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S. M. la plus grande surprise et les plus viss regrets. · S. M. n'ignoroit pas la nature des engagemens secrets auxquels la Russie avoit été forcée de souscrire pendant les conférences de Tilsit; mais elle espéroit qu'en jelant un nouveau coup d'oeil sur les transactions de celle malheureuse négociation, et en appréciant convenablement les effets qu'elle doit produire sur la gloire du nom russe et sur les intérêts de l'empire de Russie, S. M. I. auroit cherché à se soustraire aux nouveaux conseils et aux liaisous qu'elle avoit adoptés dans un moment d'alarme et d'abattement, et seroit revenue à des principes politiques plus analogues à ceux qu'elle avoit si iuvariablement professés, et plus propres à assurer l'honneur de sa couronne et la prospérité de ses états.

C'est à cet espoir qu'il faut attribuer la patience et la modération apportées par S. M. dans toutes ses relations diplomatiques avec la cour de Saint-Pélersbourg depuis la paix de Tilsit.

S. M. avoit de fortes raisons de concevoir des soupçons et des sujets de plaintes ; mais elle s'est abstenue de tout reproche. S. M. a cru nécessaire de demander des explications relativement à certains arrangemens conclus avec la France, et dont le se- · cret qn'on en faisoit à S. M. ne pouvoit que la confirmer dans les soupçons qu'elle avoit déjà conçus sur leur caractère et leur objet. S. M. n'en voulut pas moins que celle demande d'explication fût faile, non seulement sans aigreur ou sans démonstrations hos

de Buona parte, dont on y reconnoît le style et le raisonnement. Le dernier est presque toujours remplacé par la déclamation; rarement on y trouve quelques faits ;, nous aurons soin de les placer en note.

tiles, mais encore qu'elle fût accompagnée d'égards pour les sentimens et la situation de l'empereur de Russie, égards que commandoit le souvenir d'une ancienne amitié et d'une confiance interrompue, mais non détruite. · La déclaration de l'empereur de Russie prouve que le but de la patience et de la modération de S. M. a été manqué; elle prouve malheureusement que l'influence de cette puissance , également et essentiellement l'ennemie de la Grande-Bretagne et de la Russie , a pris un ascendant décidé dans les conseils du cabinet de Saint-Pétersbourg, et a pu exciter une inimitié sans cause entre deux nations, dont les anciennes liaisons et l'intérêt mutuel leur prescrivoient l'union et la coopération les plus intimes.

S. M. déplore vivement l'extension des calamités de la guerre; mais forcée comme elle l'est de se déTendre contre un acte d'hostilité non provoqué, elle désire fortement de réfuter aux yeux du monde entier les prétextes par lesquels on cherche à juslifier cet acte.

La déclaration affirme que l'empereur de Russie a pris deux fois les armes dans une cause qui intéressoit plus directement la Grande-Bretagne qu'ellemême , et fonde sur cette assertion le reproche qu'elle fait à l'Angleterre d'avoir négligé de seconder et d'appuyer les opérations militaires de la Russie.

S. M. rend volontiers justice aux motifs qui ont originairement engagé la Russie dans la guerre contre la France; S. M. avoue tout aussi volontiers l'intérêt que la Grande-Bretagne a toujours pris au sort et à la prospérité des puissances du continent; mais il seroit sûrement difficile de prouver que la

Grande-Bretagne, qui étoit elle-même en état de guerre avec la Prusse , lorsque les bostilités ont commencé entre la Prusse et la France, avoit un intérêt et des obligations plus directes que l'empereur de Russie à épouser la querelle de la Prusse , surtout lorsque l'on considère que l'empereur de Russie étoit l’allié de S. M. Prussienne , le protecteur du nord de l'Europe, et le garant de la constitution germanique.

Ce n'est point dans une déclaration publique que S. M. peut discuter s'il a été ou non conforme à la politique d'effectuer, à quelque époque que ce soit de la guerre, ou d'omettre d'effectuer des débarquemens de troupes sur les côtes de Naples. Mais la guerre avec la Porte paroît à S. M. encore plus singulièrement choisie pour appuyer contre la Grande-Bretagne un reproche d'indifférence aux intérêts de son allié; car il est hors de doute que celle guerre a été entreprise par la Grande-Bretagne, à l'instigation de la Russie, et dans le seul objet de défendre les intérêts de celle-ci contre l'influence de la France'.

