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tout le pays compris entre la Chiesa, l'Oglio et le Pô. Alors, le premier consul quilta l'Italie, et revint à Paris sous des arcs de triomphe.

Reprise des opérations en Allemagne.

D. Que se passait-il en Allemagne? R. Pour forcer le général Kray de sortir du camp retranché d'Ulm, Moreau chargeait le général Decaen de marcher sur Munich; et voyant que Kray ne bougeait pas, il conçut le hardi projet de passer le Danube entre Ulm et l'embouchure du Lech , pour séparer l'ennemi de ses magasins, couper sa ligne d'opération , et le réduire à la nécessité de veair combattre en plaine. D. Quelle est votre idée sur ce projet? R. Celle qu'en avait le général Bulow quand il l'appela « le plan le plus grand et le plus admirable dont l'histoire des guerres modernes fa^ . ^mention. »

D. Le succès répondit-il à l'attente de Moreau?

R. Complétement. Les Autrichiens fuyaient lorsque , voulant mettre en sûreté le général Decaen, qui se trouvait isolé dans Munich, Moreau chargea Lecourbe d'aller les attendre au pont de Neubourg, par lequel ils tenteraient sans doute de déboucher pour marcher au secours de la Bavière. Ils y parurent en effet, et il s'ensuivit un combat où, quoique^ vainqueurs, nous perdîmes ce vaillant La tour-1 d'Auvergne , que les braves avaient justement! surnommé le premier grenadier de la repu-3 blique.

D. De Neubourg, où se porta Lecourbe?

R. Dans le pays des Grisons pour mettre l'armée d'Allemagne en communication avec celle d'Italie.

D. Quelles troupes occupaient ces con trées?

R. Celles de Jellachich. Par d'habiles manœuvres , Lecourbe obligea le général autrichien à sortir de Feldkirch où il s'était retranché; et se rendit, sans de trop grands efforts, maître du Voralberg et de la vallée des Grisons : ce qui, joint à quelques avantages remportés vers Ingolstadt par le général Ney, décida l'ennemi à demander un armistice.

D. Lui fut-il accordé?

R. Oui, et cet armistice fut immédiatement suivi de l'ouverture d'un congrès à Lunéville.

D. Quel en était le but?

R. La paix.

D. Quel en fut le résultat? Ii. La guerre. Comme le premier consul demandait avant tout qu'il fût permis à la France d'envoyer des secours à l'armée cl' 15— gypte, l'Angleterre , dont cette condition contrariait les vues, parvint à rallumer les flambeaux de la discorde.

/). Etions-nous en mesure de soutenir cette nouvelle lutte?

7?. Plus que jamais. À la vérité l'empereur François II et l'archiduc Jean marchaient à la tête de l'armée autrichienne; mais 200,000 hommes d'élite, instruits et commandés par le général Moreau, se trouvaient disposés à tout événement. D. Qui ordonna la reprise des hostilités? R. Bonaparte. Quelques frêles avantages remportés par l'ennemi avaient décidé Moreau à feindre une retraite précipitée. D. Où s'arrêta-t-il?

B. A Hohenlinden, village situé à 8 lieues E. de Munich , et point central entre l'Iser et l'Inn. Le pays est montueux, tourmenté, coupé par des ruisseaux, parsemé de bouquets de bois; et ce n'est qu'après avoir traversé la forêt et dépassé Hohenlinden, qu'on entre dans la plaine qui s'étend jusqu'amj bords de l'Iser. I

D. Quelles positions prit Moreau?

R. Celles que la plaine lui offrait, voulant que pour arriver jusqu'à lui l'ennemi s'engageât tout entier sur le mauvais terrain.

D. L'ennemi donna-t-il dans le piége?

R. Trop présomptueux pour l'apercevoir, il courut aux Français avec une confiance aveugle. Alors Moreau déploya ses phalanges et donna le signal du combat (3 décembre 1800). Il est facile de concevoir l'immense avantage qu'il s'était créé sur l'ennemi. Gêné, rompu, comprimé par une multitude d'obstacles renaissans à chaque pas, celui-ci, qui ne pouvait se défendre qu'à demi, se trouva dès quatre heures du soir forcé de fuir en désordre pour aller se réfugier derrière l'Inn. Alors il avait de moins dans ses rangs 17,000 hommes, deux généraux et 100 pièces de canon. « Ma amis, disait aux autres braves le général Moreau, vous avez conquis la paix; c'est la paix, c'est la paix que nous venons de faire. »

D. .Ne se passait-il rien sur d'autres points?

R. Pour établir de faciles communications entre les armées d'Allemagne et d'Italie, Macdonald gravissait le Splugen et s'emparait du Tyrol; tandis que le général Augereau faisait avec l'armée Gallo-Batave une autre diversion sur le Mein. Les divers engagemens que soutint Augereau donnèrent lieu à différens traits que l'histoire doit conserver. Je n'en citerai qu'un. Deux frères servant deux partis opposés, se reconnurent au fort du combat. Mortellement blessé, le républicain vit son frère s'élancer à son secours. Retire-toi, lui dit-il, je ne puis reconnaître un frère dans celui qui sert contre sa patrie.

D. Quel fruit tira Moreau de la bataille de Hohenlinden ?

R. Un acheminement à la paix. Ayant franchi l'Inn et redoublé l'épouvante des Autrichiens, il consentit à signer, le 25 décembre 18oo, une seconde suspension d'armes qui ne pouvait durer moins d'un mois, et dont la rupture ne pouvait avoir lieu qu'après un avertissement signifié quinze jours à l'avance. Par ce traité, l'Autriche s'engagea à évacuer le pays des Grisons, le Tyrol, la Carinthie, et à nous remettre les places de Braunau et de Wurtzbourg, sans toutefois conserver la faculté d'envoyer des secours à l'armée qu'elle entretenait en Italie.

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