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détruit en sa faveur l'équilibre européen, chargeait le prince Charles de marcher contre les Français, et fondait l'espoir de reconquérir ce qu'il avait perdu sur la coopération de cette armée avec celle de Suworow qui s'avançait à grands pas vers la Suisse. D. Quelles mesures prit le directoire ? R. Il consia un corps d'armée considérable à chacun des généraux Jourdan, Bernadotte et Masséna. Jourdan les commandait tous trois en chef. Le premier était placé sous Mayence, le second sur le Haut-Rhin, le troisième dans les montagnes de la Suisse. D. Quel fut le premier mouvement de ces trois corps ? R. L'occupation de Manheim et le blocus de Philipsbourg par Bernadotte, le passage du Rhin sur le pont de Kehl par Jourdan, un combat sanglant à Reichenau par Masséna. D. Comment manœuvrait l'archiduc ? R. De manière à ce que sa gauche tînt Jourdan et Masséna totalement séparés par le lac de Constance. D. Détaillez-moi les opérations de nos divers généraux ? - - R. Voyant qu'un corps ennemi voulait couper ses communications avec le Rhin, Mas

séna l'écrasa près de Steig, et acheva de le détruire en avant de Coire, où il s'était retiré. D. Qui vint au secours du corps défait ? R. Le général Hotze, qui occupaitFeldkirch. Il fut battu lui-même et forcé de rentrer dans ses retranchemens. Oudinot l'y attaqua, mais vainement, huit jours après (14 mars 1799.) D. Que faisait Jourdan ? R. Battu sur l'Ortrack, où quelques succès

, l'avaient porté, il se reployait entre le Danube

et le lac de Constance. D. L'archiduc n'inquiétait-il pas sa retraite? R. Il commit la faute de ne pas le faire, et

donna par son éloignement au général Masséna

· la facilité d'attaquer de nouveau les retranq

chemens de Feldkirch. D. Masséna réussit-il ? R. Il perdit, sans fruit, 2ooo hommes au

pied des ouvrages, et se vit, par un mouve

ment de Jourdan sur Engen, forcé de repas

ser le Rhin pour occuper le pays des Grisons. D. Que faisait Jourdan ? R. Des traits mille fois répétés d'une valeur inutile. Battu à Stockach (25 mars), il quitta cette position pour se reployer par Schaffhausen vers les Montagnes-Noires. La situation

· de son corps d'armée était si désespérante,

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qu'il donna sa démission pour n'avoir plus sous les yeux tous les genres de calamités : Masséna eut dès-lors le commandement en chef.

D. Comment opéra Masséna ? '

· R. Comme on devait l'attendre d'un général tel que lui. Secondé par Lecourbe, Menard, Soult, Humbert, Oudinot, Molitor, il battit l'ennemi à Zernetz, à Lucisteig et sur le lac de Lucerne. -

D. L'archiduc ne remporta-t-il aucun avantage ? - · · · .

R. Malheureusement pour nous il réattaqua le général Humbert dans Lucisteig, et nous rendit désormais impossible l'occupation du pays . des Grisons. Masséna s'en vengea sur la rive gauche de la Thur. Par lui, les Autrichiens

· furent taillés en pièces, et deux de leurs

princes tombèrent en nos mains. · D. Masséna conserva - t - il long-temps la position qu'il avait conquise ? R. Jusqu'au lendemain. Se voyant sur le point d'être tourné, il en partit pour se reployer successivement sur les rives de la Toss, et dans le camp retranché de Zurich. . D. L'ennemi le poursuivit-il ? | R. Oui, et très-ardemment. C'est là que

Masséna vengea sa gloire offensée (2 juin. ) Par lui, les Autrichiens furent chassés avec une perte énorme de Waltiker, de Zoliken et de Ripach.

D. Quels mouvemens faisait le général Lecourbe ? R. Il s'emparait de la vallée d'Urseren pour appuyer la droite de notre ligne. D. Et l'archiduc ? R. Il venait camper sur la rive orientale , du lac de Zurich. D. Si près de l'ennemi, que fit Masséna ? R. Il sortit de ses retranchemens pour attaquer l'archiduc : ce coup audacieux n'eut · aucun succès. Repoussé, Masséna dut abandonner ses ouvrages et la ville, pour se porter sur les montagnes de l'Albis. D. Que fit alors le prince autrichien ? R. Il conçut le projet de se joindre à l'armée de Suworow, qui n'était plus qu'à une légère distance; mais il en fut constamment empêché, et, de dépit, le prince quitta la Suisse avec une forte partie de son armée pour aller secourir les villes de Philipsbourg et de Manheim, qui étaient vivement pressées par Bernadotte. D. Où était Suworow ?

R. Au pied du mont Saint-Gothard. A l'aspect de ces pics sourcilleux, les Russes encore tout enchantés du ciel de l'Italie , déclarèrent nettement à leur général qu'ils refusaient d'avancer. Pour toute réponse, Suworow fit creuser une fosse sur le chemin qu'il fallait suivre, se dépouilla de ses vêtemens et s'y coucha de son long. Couvrez-moi de terre, dit-il aux rebelles, et abandonnez votre général; vous n'êtes plus mes enfans, je ne suis plus votre père, je n'ai plus qu'à mourir. D. Quel fut l'effet de ce bizarre discours R. De faire tomber l'armée russe aux genoux de son chef : inondés des pleurs du repentir, tous les soldats demandèrent qu'on les conduisît aux Français par les sommets les plus escarpés du Saint-Gothard. D. Qu'entreprit Masséna pour n'être point froissé par la concentration qui se préparait ? R. De faire attaquer, par les 12oo hommes du général Molitor, les 6ooo Autrichiens du général Hotze. Les Français occupaient des hauteurs. Leurs munitions étant épuisées , ils lancèrent du sommet des monts des rochers qui écrasèrent l'ennemi sous le poids

de leurs masses bondissantes. Alors Masséna #

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