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rade, longèrent les eôtes de Provence , passèrent à la vue du cap Corse, côtoyèrent la Sicile, et se portèrent devant l'île de Malte. Comme il entrait dans le plan du général en chef de s'emparer de cette île , Bonaparte fit demander au grand-maître de l'ordre de Malte, la permission de faire entrer l'escadre dans le port pour y faire de l'eau; mais, tout en protestant de son amitié pour la France , celui-ci répondit qu'il ne pouvait y consentir, attendu que par cette condescendance l'île entière se trouverait sans nécessité à la discrétion des Français.

D. De quel œil Bonaparte vit-il cette réponse?

JR. Comme il lui fallait au moins un prétexte pour attaquer une puissance amie, il déclara qu'il voyait dans la réponse du grandmaître un outrage à la loyauté républicaine, et qu'il allait se préparer à le venger.

D. Quelle était la force des Maltais?

R. 7000 hommes environ. Mais un grand nombre de chevaliers avaient promis de seconder les Français, et il ne craignit point d'effectuer sa menace. En peu d'heures, tout fut forcé excepté les remparts de Malte. Si l'on en croit l'un des baillis de l'ordre , Bonaparte refusa de faire bombarder cette ville, par la raison que des conspirateurs maltais .avaient juré de massacrer tous les chevaliers à la chute de la première bombe.

D. Maître de Malte, que fit le général en chef?

R. Il supprima l'ordre de Saint-Jean-deJérusalem , s'empara des trésors de son église, remit au général Vaubois des instructions pour gouverner et défendre l'île, remonta sur sa flotte et fit voile pour Alexandrie.

D. L'amiral Nelson n'avait-il point avis de la marche des Français?

11. Cet avis lui était parvenu, mais avec quelque retard. Il était néanmoins à leur poursuite ; et il est mille fois certain qu'ils auraient échoué devant Malte s'il y était arrivé en même temps qu'eux.

D. Quel jour l'escadre française arriva-t-elle devant Alexandrie?

R. Le iet juillet. Avant de débarquer, Bonaparte fit connaître aux soldats la conduite qu'ils avaient à tenir parmi les peuples de l'Egypte. « Leur premier article de foi est celui-ci, dit-il : Il n'y a pas d'autre Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète. Ne les contredites pas; agissez avec eux comme vous avez agi avec les Juifs et les Italiens; ayc? des égards pour leurs muphtis et leurs imans, comme vous eu avez eu pour les rabbins et les évêques; ayez pour les cérémonies que prescrit l'Alcoran, pour les mosquées, la même tolérance que vous avez eu pour les couvens, pour les synagogues, pour la religion de Moïse et de Jésus-Christ?....»

D. Rien ne s'opposa-t-il au débarquement?

R. Comme on se préparait à l'effectuer, les croisières signalèrent un bâtiment ennemi. «Fortune, s'écria Bonaparte, m'abandonnerais-tu? » Mais ce bâtiment n'était autre chose qu'une frégate française arrivant de Malte où elle était restée pour les,affaires intérieures de l'île.

D. Où l'armée débarqua-t-elle?

R. Sur la plage de Marabou, peu distante / d'Alexandrie. À peine Bonaparte eut-il pris terre qu'ihnaFcha contre la place. Elle était défendue par Sidi-Mohammed-el-Coraïm , homme possédant par sa servilité la confiance des beys, mais n'ayant aucune des qualités essentielles pour la justifier dans un moment critique. Alexandrie fut emportée d'assaut ( 2 juillet) , et pour donner à sa conquête une solennité plus grande, Bonaparte fit inhumer ses morts au pied de la colonne de Pompée.

D. Que devint Coraïm?

R. Trompé par Bonaparte, qui s'annonçait comme agissant de concert avec le GrandSeigneur, il jura fidélité à la république française , et conserva , sous l'autorité immédiate du général Kléber, le commandement de la place d'Alexandrie.

D. Où se porta l'armée après la prise d'Alexandrie?

R. Sur le Caire. Le gros de l'escadre ne pouvant s'engager dans le Nil, Bonaparte chargea l'amiral Brueys de l'embosser dans la rade d'Aboukir, s'il croyait pouvoir s'y défendre , ou, dans le cas contraire , de partir pour Corfou. L'amiral embossa.

D. Parlez-moi de l'amiral Nelson?

R. Précipitant sa marche, il avait précédé Bonaparte devant Alexandrie; mais bien qu'il s'annonçât comme arrivant au secours de l'Egypte, Coraïm crut voir en lui le véritable invascur, et lui refusa nettement l'entrée du port. Il se retira sur Alexandrette.

D. Quel était le-plan de Bonaparte?

R. De rendre les Mamelouks en horreur au peuple. «Depuis trop long-temps , dit-il dans une proclamation aux Egyptiens, ce ramassis d'esclaves achetés dans le Caucase et

la Géorgie tyrannise la plus belle partie du monde ; mais Dieu, de qui dépend tout, a ordonné que leur empire finît. Peuples de l'Egypte, on vous dira que je viens pour détruire votre religion, ne le croyez pas ; répondez que je viens vous restituer vos droits, punir les usurpateurs, et que je respecte plus que les Mamelouks, Dieu, son Prophète et le Coran..... Quelles vertus distinguent les Mamelouks pour qu'ils aient exclusivement tout ce qui rend la vie aimable et douce ? Y a-t-il une belle terre, elle appartient aux Mamelouks ? Y a-t-il une belle esclave, un beau cheval, une belle maison, tout cela appartient aux Mamelouks ? Si l'Egypte est leur ferme, qu'ils montrent le bail que Dieu leur en a fait ?..... Il y avait parmi vous de grandes villes, de grands canaux, un grand COIIlmerce : qui a tout détruit, si ce n'est l'avarice, les injustices et la tyrannie des Mamelouks? Cadhys, Scheicks, Imans,Tchorbadjys, dites au peuple que nous sommes aussi de vrais Musulmans. N'est-ce pas nous qui avons détruit les chevaliers de Malte, parce qu'ils voulaient faire la guerre aux Musulmans ? N'est-ce pas nous qui avons été dans tous les temps les amis du Grand-Seigneur (que Dieu

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