Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

France, d'occuper, avec une force militaire, le territoire du Holstein, à l'effet de fermer à la GrandeBretagne les canaux ordinaires de ses communications avec le continent; d'engager ou de forcer la cour de Danemark à fermer également le passage du Sund au commerce et à la navigation de l'Angleterre, et de s'assurer ainsi de la marine danoise

our opérer des débarquemens sur le territoire

ritannique.

Persuadée de l'authenticité des sources dans lesquelles cette nouvelle avoit été puisée , S. M. la voyoit confirmer de plus en plus par les déclarations notoires et réitérées de l'ennemi, par l'occupation récente des villes et des territoires des autres états neu très, ainsi que parles préparatifs faits pour rassembler des forces hostiles sur les frontières du territoire continental deS..M. Danoise. S. M., malgré la certitude de ces informations, se seroit abstenue volontiers d'agir en conséquence, jusqu'à ce que le projet de l'ennemi, découvert aux yeux du monde entier, rendit universellement manifeste la nécessité d'avoir recours aux armes.

S. M. n'y a point eu recours aussi long-temps que l'imminence des dangers a pu être révoquée en doute, ou que l'on a conservé l'espoir que le Danemark auroit les moyens ou la volonté de résister* mais elle ne pouvoit oublier que, lorsqu'à la fin de la dernière guerre, la cour de Danemark prit part à une confédération hostile contre la Grande-Bretagne, les motifs énoncés par cette cour pour justifier la rupture impardonnable d'une neutralité que S. M. n'avoit cessé de respecter, éloient fondés sur l'impossibilité de s'opposer à l'action d'une influence; étrangère, et de braver les menaces d'une puissance formidable et voisine. Ce degré d'influence qui fixa les résolutions du Danemark au mépris des engagemens positifs et solennels qu'il aveit contractés seulement depuis six mois , S. M. né pou voit s'empêcher de le comparer au nouveau degré d'action que la France pouvoit donner au même sytème d'épouvante, après avoir soumis des royaumes et rassemblé sous ses drapeaux la population de plusieurs nations.

Si le péril étoit certain, il n'étoit pas moins imminent. Déjà l'armée destinée à l'invasion du Holstein se rassembloit sur le territoire neutre de Hambourg; et le Holstein une fois occupé, l'île de Séelande étoit à la merci de la France , et la marine danoise à sa disposition.

Une escadre angloise auroit pu , à la vérité, pénétrer dans la Baltique, et arrêter pour un temps les mouvemens des vaisseaux danois; mais la saison auroit bientôt rendu cette précaution inutile : l'escadre de S. M., forcée de se retirer, auroit laissé les François accumuler avec une parfaite sécurité des moyens d'attaque contre les domaines de S. M.

S. M., forcée par ces circonstances , de pourvoir à sa sûreté, demanda le seul gage qui pût la lui garantir, c'est-à-dire la possession momentanée de cette flotte, qui engageoit la France à presser le Danemark de déclarer la guerre à la Grande-Bretagne. En faisant cette demande , S. M. offroit toutes les conditions qui pouvoient faire sentir à la cour de Danemarck combien un pareil arrangement etoit d'accord avec ses intérêts. G'étoit au Danemark à dire lui-même les conditions qu'il pouvoit désirer.

Si le Danemark eût craint que la France ne regardât cet arrangement comme un acte de conuivence, S. M. auroit envoyé des forces assez considérables pour justifier, aux yeux même de la France, la cession de la flotte , en rendant toute opposition inutile.

Si le Danemark eût été réellement prêt à résister aux prétentions de la France et à maintenir son indépendance , S. M. l'auroit secouru de ses forces militaires et navales , de ses moyens pécuniaires. Elle lui auroit enfin garanti l'intégrité de son territoire européen, la possession et l'accroissement de ses colonies.

