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'e vois fuir les ennemis de ma patrie. Sa mort 'ut vengée, le 16, par celle même de sir John Mohr. Rompue et dispersée sur les hauteurs de la Corogne, l'armée anglaise nous abandonna la contrée pour se rembarquer immédiatement. Après ce brillant succès, Napoléon , confiant à Ney les troupes de Soult, chargea ce dernier d'aller vaincre en Portugal. Soult partit avec un corps d'armée, et tua, dans trois rencontres, 18,000 hommes au marquis de la Romana qui fuyait vers Oporto. D. Que se passait-il sur les autres points? R. Lefebvre et Gouvion- Saint -Cyr délivraient la Catalogne et les rives du Tage de la présence de l'ennemi, tandis que, plus heureux encore , Victor .détruisait complétement l'armée de Vénégas : 12,000 prisonniers; 5o drapeaux et toute l'artillerie espagnole, furent les trophées dontee maréchal enrichit sa gloire dans la journée du i3 janvier. J'ai dit que Soult poursuivait la Romana vers Oporto. Le 29, il prit cette place d'assaut, et, dédaignant ses droits, la fit respecter comme ville française.

D. IN'existait-il point alors, en Espagne, »n prince autrichien qu'un parti nombreux appelait à régner sur le Tage?

R. Le bruit en courait du moins; et c'est \ en partie au désir de s'emparer de sa per- j sonne que l'empereur fit assiéger Sarragossa par le maréchal Lannes. Cette ville contenait, indépendamment de son immense population, plus de 5o,000 paysans rassemblés par le général Palafox. Lannes n'avait que 31,000 Français pour les réduire ; mais il disposa de ses moyens avec un si grand art et une ardeur si soutenue, qu'après avoir, pendant 52 jours, écrasé la ville sous les ruines de la ville même, Sarragosse n'était plus qu'un horrible mélange de cadavres et de décombres sur lequel des fanatiques guidés par des moines, se faisaient égorger au nom du ciel. 54>00o habitans périrent dans ce siége malheureux. Fatigué du carnage, l'esprit aime à contempler Mme la comtesse de Burita qui, suivie des dames les plus distinguées par leur naissance ou par leur fortune, allait sur les ruines brûlantes des maisons écroulées , secourir des soldats blessés que les boulets ou la mitraille achevaient souvent dans ses bras.

D. Que fit Napoléon après la reddition de Sarragosse?

R. Regardant son frère comme affermi sur le trône, il s'entoura d'une partie des vain

queurs du Nil, du Tibre et du Tage; quitta l'Espagne et revint à Paris; quitta Paris et vola sur le Danube où la guerre se rallumait.

D. A quelle époque vit-on renaître, en Espagne, les hostilités momentanément suspendues ?

· R. Le 27 mars 18o9, à Ciudad- Réal et à Médellin. L'armée d'Andalousie qui, forte de 12,ooo hommes , avait pris des positions à Ciudad-Réal, fut taillée en pièces par le général Sébastiani , et le lendemaiu défaite encore à Santa-Crux. Quant à la patrie de Fernand Cortez (Médellin) , elle fut le tombeau de 12,ooo Espagnols que 16,ooo Français , commandés par le maréchal Victor, tuèrent aux 54,ooo du général Cuesta. 8ooo prisonniers, 5o canons et 9 drapeaux, sont les trophées dont se couronna le vainqueur. On admira dans cette journée la fierté que les Espagnols conservaient au sein même des plus grandes infortunes. Sommés par un aidede-camp de crier vive le roiJoseph, de 12,ooo qu'ils étaient un seul eut la faiblesse d'obéir ; et comme les officiers avaient conservé leurs armes : scélérat, tu ne trahiras pas deux fois la patrie, lui dit un d'entre eux, en lui plongeant son épée dans le cœur. ,

D. Que faisait le maréchal Soult en Portugal?

/f. Comme des renforts avaient porté l'armée anglaise à 8o,000 combattans, il se reployait avec ses 20,000 hommes d'Oporto sur les Asturies, où il ne tarda point à être joint par le maréchal Ney. Ce qu'il y eut d'admirable dans la retraite de Soult, c'est que lui, qui devait périr aux défilés de Salamonde, écrasa dans sa marche un corps d'insurgés qui prétendait lui en interdire le passage, et délivra la ville de Lugo que tenaient investie les révoltés de la Galice.

D. Que se passa-t-il de marquant jusqu'à la fin de 1809?

II. Le général Bonnet défit deux corps espagnols qui occupaient la ville de Saint-Ander, et délivra 600 prisonniers français que le peuple destinait aux plus cruels supplices; Suchct tua ou prit au général Black 300o hommes et 23 pièces de canon qu'il avait à Santa-Fé; Victor se reploya sur l'Albercho après avoir livré, près de ïalavera, une bataille de résultat incertain, à Wellington qui s'avançait vers l'Estramadurc , et qui fut contraint de se retirer sur le Portugal; Sébastiani remporta, près d'Ahnonacid, une victoire éclatante suc les déiris errans du corps de Vénégas; Kellermann défit, près d'Albade - Tonnes, In corps du général Cuesta que poursuivait celui de Ney, passé sous les ordres de Marchand? et 24,000 Français, commandés par Mortier, mirent dans la plus horrible confusion 55,o00 Espagnols, rassemblés par Arrizaga, dans la plaine d'Ocana , près d'Aranjuez.

D. Sont-ce là toutes les opérations de cette campagne?

R. Il en est d'un ordre différent. Tandis que le maréchal Augereau prenait la ville de Gironue, ses 5o00 défenseurs et leurs 200 pièces de canon, Soult poursuivait l'armée espagnole dans la chaîne des montagnes qui s'étend depuis le Guadiana jusqu'au Guadalquivir, assemblage affreux des gorges et des précipices les plus épouvantables. Victorieux partout, Soult et Victor prirent la place de Séville , dispersèrent la junte, et ce qui leur parut mille fois plus précieux que la plus belle, victoire, retrouvèrent les aigles et les drapeaux perdus par Dupont dans la journée de Baylen. La prise de Malaga , par Sébastiani; de Lérida et de Mesquinenza par Suchet; le siége de Cadix, par Victor, suivirent immédiatement ces glorieux avantages.

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