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nons contre canons , baïonnettes contre baïonnettes , tel est le droit de la guerre ; mais une nation qui n'emploie pour sa défense que des poignards, des complots, des brûlots, est déjà déchue du rang qu'elle prétend occuper. L'histoire nous apprend que, lorsque les nations sont capables et dignes d'obtenir la victoire, elles méprisent, comme Fabricius, les offres des médecins de Pyrrhus, tandis qu'au moment de leur décadence les moyens les plus perfides leur sont bons. »

D. Que se passait-il sur d'autres points ?

R. Bonaparte, que j'appellerai désormais Napoléon, se faisait, à Milan , déclarer roi d'Italie (26 mai 18o5), et réunissait à l'empire la république ligurienne, qui le lui demandait par une députation.

| D. N'avions-nous plus pour ennemis que

la seule Angleterre ? -

R. Persuadée que sa prospérité intérieur reposait tout entière sur les troubles du continent, cette puissance venait de s'attacher l'Autriche et la Russie, et déjà la Bavière et la Souabe se trouvaient complétement envahies par l'armée autrichienne.

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CAMPAGNE DE 18o5.
En Autriche.

D. DANs cette grande conjoncture que fit l'empereur Napoléon ? R. Il porta sur le Rhin les armées de Hanovre et de Hollande, qui se joignirent à Wurtzbourg, se mit à leur tête, et courut au secours des Bavarois. « Nous ne nous arrêterons plus, dit-il, que nous n'ayons assuré l'indépendance du corps germanique, secouru nos alliés et confondu l'orgueil de nos injustes agresseurs. Nous ne serons plus de paix sans garantie ; notre générosité ne trompera plus notre politique. » D. Où l'empereur trouva-t-il l'ennemi ? R. A Wertingen, à Gunzbourg, à Albeck, à Elchingen. Il le culbuta partout, s'empara des places de Memmingen et de Nordlingen, décerna des récompenses, et porta le siége devant Ulm. D. Qui défendait cette place ? R. Le général Mack avec 55,ooo hommes. Loin de résister, comme il le devait et le pouvait, ce général se rendit après quelques jours de simple blocus. Napoléon faisant défiler sous ses yeux la garnison d'Ulm, un colonel autrichien parut surpris de voir l'empereur des Français plus mouillé et plus crotté que le dernier tambour. « Votre maître,lui dit Napoléon, a voulu me faire souvenir que j'étais un soldat. Il conviendra, j'espère, que le trône et la pourpre impériale ne m'ont pas fait oublier mon premier métier. » D. Comment la France vit-elle la capitulation de Mack ? R. Avec pitié, et l'on se souvient encore d'une épigramme dont son auteur fut l'objet : En loyauté comme en vaillance Mack est un homme singulier.

Retenu sur parole, il s'échappe de France ;
Libre dans Ulm, il se rend prisonnier.

D. Reprenez le détail des opérations ?

^ R. Le prince Ferdinand fuyait avec les 5o,ooo qui lui restaient des 1 oo,ooo qu'il avait amenés, lorsque Murat l'atteignant à Nuremberg, lui fit 16,ooo prisonniers, dont 18 généraux, et s'empara de 5o canons suivis de 1 5oo charriots. Lowers, Amstetten, Marienzell furent immédiatement le théâtre de nouveaux triomphes, et les places de Prassling, de Lintz, d'Inspruck , furent comme la récompense de cent périls affrontés.

D. L'armée russe ne paraissait-elle pas ? R. Elle arriva pour partager la déroute des Autrichiens. Mis à sa poursuite, le maréchal Mortier l'atteignit près de Dierstein, et se battit un jour entier dans la proportion d'un contre huit. Vainement l'ennemi tenta de cerner et de prendre le corps français ; plus terribles que des lions, nos soldats culbutèrent tout ce qui osa s'exposer à leurs coups, et ce nouvel avantage nous ouvrit les portes de Vienne. D. Cette ville fit-elle quelque résistance ? R. En la quittant, François II l'avait défendu. Napoléon descendit au palais de Schœnbrunn, et choisit pour appartement celui qu'avait occupé cinquante ans avant lui l'illustre Marie-Thérèse. Loin d'insulter à la douleur du peuple, l'armée traversa Vienne dans le ·plus grand ordre, et se remit à la poursuite de l'ennemi. D. Quels furent ses nouveaux travaux ? R. La prise d'une foule de villes, d'un matériel immense, et de plus de 2 o,ooo hommes. Elle avançait avec la rapidité d'un torrent, lorsque les avant-postes du prince Murat se 'trouvèrent tout-à-coup repoussés de Wischau par la subite arrivée d'une armée formidable. D. Que fit Napoléon ? ' AR. Feignant de craindre une bataille, il se reploya de trois lieues, et prit une position qu'il avait reconnue plusieurs jours avant comme devant jouer un grand rôle dans l'histoire (Austerlitz). C'est là que se livrant aux plus savantes manœuvres, il porta l'ennemi à une foule de mouvemens vicieux, et prédit qu'avant 24 heures toute l'armée combinée lui appartiendrait. D. Que se passa-t-il d'intéressant dans cette journée ? R. Une des plus belles scènes que nous aient conservées les annales du monde. Dans la soirée, l'empereur visitant incognito les bivouacs, fut à l'instant environné de 8o,ooo hommes qui, munis d'autant de fanaux de paille plantés sur des perches, figuraient, à s'y méprendre, un océan de feu. « Sire, lui dit un vieux grenadier, je te promets, au nom de l'armée, que tu n'auras à combattre que des yeux, et que nous t'amènerons demain les drapeaux et les étendarts de l'armée russe pour célébrer l'anniversaire de ton couronnement. » D. L'armée tint-elle parole ? R. Dans cette journée (2 décembre) où trois empereurs assistaient en personne, l'ar

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