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ses véritables intérêts. On continua d'ensanglanter les eaux du Danube; et n'étant plus pour nous qu'une barrière impuissante, ce fleuve revit une seconde fois les Français aux portes deVienne.

D. Y entrâmes-nous avec autant de facilité qu'en i8o5?

R. Il fallut cette fois couvrir la ville de bombes et d'obus.

D. Qui la défendait?

K. Le prince Maximilien. Se voyant sur le point d'être tourné, ce prince qui, peu d'heures avant, jurait encore de s'ensevelir sous les ruines de la place, se trouva trop heureux de pouvoir en céder l'honneur au général O'Reilly. Napoléon parle de cette fuite dans une proclamation: « Les princes de cette maison , dit-il, ont abandonné leur capitale, non Comme des soldats d'honneur qui cèdent aux circonstances et aux revers de la guerre, niais comme des parjures que poursuivent leurs propres remords. En fuyant de Vienne, leurs adieux à ses habitans ont été le meurtre et l'incendie : comme Médée, ils ont, de leurs propres mains, égorgé leurs enfans. »

D. Quelle futla défense du général O'Reilly?

R. Honorable, mais sans folle témérité.

Voyant qu'il fallait céder au sort, O'Reilly fit ouvrir les portes de la place, et, pour me servir d'une pensée de l'Empereur, « un mois après que l'ennemi avait passé l'Inn, au même jour, à la même heure, nous entrâmes dans Vienne. »

D. Gomment le peuple fut-il traité? H, Avec tout le respect qu'on doit à l'infortune. «Soldats, avait dit Napoléon,soyons bons pour les pauvres paysans et pour ce bon peuple qui a tant de droits à notre estime; ne conservons aucun orgueil de nos succès; voyons-y une preuve de cette justice divine qui punit l'ingrat et le parjure. » J). Que se passait-il en Pologne? fi. Le prince Ferdinand y faisait de nombreuses tentatives pour s'emparer de Varsovie; ces tentatives ne durèrent qu'un instant. Obligé de venir au secours de l'Autriche, ce prince se reploya rapidement sur le Danube. D. Que faisait François II? Jr. Nationalisant la guerre, il mettait toute la population de ses états en présence des héros d'Austerlitz. Pour déjouer ses projets, Napoléon passa le.Danube près d'Ersdorff, et sans attendre que toutes ses forces eussent franchi le fleuve, livra bataille prèsd'Essling (22 mai). «On s'est trop pressé, dit le maréchal Lame* au docteur Lannefranque; je n'ai pas une bonne idée de cette affaire; mais, quelle qu'en soit l'isuc, ce sera pour moi la dernière bataille. »

J). Que devint cette prédiction?

R. Elle s'accomplit. Au moment où les Autrichiens fuyaient, une crue des eaux emporta tous les ponts du Danube , et sépara l'empereur de la majeure partie de l'armée. Cet événement suspend la déroute des Autrichiens, ils se rallient, reviennent à la charge, et tirent sur les Français 4o,000 coups de canon , auxquels, faute d'artillerie , ceux-ci ne savent que répondre.

J). Dans cette cruelle circonstance qu'ordonna Napoléon?

R. De vaincre, et l'on vainquit. Ecrasés de nouveau , les Autrichiens s'enfuirent avec une perte de 27,000 hommes, dont 12,000 morts. Nous pleurâmes cette victoire, toute glorieuse qu'elle était. Le maréchal Lannes.... Mais gardons-nous de le plaindre : l'instant de son trépas fut celui de son apothéose.

D. L'empereur s'attacha-t-il aux pas de l'ennemi?

S. Non. Comme il fallait réunir l'armée,

îl se retira dansl'ile de Lobau pour y consommer cette grande opération.

J). Les Autrichiens n'entretenaient-ils aucune intelligence dans le Tyrol?

B. Pour détruire toutes les communication» qui existaient entre la grande armée et l'armée d'Italie, le feld-maréchal Chasteller tenait les villes et les campagnes de cette contrée en insurrection contre les Français. Il fut défait par le maréchal Lefebvre, abandonné des siens, et forcé de fuir en Hongrie. Moins général qu'assassin, il venait de faire égorger en Tyrol 1800 Bavarois et 700 Français qui s'étaient rendus prisonniers. :

D. Que se passait-il en Italie? R. Foudroyant partout les divisions de l'archiduc Jean, le prince Eugène Beauharnais repoussait devant lui toutes les forces autrichiennes pour venir par le Tyrol se joindre à la grande armée. Cette jonction se consomma le 26 mai dans les murs de Bruck. « Soyez les bien - venus , dit l'empereur aux soldats d'Italie , je suis content de vous. Surpris par un ennemi perfide avant que toutes vos colonnes fussent réunies, vous avez dû rétrograder jusqu'à l'Adige. Mais lorsque vous reçûtes l'ordre de marcher en.avant, vous étiea sur le champ mémorable d'Àrcole, et là vous jurâtes, sur les mânes de nos héros, de triompher. Vous avez tenu parole à la bataille de la Piave, aux combats de Saint-Daniel, de Tarvis, de Goritz; Tous avez pris d'assaut les forts de Malborghetto, de Pradel, et fait capituler la division ennemie retranchée dans Prewald et Laybach. Vous n'aviez pas encore passé la Drave , et déjà 25,000 prisonniers, 60 pièces de bataille, 10 drapeaux avaient signalé votre valeur. Depuis, la Drave, la Save, la Muer, n'ont pu retarder votre marche. »

D. Quelle fut en Allemagne le début de l'armée d'Italie?

jR. La mise en déroute près de Raab ^ 24 juin), de 5o,00o Autrichiens formant l'effectif des corps réunis de l'archiduc Jean et de l'archiduc palatin. Indépendamment de 6000 hommes vifs ou morts, de 6 canons, de 4 drapeaux, de la place de Raab , et d'un vaste camp retranché, cette victoire nous valut l'honneur du plus beau trait de bravoure dont l'histoire puisse léguer le souvenir à la postérité. Cerné par 2o,000 Autrichiens, le 84e régiment de ligne soutint leur choc pendant dix heures, leur tua 2000 hommes, et attendit ainsi qu'on vînt le délivrer. Napo

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