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accomplisse ses desseins!) et l'ennemi de ses ennemis? Les Mamelouks , au contraire , ne se sont-ils pas toujours révoltés contre l'autorité du Grand-Seigneur qu'ils méconnaissent

encore? Ils ne suivent que leurs caprices

Heureux , trois fois heureux ceux qui seront avec nous , ils prospéreront dans leur fortune et leur rang! Heureux ceux qui seront neutres-, ils auront le temps de nous connaître et ils se rangeront avec nous! Mais malheur, trois fois malheur à ceux qui s'armeront pour les Mamelouks et combattront contre nous : il n'y aura d'espérance pour eux ni dans ce monde ni dans l'autre.

D. Quelle autorité résidait au Caire?

R. Celle des deux chefs de l'Egypte, Mourad et Ibrahim Beys. A la nouvelle de la marche des Français, ils rassemblèrent des troupes et les partagèrent- en deux corps. Tandis qu'Ibrahim prenait avec l'un des positions propres à couvrir le Caire du côté de l'orient, Mourad, l'homme le plus brave et le plus ardent de l'Asie , se portait avec l'autre à la rencontre de Bonaparte.

D. Quelle route avait pris ce dernier?

R. Celle du désert par Damanhour. Dans ce trajet, l'armée put se figurer toute l'horreur des positions qui lui étaient réservées. Privée d'eau sous un ciel et sur un sable ardens, elle éprouva d'autant plus les tourmens de Tantale , que par l'effet d'un mirage particulier au sol de l'Egypte, les plaines de sables paraissaient de vastes lacs fuyant avec légèreté le voyageur qui aspirait à les atteindre.

2). Où Bonaparte trouva-t-il les Mamelouks?

R. A Chébreis, où ils l'attendaient à 4o00 environ. Il les y attaqua (16 juillet), secondé par l'artillerie d'une ilotiHe qui le suivait, leur tua beaucoup de monde , et continua sa marche.

D. Où était Mourad-Bey lors de ce combat?

B. Retourné momentanément au Caire pour y prendre des mesures de sûreté publique, il était revenu au village de Giseh dont il faisait sa demeure habituelle. C'est là qu'il apprit la première défaite des Mamelouks. A cette nouvelle, il se remit à la tête des siens qu'il regardait comme la première cavalerie de l'univers,, et se dirigea vers les célèbres pyramides que l'orgueil éleva pour s'éterniser. Bonaparte y arrivait (23 juillet.) «Soldats,

ûit-il, plein d'un noble enthousiasme, songez

que du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent. » Sans doute, il n'est pas de soldat qui ne se remplit de la grandeur de cette pensée, car, au bout de quelques heures, l'armée de Mourad n'existait plus.

D. Que faisait Ibrahim-Bey sur la rive droite du Nil ?

R. A la nouvelle du désastre de Mourad, il leva le camp, rentra au Caire, et persuada au pacha Seid-Abou-Beker de fuir avec lui sur Belbeis. Leur départ fut, pour la populace du Caire, le signal de tous les excès. Bonaparte y mit fin le 25 juillet par l'occupation de la ville, et par l'institution d'un divan spécialement chargé de la police intérieure.

D. Maître de la capitale , qu'ordonna-t-il des provinces ?

R. Il fit occuper celle du Delta par divers corps de troupes, et se mit en mesure de dé jouer toutes les tentatives d'Ibrahim qui, retiré à Bilbeis, paraissait disposé à tenir la campagne.

D. Resta-t-il au Caire ?

R. Il marcha contre Ibrahim qui, à son approche, se retira vers la Syrie. Sachant que ce dernier s'était adjoint, dans sa suite , la riche caravane de la Mecque, Bonaparte laissa

son infanterie, et partit au galop suivi de 4oo cavaliers pour fondre sur les derrières d'Ibrahim. Il l'atteignit à Salahié, et soudain lui livra combat. Ce coup de témérité faillit lui coûter cher. Néanmoins l'ennemi, se remettant en retraite, abandonna l'Egypte et s'enfonça dans le désert. D. Bonaparte s'y jeta-t-il avec lui ? R. Il se contenta d'engager Ibrahim à se soumettre à lui. « Vous pouvez, lui écrivit-il, trouver dans ma générosité la fortune et le bonheur que le sort vient de vous ravir. » Mais refusant toute espèce d'offres, Ibrahim se dirigea sur Saint-Jean-d'Acre. D. Que fit alors Bonaparte ? R. Il rassembla l'armée et revint au Caire. En y arrivant, il apprit que, victime d'une série de fautes inconcevables, l'amiral Brueys, attaqué par Nelson, venait de périr avec sa flotte dans la rade d'Aboukir (14 août.) Loin d'en être altéré, il sembla voir s'agrandir son courage. « Nous n'avons plus de flotte, dit-il ; eh bien! il faut rester dans ces contrées, ou en sortir grands comme les anciens. » D. Que devenaient les artistes et les savans dont vous avez parlé? R. Tous s'occupaient dans les provinces conquises de recherches du plus haut intérêt.

Voulant toutefois donner à cet admirable corps une centralisation qui lui manquait, le général

en chef créa dans la ville du Caire un institut

dont il se nomma vice-président. Cet établisse

ment fondé, Bonaparte chargea le général .

Desaix d'aller conquérir la Haute-Egypte. D. Que s'y passait-il ? . R. Echappé au désastre des Pyramides, , Mourad en avait soulevé toute la population.

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multitude de Bedouins et de Mamelouks · venus de toutes parts pour lui offrir leurs

services. Alors, quoique conquise, la Basse- |

Egypte était, comme l'Egypte supérieure, en , insurrection complète. Desaix n'en partit pas moins ; après des fatigues inouies, il atteignit Mourad-Bey près de Sediman (6 octobre). D. Quelle était la force de l'ennemi ? R. 12,ooo contre 2ooo. D. Que sit Desaix ? R. Non moins audacieux qu'habile, il oublia le nombre pour ne songer qu'à vaincre. Ecrasés partout, les Mamelouks se mirent · dans un tel excès de fureur, que la plupart

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