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portaient le gouvernement à Sévîlle ; et ce gouvernement , prenant le titre de junte suprême, levait des légions dans toutes les provinces que ne contenait point encore la présence de» Français.

D. Quels ressorts toucha la junte pour insurger le peuple?

R. Ceux du fanatisme, de l'intérêt et de*ïà liberté : l'expérience a démontré qu'ils étaient en effet les seuls à toucher dans cette grand» occasion.

D. Détaillez-moi les premières hostilités.

R, Tandisque le maréchal Moncey échouait avec 15,00o hommes contre les murs de Valence , le maréchal Bessières, suivi de i4,00o, se portait de Madrid sur le royaume de Léon , qu'occupait le général Cuesta avec 56,000 combattans. Les deux armées se rencontrèrent, le 14 juillet, près de Medina-del-ïlioSeco, et quoique les Espagnols se battissent dans la proportion de 4 contre un, ils éprouvèrent un tel ravage, que les curés des paroisses voisines évaluèrent a 2 7,000 le nombre des cadavres dont on leur confia l'inhumation. Ce qu'il y eut de remarquable dans cette victoire, c'est que nous trouvâmes parmi le» dépouillée des vaincus quantité de cordes et de

chaînes rassemblées à l'avance pour garrotter les prisonniers. En apprenant les brillans résultats de cette journée, Napoléon s'écria: C'est la bataille de Villa-Viciosa; Bessières a mis Joseph sur le trône; et en effet, cette bataille nous rendant maîtres de toutes les villes environnantes, le nouveau roi fit, le 20 juillet, son entrée solennelle dans Madrid.

D. Quelles mesures le monarque prit-il pour se maintenir dans sa conquête?

R. Comme son trône ne reposanf que sur la victoire, il chargea le général Dupont de partir avec i5,00o hommes pour s'emparer de Cadix; mais dans sa marche, Dupont fut défait, à Baylen, par les 25,000 Espagnols du général Reding, obligé de mettre bas les armes et conduit sur les côtes de l'Andalousie , où il vit une partie de ses compagnons massacrés par le peuple.

D. Que pensa-t-on en France dela défaite

de Dupont?

R. Beaucoup de choses funestes à sa gloire: le fait est que cette défaite obligea les Français à évacuer toutes les places qu'ils avaient conquises, pour faire de la ville de Burgos le point central de leurs opérations. Forcé de quitter Madrid, le roi Joseph suivit l'armée.

D. N'avions-nous à combattre que les Espagnols ? R. Un traité conclu entre la junte de Séville et le cabinet de Saint-James, venait de faire débarquer, dans la baie de Mendego, 5o,ooo Anglais commandés par sir Arthur, . depuis duc de Wellington : joints à 6ooo Portugais, ils débutèrent par remporter d'éclatans avantages sur les généraux Laborde et Junot. D. Aela nouvelle de ces revers que fit Napoléon ? R. Il quitta Paris, le 1" septembre, pour aller dans Erfurt s'assurer de l'amitié d'Alexandre, rassembla plusieurs régimens stationnés en Allemagne, marcha sur l'Espagne et battit le gros de l'ennemi sous les murs de Burgos, tandis que le maréchal Victor écrasait d'autres divisions sur les hauteurs escarpées de Spinosa. D. Le vainqueur suspendit-il sa course ? R. Son grand principe étant qu'il ne faut jamais laisser à un ennemi battu le temps de se reconnaître, il poursuivit comme un torrent ses rapides avantages; culbuta, devant Tudela, 45,ooo hommes qui s'y étaient retranchés sous les ordres du général Castanos; les at

signit encore à Somma-Sierra , les foudroya e nouveau, et porta , le 2 décembre, le siège evant les remparts de Madrid. Tous ces évélemens se passèrent en deux mois.

D. Quel était alors l'état de Madrid?

R. Les factions, l'incendie, le meurtre et e pillage en faisaient un séjour d'horreur. Elle résista deux jours aux ravages des bombes, et lorsqu'une députatiou vint annoncer à Napoléon que la ville se rendait, on remarqua ce terrible passage dans la réponse de l'empereur : « Tout sera soumis ou par la persuasion, ou par les armes : il n'est aucun obstacle capable (le retarder long-temps l'exécution de mes volontés. »

D. Par quels travaux législatifs Napoléon

signala-t-il son entrée dans la capitale de son

frère?

R. Il supprima la féodalité, l'inquisition et les monastères, fléaux contre lesquels l'esprit du siècle et le bonheur des peuples s'élevaient également; après quoi, passant la revue de son armée, il déploya, sous les yeux des Espagnols, 60,000 hommes, i5o pièces de canon et i500 fourgons chargés. Ce n'était pas tout, des corps nombreux occupaient Tolède , Burgos, Barcelone et Talaveira. Tant de ressources firent sentir à l'ennemi les difficultés de la tâche qu'il s'était imposée , et ce fut alors que parut dans tous les cantons cet ordre qui ne cessa jamais d'être exécuté ponctuellement:

, «.A l'aspect des Français toutes les cloches sonneront; si les habitans ne peuvent arrêter l'ennemi, ils cacheront ou brûleront tout ce qu'ils possèdent pour se réfugier dans les montagnes. Les tirailleurs suivront l'armée française , arrêteront ses traînards, et recevront une récompense pour chaque tête qu'ils apporteront au quartier-général. »

D. Les Anglais qui avaient jeté des troupes en Portugal, bornèrent-ils là leurs secours?

. Ii. Ils en jetèrent également en Espagne, et ce fut sir John Mohr qui les commanda. Le maréchal Soult courut à eux , les chassa d'Astorga et les défit à Cacabella, le 5 janvier. C'est dans cet engagement que nous perdîmes le général Colbert. Deux jours avant, Napoléon lui disait : Vous recevrez dans peu la récompense qui vous est due. Dépêckez-^vous, sire, lui répondit Colbert, car, bien que je n'aie que 3o ans, je sens que je suis très-vieux. Je meurs bien jeune, dit-il, en tombant, mais j'en suis consolé puisqu'il mon dernier soupir,

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