rattachait leur existence.

D. Que faisait Wellington ?

R. Ayant rassemblé toutes ses sorces, il se porta sur la Sierra-de-Busaco. Masséna, qui voulait l'obliger à repasser le Mondego, perdit

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