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Mais je ne trouve point de couleurs assez noires
Pour en représenter les tragiques histoires.
Je les peins dans le meurtre à l'envi triomphans,i
Rome entière noyée au sang de ses enfans,
Les uns assassinés dans les places publiques,
Les autres dans le sein de leurs dieux domestiques,
Le méchant par le prix au crime encouragé,
Le mari par sa femme en son lit égorgé,
Le fils tout dégouttant du meurtre de son père,
Et, sa tête à la main, demandant son salaire.

D: Que se passait-t-il en Belgique ? R. Le général Lamarche perdait et reprenait Tirlemont, tandis qu'espérant s'attacher par des victoires les bataillons belges que mécontentait le joug autrichien , Dumouriez livrait bataille dans les champs de Neerwinde. Ces champs nous furent fatals : 7ooo Français y trouvèrent ou des fers ou la mort, et le reste abandonna pour chercher un refuge, des contrées dont la conquête avait exigé tant de travaux, de périls et de privations. D. De quel œil le Gouvernement français vit-il ce désastre inattendu ? R. Avec indignation. Rendant ses généraux responsables de leurs défaites, il chargea Beurnonville d'aller avec quatre commissaires s'emparer de Dumouriez; mais celui-ci, qui s'en méfiait, les fit arrêter eux-mêmes, et les - livra aux Autrichiens. Dès-lors il leva le masque, et tenta de séduire les troupes pour renverser le Gouvernement constitutionnel, mais il n'avait point acquis ce suprême ascendant qui subjugue les esprits, et tous les corps refusèrent de seconder ses projets. D. Que devint-il ? R. Ce général qui, dans cette grande occasion, aurait dû prendre pour modèle l'audacieuse activité de Jules-César, se vit réduit à la honteuse nécessité d'aller chercher un asile dans le camp ennemi. Il fut remplacé par le · général Dampierre, officier possédant et mé· ritant la confiance de l'armée. D. Que faisait l'armée d'Allemagne ? R. Elle soutenait avec gloire, mais sans succès, une lutte inégale à Bingen et à Oberflersheim. Forcé dans toutes ses positions, le général Custine brûlait ses magasins, et se rapprochait de la France. D. Le roi d'Espagne ne se joignit-il pas vers ces temps à la coalition ? R. Irrité de la déplorable fin de Louis XVI son parent, il déclara la guerre à la république; celle-ci envoya contre lui le général · Servan, et les armées se rencontrèrent le 51 mars dans la vallée d'Aran. Les Français prirent d'abord la ville de Viella ; mais bientôt ils éprouvèrent un violent échec près de Thuir. Cet échec fut vengé peu de jours après à Baygoris et dans le Val-Carlos. D. Continuez de me raconter cette partie

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Cet avantage fut balancé par la reddition de · Bellegarde que défendaient 9oo Français blo

qués depuis quarante jours, et sur lesquels on avait lancé plus de 8o,ooo bombes ; mais rien ne parvint à ralentir l'ardeur des légions combattant en rase campagne. Elles vainquirent de nouveau à Ispéguy , à Thuir, à Mas-la-Serre, à Mont-Louis, et notamment à Peyrestortes. Dans ce dernier combat, l'ennemi perdit 1 5oo hommes et 4o bouches à feu. D. Que devenait le général Custine ? R. J'ai dit qu'il se rapprochait de la France.

· Ses revers ayant ramené l'ennemi sur la rive

gauche du Rhin, et par suite le général Doyré ayant capitulé dans Mayence avec 22,ooo

hommes, Custine fut arrêté, et traité comme traître à la patrie.

D. L'était-il en effet ?

R. Oui, si c'est l'être que d'être loyalement vaincu.

D. La place de Mayence fit-elle toute la résistance dont elle était capable ?

R. Sa défense, quoique inutile, fut aussi glorieuse que le plus beau triomphe. Le général Doyré n'examina point si toutes les places qui devaient le secourir étaient au pouvoir de l'ennemi, et si lui-même manquait des munitions de guerre et de bouche les plus essentielles. Il se battit en héros jusqu'à la dernière extrémité, et l'on se rappelle que le général Aubert-Dubayet invita un jour à dîner plusieurs officiers supérieurs, parce qu'il avait à leur offrir un très-beau chat entouré d'un cordon de souris. — La reddition de Mayence fut imitée par le fort de Cassel. Ce n'était plus le général Meunier qui commandait ce fort; un boulet avait terminé sa carrière dans une attaque formée contre la grande île de Mars. « Il m'a fait bien du mal, s'écria le roi de Prusse en apprenant sa mort, mais l'univers n'a pas produit un plus grand homme. »

D. La Belgique étant évacuée, que devinrent les places de la frontière du nord ? R. Elles furent déclarées en état de siége et assiégées immédiatement. Valenciennes , que commandait le vieux général Ferrand, se défendit comme Mayence l'avait fait. Le 28 juillet Ferrand capitula, mais après avoir tué 2o,ooo hommes à l'ennemi, sans en avoir perdu lui-même plus de cinq à six cents. D. L'ennemi s'empara-t-il de toutes les places qu'il assiégea ? R. Sommé de rendre celle de Cambrai , le général Declaye répondit qu'il ne savait que se battre, et força, par d'heureuses sorties, les Autrichiens à fuir loin de ses remparts. D. Dunkerque ne fut-il pas assiégé vers le même temps ? R. Victorieux à Linselles, le duc d'Yorck essaya de couper la retraite aux Français, mais il ne put le faire assez précipitamment pour empêcher ceux-ci de se renfermer dans les murs de Dunkerque. Il attendait, pour les en chasser, une flotille de bombardement ; mais les heures qu'il perdit en préparatifs donnèrent le temps au général Houchard de marcher avec 4o,ooo hommes au secours des assiégés. La victoire qui en résulta pour nous,

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