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en exagérant énormément les factures. L'auto-
rité se prêta à ces ruses, sans lesquelles l'ex-
ploitation des licences auroit été impossible.
Buonaparte vouloit qu'on ne laissât pas périr
celles qu'il avoit accordées; il comptoit sur les
sommes qu'elles devoient rapporter pour en-
trer dans ses coffres ; il vouloit, de plus, que
son ministre pût annoncer au corps législatif
qu'il avoit été exporté de France pour 1oo mil-
lions de fabrications. Telles furent les concep-
tions d'un homme dont quelques personnes ont
admiré les talens administratifs .
Pour faire peser d'une manière efficace sur le

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A - . . A commerce anglois le système continental, il † §

fallut d'abord lui fermer, d'un côté, la mer Baltique, et, de l'autre, les ports de la péninsule située au-delà des Pyrénées. La Prusse s'étoit soumise à défendre aux vaisseaux anglois l'entrée de ses ports; la Russie adopta peu après

" Nous sommes entrés dans quelques détails sur le système des licences, misérable correctif du système continental, parce qu'il nous a paru que la classe de lecteurs à laquelle nous destinons cet ouvrage en avoit en général des idées peu claires. Nous dirons qu'à cette occasion la plupart des beaux livres qui se trouvoient dans la librairie de Paris furent envoyés à Londres, et que des éditions entières d'ouvrages estimés, mais d'un débit lent, furent détruites. La valeur nominale des livres exportés par licence se montoit à plus de 2o millions, dont quatre cinquièmes furent vendus à la rame à la douane de Londres, à défaut de payement des droits d'entrée.

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ce même système, dont les bases paroissent avoir été éventuellement convenues dans les conférences de Tilsit; la Suède , ayant résisté à des offres séduisantes par lesquelles on avoit tenté de la faire entrer dans ce système, ne pouvoity être entraînée que par la force des armes; mais pour cela il fallut, avant tout, s'assurer du Danemark. Cet état avoit maintenu, depuis le commencement de la révolution francoise , sa neutralité entre la France et l'Angleterre; le moment étoit venu où il devoit être forcé à renoncer à une politique si avantageuse à l'industrie de ses habitans. Quand le feu de la guerre ravagea le nord de l'Allemagne, le prince royal de Danemark concentra son armée en Holstein pour faire respecter son indépendance. Buonaparte avoit un triple motif pour convoiter la possession des états danois, l'un d'en fermer les ports aux AngLois, l'autre d'attaquer la Suède par une année qu'on aurait transportée de la Séelande en Scanie, le troisième de s'emparer d'une flotte par laquelleilpùt entreprendre uneexpédition contre l'Angleterre même ou contre l'Irlande. Le gouvernement anglois l'a accusé de ce triple projet. Il est vrai qu'il n'a jamais justifié par des pièces authentiques des inculpations qui, dans le temps, pouvoient paroître exagérées, mais qui ont cessé d'être invraisemblables après l'expédition contre le Portugal et la perfide invasion de l'Espagne. A défaut de preuves matérielles,

plusieurs circonstances graves et importantes se réunirent pour opérer dans l'esprit des ministres anglois une conviction morale qu'ils crurent suffisante pour autoriser une mesure vigoureuse par laquelle devoit être écarté le danger dont leur patrie étoit menacée. Telles furent ces expressions évidemment dirigées contre le Danemark, qu'on lit dans un bulletin françois, publié après la bataille de Friedland : « Bientôt le blocus du continent ne sera plus un vain nom !»; la demande faite au Danemark, en même temps qu'on lui donna connoissance du décret de Berlin, de retirer ses troupes du Holstein et de fermer ses ports au commerce anglois et suédois !; les menaces que Buonaparte proféra contre le prince royal dans une audience accordée à Posnanie aux députés de la ville de Hambourg; enfin la proposition faite au roi de Suède par Murato de se réconcilier avec la France aux dépens du Danemark, auquel il enlèveroit la Norwège Malheureusement l'exécution de la mesure ordonnée par les ministres anglois éprouva une résistance à laquelle ils parurent ne s'être pas attendus; et la nécessité de bombarder Copen

* Ce fait a été affirmé dans la chambre des communes de la Grande-Bretagne, au mois de janvier 18o8 , par M. Garlike, qui avoit été ministre résidant à Copenhague.

* Cette proposition fut faite au comte de Mœrner , officier suédois, sait prisonnier à l'affaire de Lubeck.

hague pour s'emparer de la flotte qui se trouvoit à l'abri sous les remparts de cette ville, fut accompagnée de circonstances qui révoltèrent, nous ne dirons pas l'opinion publique ( car l'opinion publique du continent n'étoit pas libre alors ), mais ces hommes de bien qui, jugeant les autres d'après leur propre caractère , croyoient encore qu'il existoit des bornes pour l'ambition de Buonaparte.

Si, comme il paroît probable , Buonaparte vouloit renverser le gouvernement danois ou l'entraîner dans la ligue du continent contre la Grande-Bretagne, le ministère danois, soit qu'il se fût abandonné à une sécurité fatale, soit qu'il eût trop présumé de ses forces, paroît n'avoir pas été convaincu du danger qui le menaçoit, puisqu'il a déclaré , à la face de l'Europe , qu'aucune proposition dirigée contre la Grande-Bretagne ne lui avoit été faite par Buonaparte 1 ; mais nous pensons que, si la manière dont la Séelande a été envahie par les Anglois n'est pas, sous tous les rapports, exempte de reproches, la postérité combinant les événemens de 1807 avec ceux de 1808, ne blâmera pas le cabinet de Londres d'avoir prévenu son ennemi, en soustrayant à sa puissance une ma

'Il faut excepter la proposition de fermer ses ports aux bâtimcns anglois, que ce ministre regardoit peutêtre comme dirigée contre le commerce anglois plutôt que contre le gouvernement britannique.

rine que celui-ci espéroit bien pouvoir diriger contre l'Angleterre.

Le ministère, formé le 5 février 1806, a voit perdu son principal appui par la mort de Fox: il conduisit d'une main (bible le gouvernail de l'état jusqu'au 25 mars 1807 qu'il fut remplacé. Le duc de Portland fut alors placé à la tête de l'échiquier , dont Spencer Perceval fut nommé sous-trésorier; M. Canning fut nommé secrétaire-d'état au département des affaires étrangères; lord Casllereagh, ministre de la guerre. Le nouveau ministère, uni de principes et de vues, annonça une énergie dont le défaut étoit reproché aux hommes qui l'avoient précédé au timon des affaires. On prépara sur-leehamp, dans les ports du royaume , une expédition formidable. Les troupes hanovriennes, qui avoient été envoyées à l'armée suédoise en Poméranie , en furent rappelées, en vertu de l'article séparé de la convention du 17 juin 1807, pour être employées à l'expédition projetée. Le public en ignoroit la destination, et un des ministres dit, le 3i juillet, au parlement, que ceux qui en étoient l'objet n'en entendroient parler que lorsqu'ils seroient frappés du coup de mort.

La flotte que la Grande - Bretagne équipa se coniposoit de 23 vaisseaux de lignes, de 9 frégates, 22 petits bâtimens de guerre et 5oo vaisseaux de transport sur lesquels on embarqua la légion allemande qui s'étoit accrue j usqu a

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