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opinions divisaient son armée, des murmures s'élevèrent parmi les soldats, et bientôt toute l'escadre fut en insurrection.

D. Que prétendaient les rebelles?

R. Se joiudre aux Anglais, et c'est à quoi l'amiral Storv fut lui-même entraîné.

D. Que fit Brune dans cette conjecture?

R. Comme les vents contraires retardaient encore l'arrivée des Russes, il conçut l'espoir de battre les Anglais et les attaqua sur la digue de Zyp. Notre infanterie venait de prendre la fuite, lorsque le duc d'Yorck se présenta suivi de nombreux renforts. C'était près de Bergen. Pour ne pas laisser aux Français le temps d'en recevoir eux-mêmes, il reprit l'offensive le 19 septembre; mais cette fois la victoire lui fut infidèle, et ses 35,000 hommes furent complétement défaits par les 25,o00 républicains.

D. Tous les 35,o00 hommes étaient-ils Anglais?

R. On comptait parmi eux r3,00o Russes amenés par le général Herman. Ce général fut tellement indigné de la conduite de ses alliés dans cette affaire, qu'il écrivit sur-lechamp au duc d'Yorck ; Générnl-duc, nous aurions infailliblement gagné la iataitte si les *4nglais m'avalent secondé, mais vous ne commandez qu'à des lâches; et cette opinion s'était si fortement accréditée chez les Russes, que les prisonniers de cette nation demandaient comme une grâce de n'être pas confondus avec les Anglais.

D. Comment les Français se conduisirentils envers les vaincus?

R. Avec tant de grandeur qu'ils s'en firent -adorer. Un officier gourmandant un soldat sur ce qu'il oubliait ses propres besoins pour ne songer qu'aux blessés ennemis : A-t-on faim, répondit le soldat, quand il reste de belles actions à faire?

D. Battu à Bergen , le duc d'Yorck ne pritil pas sa revanche?

R. Pour son malheur il nous enleva l'excellente position d'Alkmaer. Alors le général Brune l'attaqua dans sa conquête , et le défit de telle sorte qu'il fut réduit à demander une capitulation.

D. A quelle condition I'obtint-il? M. D'évacuer, pour le 3o novembre, toutes les parties du territoire batave , d'en laisser les Français libres et tranquilles possesseurs, de consentir à un échange de prisonniers, et de renvoyer, sans leur permettre aucun débarquemeftt, tous les vaisseaux qui viendraient avec des renforts pour l'armée combinée.

GUERRE DÉGYPTE.

D. Avant dompté le continent, de quoi s'occupa le Directoire?

R. De fonder, en Egypte, une colonie puissante pour rendre cette belle contrée l'entrepôt du commerce de la France avec l'Inde.

D. A qui le Directoire en dût-il l'idée?

R. A Bonaparte, qui la conçut pendant les négociations de Campo-Formio. Ce général avait fait venir dé Milan ceux des ouvrages de la bibliothèque Ambroisienne qui traitaient de cette matière; et l'on s'aperçut, lorsqu'il les rendit, qu'ils étaient tout couverts de notes aux pages les plus relatives à ses vues.

D. A qui le Directoire confia-t-il le commandement de l'expédition?

R. A Bonaparte. Maître absolu des mesures à prendre, Bonaparte avait comme a ses ordres, les ministres de la guerre , des finances et de la marine. Par la prodigieuse activité de ses soins, Toulon vit, eu moins de deux mois,

complétement organisée dans son port, une escadre portant 10,000 hommes de mer et 56,00o de débarquement.

D. Le vainqueur de l'Italie ne voyait-il dans la conquête de l'Egypte qu'un avantage purement commercial?

il. Plus grand dans ses desseins, il voulait que Minerve partageât avec Mercure les laveurs de la Victoire; et il obtint du gouvernement un certain nombre de savans et d'artistes pour observer avec fruit tout ce que le berceau du monde offrait d'utile et de curieux.

D. Quelles bornes mit-on à la confiance dont Bonaparte était l'objet?

R. Aucune. Cette confiance fut même portée si loin qu'on le laissa maître de choisir, dans toutes les armées de la république, les généraux et les régimens dont il lui plairait de se faire accompagner. Ce fut une grande faute: retirant à la France ce qu'elle avait de plus redoutable, il la mit pour ainsi dire à la discrétion de l'étranger.

D. Que pensait l'Angleterre des armemens faits, dans Toulon?

R. Bien que divers journaux français eussent levé le coin du voile, elle les croyait destinés ou à une descente en Grande-Bretagne, ou à la délivrance d'une flotte espagnole blo quée dans le port de Cadix; et pour être également en mesure dans les deux cas, elle garnissait ses côtes de toutes ses forces de terre, et chargeait l'amiral Nelson de couvrir Cadix en se portant avec sa flotte au-delà du détroit de Gibraltar.

D. Où était Bonaparte?

R. A Paris. Muni des instructions du Directoire, il en partit, le 3 mai, pour se rendre à Toulon. C'est là qu'il fit connaître aux soldats les grandes destinées qu'ils avaient à remplir, t Vous êtes, leur dit-il, une des ailes de l'armée d'Angleterre. Vous avez fait la guerre de montagnes, de plaines, de siéges, il vous reste à faire la guerre maritime Les légions romaines que vous avez quelquefois imitées , mais point encore égalées , combattaient Carthage tour-à-tour sur cette même mer et aux plaines de Zama Le génie de la liberté qui a rendu dès sa naissance, la république l'arbitre de l'Europe, veut qu'elle le soi t encore des mers et des nations les plus lointaines. »

D. Quel jour fut marqué pour le départ? R. Le 19 mai 1798. Ce jour, l'escadre et ses 400 bâtimens de transport, sortirent de la

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