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complétement organisée dans son port, une escadre portant 1 o,ooo hommes de mer et 56,ooo de débarquement. D. Le vainqueur de l'Italie ne voyait-il dans la conquête de l'Egypte qu'un avantage purement commercial ? R. Plus grand dans ses desseins, il voulait que Minerve partageât avec Mercure les faveurs de la Victoire; et il obtint du gouvernement un certain nombre de savans et d'artistes pour observer avec fruit tout ce que le berceau du monde offrait d'utile et de curieux. D. Quelles bornes mit-on à la confiance dont Bonaparte était l'objet ? R. Aucune. Cette confiance fut même portée si loin qu'on le laissa maître de choisir, dans toutes les armées de la république, les généraux et les régimens dont il lui plairait de se faire accompagner. Ce fut une grande faute : retirant à la France ce qu'elle avait de plus redoutable, il la mit pour ainsi dire à la discrétion de l'étranger. D. Que pensait l'Angleterre des armemens faits dans Toulon ? R. Bien que divers journaux français eussent levé le coin du voile, elle les croyait des

tinés ou à une descente en Grande-Bretagne, - /

ou à la délivrance d'une flotte espagnole blo . quée dans le port de Cadix; et pour être également en mesure dans les deux cas, elle garnissait ses côtes de toutes ses forces de terre, et chargeait l'amiral Nelson de couvrir Cadix en se portant avec sa flotte au-delà du détroit de Gibraltar.

D. Où était Bonaparte ?

R. A Paris. Muni des instructions du Directoire, il en partit, le 5 mai, pour se rendre à Toulon. C'est là qu'il fit connaître aux soldats les grandes destinées qu'ils avaient à remplir. « Vous êtes, leur dit-il, une des ailes de l'armée d'Angleterre. Vous avez fait la guerre de montagnes, de plaines , de siéges, il vous reste à faire la guerre maritime...... Les légions romaines que vous avez quelquefois imitées, mais point encore égalées, combattaient Carthage tour-à-tour sur cette même mer et aux plaines de Zama...... Le génie de la liberté qui a rendu dès sa naissance, la république l'arbitre de l'Europe, veut qu'elle le soit encore des mers et des nations les plus loin, taines. »

D. Quel jour fut marqué pour le départ ?

R. Le 19 mai 1798.Ce jour, l'escadre et ses 4oo bâtimens de transport, sortirent de la

rade, longèrent les côtes de Provence, passèrent à la vue du cap Corse, côtoyèrent la Sicile, et se portèrent devant l'ile de Malte. Comme il entrait dans le plan du général en chef de s'emparer de cette île, Bonaparte fit demander au grand-maître de l'ordre de Malte, la permission de faire entrer l'escadre dans le port pour y faire de l'eau ; mais, tout en protestant de son amitié pour la France, celui-ci répondit qu'il ne pouvait y consentir, attendu que par cette condescendance l'ile entière se trouverait sans nécessité à la discrétion des Français. . D. De quel œil Bonaparte vit-ilcette réponse? R. Comme il lui fallait au moins un prétexte pour attaquer une puissance amie, il déclara qu'il voyait dans la réponse du grandmaître un outrage à la loyauté républicaine, et qu'il allait se préparer à le venger. D. Quelle était la force des Maltais ? R. 7ooo hommes environ. Mais un grand nombre de chevaliers avaient promis de seconder les Français, et il ne craignit point 'effectuer sa menace. En peu d'heures, tout fut forcé excepté les remparts de Malte. Si · l'on en croit l'un des baillis de l'ordre, Bonaparte refusa de faire bombarder cette ville,

par la raison que des conspirateurs maltais . avaient juré de massacrer tous les chevaliers à la chute de la première bombe. D. Maître de Malte, que fit le général en chef ? R. Il supprima l'ordre de Saint-Jean-deJérusalem, s'empara des trésors de son église, remit au général Vaubois des instructions pour gouverner et défendre l'ile, remonta sur sa flotte et sit voile pour Alexandrie. D. L'amiral Nelson n'avait-il point avis de la marche des Français ? R. Cet avis lui était parvenu, mais avec quelque retard. Il était néanmoins à leur poursuite ; et il est mille fois certain qu'ils auraient échoué devant Malte s'il y était arrivé en même temps qu'eux. · D. Quel jourl'escadre française arriva-t-elle devant Alexandrie ? R. Le 1" juillet. Avant de débarquer, Bonaparte fit connaître aux soldats la conduite qu'ils avaient à tenir parmi les peuples de l'Egypte. « Leur premier article de foi est celui-ci, dit-il : Il n'y a pas d'autre Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète. Ne les contredites pas ; agissez avec eux comme vous avez agi avec les Juifs et les Italiens; ayez

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des égards pour leurs muphtis et leurs imans, comme vous en avez eu pour les rabbins et les évêques; ayez pour les cérémonies que prescrit l'Alcoran, pour les mosquées, la même tolérance que vous avez eu pour les couvens, pour les synagogues, pour la religion de

D. Rien ne s'opposa-t-il au débarquement ? R. Comme on se préparait à l'effectuer, les croisières signalèrent un bâtiment ennemi. « Fortune, s'écria Bonaparte, m'abandonnerais-tu ? » Mais ce bâtiment n'était autre chose qu'une frégate française arrivant de Malte où elle était restée pour les affaires intérieures de l'ile. , , • D. Où l'armée débarqua-t-elle ? R. Sur la plage de Marabou, peu distante d'Alexandrie. A peine Bonaparte eut-il pris terre qu'il marcha contre la place. Elle était défendue par Sidi-Mohammed-el-Coraïm , homme possédant par sa servilité la confiance des beys, mais n'ayant aucune des qualités essentielles pour la justifier dans un moment critique. Alexandrie fut emportée d'assaut (2 juillet), et pour donner à sa conquête une solennité plus grande, Bonaparte fit inhumer ses morts au pied de la colonne de Pompée.

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