Si cependant la paix de Tilsit doit être considérée comme la conséquence et la punition de l'inacti.

Nous devons convenir que la note du Moniteur qui répond à ce paragraphe, nous paroît très - forte en raison. Elle observe que, s'il avoit été vrai que la Grande-Bretagne ne faisoit pas la guerre à la Porte dans des vues intéressées, l'escadre angloise qui a forcé les Dardanelles se seroit combinée avec l'escadré russe ; qu'elle auroit pris à bord les 10,000 hommes qui ont été envoyés en Egypte et les 12,000 Russes de Corfou; que, dans ce cas, l'attaque de Constantinople eût été véritablement une diversion efficace pour la Russie;

vité qu'on impute à la Grande-Bretagne, S. M. ne peut que regreiter que l'empereur de Russie ait adopté si precipitamment une mesure aussi fatale , au moment où il avoit reçu des assurances formelles que S. M. faisoit les plus grands efforts pour remplir l'altente de son allié, assurances que S. M. I. avoit reçues avec des marques apparentes de confiance et de satisfaction ; et, au moment où S. M. étoit en effet préparée à employer, pour le but commun de la guerre, les mêmes forces qu'après la paix de Tilsit, elle s'est vue dans la nécessité d'employer pour déconcerter une combinaison dirigée contre ses propres intérêts et sa sécurité immédiale.

La vexation du commerce russe par la GrandeBretagne n'est guère qu'un reproche imaginaire.

tandis qu'après avoir subi à Constantinople une bonte ineffaçable , elle fit son expédition d’Egypte, qui n'affoiblissoit pas le grand-visir d'un seul homme, et qui n'avoit rien de commun avec la querelle dans laquelle la Russie étoit enveloppée. En parlant des secours promis par l'Angleterre, le Moniteur dit : « Ces secours, il falloit les faire marcher lorsque Dantzig étoit encore dans la possession de Kalkreuth. Si, aux 12,000 hommes qui ont mis bas les armes et capitulé dans les rues de BuenosAyres, l'Angleterre avoit joint les 15,000 hommes qui depuis ont incendié Copenhague, la Russie n'auroit pas à se plaindre. » — « Qu'ont produit les efforts de l’Angleterre ? L'arrivée de 6000 Hanovriens à l'île de Rügen au mois de juillet, c'est-à-dire un mois après que la querelle étoit terminée. N'étoit-il pas évident qu'une si misérable expédition avoit été conçue dans le seul but d'occuper le Hanovre , si l'armée russe avoit été victorieuse ?»—«Ce n'étoit pas au mois de juillet qu'il falloit envoyer des secours, c'étoit au mois d'avril. »

Après des recherches faites par ordre de S. M. dans les archives de la cour de l'amirauté, on n'a pu découvrir qu'un seul exemple de condamnation d'un bâtiment véritablement russe, pendant le cours de la guerre actuelle, et ce bâtiment avoit porté des munitions navales dans un port de l'ennemi commun. Il existe peu d'exemples de bâtimens russes détenus, et on ne voit, en aucun cas, que la justice ait été refusée aux parties qui se sont plaintes régulièrement d'une telle détention. S. M. est donc aussi surprise qu'affligée que l'empereur de Russie ait condescendu à produire une plainte qui, ne pouvant être sérieusement sentie par ceux en faveur de qui elle est alléguée, pourroit paroître destinée à appuyer les déclamations exagérées, par le moyen desquelles la France a toujours cherché à exciter la jalousie des autres pays, et à justifier sa haine invétérée contre la GrandeBretagne.

La paix de Tilsit a été suivie, de la part de l'empereur de Russie, de l'offre de sa médiation pour la conclusion de la paix entre la Grande-Bretagne et la France, médiation qu'on affirme avoir été refusée par S. M.

S. M. n'a point refusé la médiation de l'empereur de Russie, quoique cette offre fût accompagnée de circonstances qui auroient pu justifier son refus. Les articles du traité de Tilsit ne furent point communiqués à S. M., et particulièrement l'article en vertu duquel la médiation étoit proposée, et qui prescrivoit un temps limité pour le relour de la réponse de S. M. à cette proposition : cependant la réponse de S. M. ne fut pas un refus ; elle ne fut qu'une acceptation conditionnelle. Les conditions requises par S. M. furent une exposition des bases sur lesquelles

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