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léon en fut tellement satisfait qu'il fit mettre pour devise, sur les drapeaux de cet intrépide régiment : Un Contre Dix.

D. Dites-moi ce qui se passait en Dalmatie.

R. Non moins heureux que le prince Beauharnais , Marmont écrasait partout les corps qui osaient lui résister. C'est ainsi qu'ayant triomphé en vingt endroits, et notamment à Gospich , il opéra (3o juin) sa jonction avec l'armée d'Italie.

D. L'armée "de Pologne était-elle restée sous les murs de Varsovie?

R. S'attachant aux pas du prince Ferdinand qui, comme je l'ai dit, se reployait sur l'Autriche, elle détruisit dans sa marche le corps-franc du colonel Schill, et pour se joindre à la grande armée, vint s'établir en Gallice.

D. Quel emploi tira Napoléon de la réunion de ses forces?

if. Il quitta l'île de Lobau , se reporta sur la rive gauche du Danube , joignit l'ennemi et livra bataille dans les champs de Wagram • (6 juillet). 40o,000 hommes, secondés par Jooo pièces de canon, s'égorgèrent sur le même point pendant un jour entier. La vieloire ne nous fut point infidèle. Mis dans une déroute complète , l'ennemi nous abandonna 60,000 hommes dont 2o,000 prisonniers , 4° canons, 10 drapeaux, et tous ses bagages. Nous ne pûmes le détruire entièrement, car long-temps avant la chute du jour on ne l'apercevait déjà plus.

D. Quel fut le fruit de cette victoire?

if. La paix. Voulant toutefois de suffisantes garanties, Napoléon y mit pour condition première, que la main de l'archiduchesse Marie-Louise lui serait accordée. C'était cimentef par les plus chers intérêts. l'alliance politique qui se formait entre les deux empires , et concilier les divers partis qui existaient sourdement en France, en rendant les descendans de Louis XVI cousins-germains de l'empereur Napoléon.

D. De quel œil l'Angleterre vit-elle cette nouvelle paix?

B. Avec une nouvelle rage. Voulant toutefois nous porter un dernier coup, elle chargea lord Chatam d'envahir la Flandre avec 55,000 hommes , de rendre impraticable la navigation de l'Escaut, de mettre le Brabant à contribution , de s'emparer des îles de Catzand «t de Walcheren, de détruire les arsenaux et les chantiers d'Anvers, de Flessingne et de Terneuse.

Z>. Comment le noble lord remplît-il s» mission?

R. D'une manière pitoyable. Adoptant un système de tâtonnement, qu'aurait rejeté le dernier de ses soldats, il attendit pour agir qu'une dépêche télégraphique du général Chambarlhac eût rassemblé sur la côte tout ce que le nord de la France avait d'hommes capables de lutter. Se bornant alors à la seule destruction des remparts deFlessingue, il s'en retourna couvert de honte et de ridicule. Nos soldats ne disaient plus lord Chatam, mais lord J'attends. Arrivé en Angleterre, il reconnut, dit-on, que les huées parties de nos rivages faisaient écho sur les côtes britanniques.

GUERRE DESPAGNE.

D, Détaillez-moi les causes primitives de cette guerre.

B. Elles remontent à 1807. Voyant les Français fortement occupés dans le nord, par les Prussiens et les Russes, le roi Charles FV crut à la possibilité de venger ses premières défaites, et déploya contre nous tout l'appareil des plus sanglantes hostilités, Il allait franchir les Pyrénées lorsqu'il apprit que la paix était conclue. Cette nouvelle déconcerta ses desseins. Il retira ses troupes et feignit de voir avec joie l'harmonie se rétablir ; mais il s'était découvert; et dès-lors, ne le regardant plus que comme un ami de circonstance, Napoléon jura de le précipiter du trône à la première occasion.

Cette occasion se présenta dès l'année suivante. Forcé, par des insurrections, d'abdiquer en faveur de son fils Ferdinand VII, Charles IV laissa passer l'orage et redemanda - la couronne. Il résulta des prétentions opposées du père et du fils, des débats dans lesquels Napoléon intervint comme médiateur. Alors, prétextant la nécessité de voir, d'entendre et de juger par lui-même, l'empereur des Français invita les deux princes à venir le joindre dans les murs de Bayonne.

Ils le firent, et à peine Napoléon les eut-il entendus qu'il déclara l'abdication de toute nullité. Cet arrêt paraît être le résultat d'une intrigue, car dès que Charles IV se revit en possession du pouvoir, il s'en démit de nouveau pour que Napoléon en disposât h son gré. Celui-ci le remit à son frère Joseph, qui, roi de Naples jusqu'alors, changea de trône et partit pour Madrid.

D. Que faisait donc Ferdinand VII? R. Craignant les obstacles qu'il n'eût pas manqué d'opposer au nouvel ordre de choses, Napoléon le retenait prisonnier dans Bayonne, et poursuivait l'exécution de ses plans.

D. Ferdinand VII n'avait-il point de partisans en Espagne?

R. Un prince n'en manque jamais quand il a des trésors et de l'ambition. Excité par l'injustice, la violence, et peut-être les intérêts de sa gloire, du fond de sa prison, Ferdinand souleva le peuple espagnol contre l'armée française. D. De quoi se composait cette armée? R- D'abord, de 20,000 hommes rassemblés dans Madrid, sous les ordres de Murat, pour marcher sur le Portugal; ensuite de plusieurs divisions destinées à protéger la prise d'occupation du pays par le roi Joseph.

D. Quelles mesures prenaient les grands d'Espagne dans l'intérêt du prince Ferdinand? R- N'étant plus maîtres de Madrid, ils trans

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