S. M. est sincèrement et douloureusement affligée qu'il ait fallu avoir recours aux armes pour l'exécution d'un acte nécessaire à la sûreté de ses domaines. L'état et les circonstances actuelles du monde ont exigé ces mesures de propre conservation; c'est une vérité que S. M. déplore, mais dont elle n'est, en aucune façon, responsable.

S. M. a long-temps soutenu le combat inégal d'une extrême longanimité contre une violence toujours active: mais cette longanimité doit avoir un terme. Quand on avoua hautement le projet qui n'a déjà que trop réussi, de soumettre tous les états de l'Europe à une même usurpation, et de les coaliser , par la crainte ou par la force , contre le droit maritime et contre l'existence politique de ce royaume, S. M. sentit la nécessité de prévenir l'accomplissement d'un dessein qui n'est pas plus contraire à ses intérêts qu'à ceux qui devoient en être les instrumens.

Il étoit temps que les effets de cet effroi que la France a inspirés aux nations du monde, fussent balancés par l'exercice du pouvoir de la Grande-Bretagne , pouvoir proportionné à la grandeur du péril. Nonobstant la déclaration de guerre faite par le gouvernement danois, il reste au Danemark à décider si la guerre continuera entre les deux nations. S. M. propose encore un arrangement à l'amiable ; elle souhaite ardemment de remettre dans le fourreau l'épée qu'elle en a tirée avec tant de répugnance : elle est prête à prouver au Danemark et au monde, qu'ayant agi seulement pour assurer la tranquillité de ses propres domaines, aucun autre motif, aucun projet d'aggrandissement ou d' avantage quelconque, ne lui font désirer de prolonger la guerre au-delà du temps fixé par la nécessité qui l'a produite.

Le moment approchoit où, d'après la capitulation, les Anglois devoient évacuer la Séelande. L'intervalle avoit été employé à des négociations qui sont encore couvertes du voile du secret. On a su seulement, ainsi que nous aurons ailleurs l'occasion de le dire, qu'on avoit proposé au roi de Suède de prendre possession de l'île, et que ce monarque n'avoit pas été éloigné de donner les mains à ce projet. Dans d'autres momens, on offrit au Danemark l'alternative entre le rétablissement de sa neutralité et une alliance intime avec l'Angleterre. Dans le premier cas, on promettoit de lui rendre la flotte trois ans après la conclusion de la paix générale ; mais on demandoit la cession d'Helgoland. Dans le second cas, on promit au Danemark une puissante protection, la garantie de son intégrité, ou un équivalent de ses pertes, ainsi qu'une augmentation de ses

possessions dans les autres parties du monde; mais on demandoit que les troupes angloises pussent continuer à occuper l'île de Séelande. Le gouvernement danois ayant rejeté l'une 4 novortn et l'autre alternative, le cabinet de Londres lui déclara la guerre le 4 novembre 1807; m£us ^ ne se permit pas de violer la capitulation du 7 septembre , en restant en possession de Copenhague L'évacuation de cette ville et de l'île de Séelande se fil du 12 au 20 octobre. Il est vrai que le prince royal avoit fait des prépara^tifs pour attaquer les troupes angloises, et que la saison de l'hiver, peu favorable à la navigation, pouvoit les laisser sans défense au milieu d'un pays ennemi.

La guerre entre le Danemark et la GrandeBretagne, qui éclata au mois de septembre 1807, dura jusqu'à la paix de Kiel qui fut conclue le i4 janvier 18i4- Dépouillé de sa marine, le Danemark vit son commerce anéanti et ses colonies envahies, tandis que tout le mal qu'il put faire à ses ennemis se borna à des ordonnances stériles. Des proclamations prescrivirent l'arrestation de tous les Anglois qu'on saisiroit, la confiscation de toutes les propriétés angloises, le séquestre de toutes les sommes dues à des Anglois; un édit du 6 novembre 1807, daté de Rendsbourg, ordonna même de punir de mort toute correspondance avec l'Angleterre.

Avant la fin de l'année 1807, le Danemark perdit ses colonies en Amérique. Le général

« ZurückWeiter »