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imposition, les denrées coloniales venues de l'île de France, de Batavia, et d'autres colonies francoises. JÏAw*i£*ïJ Voilà pour les denrées coloniales; les marbre 1810. chandises angloises furent autrement traitées.

Un décret du 19 octobre 1810, rendu à Fontainebleau , et qui porte le cachet du délire, renferme textuellement les dispositions suivantes:

i.° Toutes les marchandises quelconques provenant de fabriques angloises et qui sont prohibées, existant aujourd'hui en France , soit dans les entrepôts réels, soit dans les magasins de nos douanes, à quelque titre que ce soit, seront bridées publiquement.

2.o A l'avenir toutes marchandises de fabriques angloises prohibées provenant, soit de nos douanes, soit des aisies qui seroient faites , seront brûlées.

3.» Toutes les marchandises angloises prohibées , qui se trouveront en Hollande, dans le grand-duché de Berg, dans les villes hanséatiques, et généralement depuis le Mein jusqu'à la mer , seront saisies et brûlées.

4'° Toutes les marchandises angloises qui se trouveront dans notre royaume d'Italie, à quelque litre que ce soit, seront saisies et brûlées.

5. ° Toutes les marchandises angloises qui se trouveront dans nos provinces illyriennes, seront saisies et brûlées.

6. ° Toutes les marchandises angloises qui se trouveront dans le royaume de Naples , seront saisies et brûlées*

7.0 Toutes les marchandises angloises qui se trou>veront dans les provinces de» Espagnes occupées par nos troupes, seront saisies et brûlées. «,

8.Q Toutes les marchandises augloises qui se S. trouveront dans les villes et à portée des lieux occupés par nos troupes, seront saisies et brûlées.

Les princes de la confédération du Rhin s'empressèrent à l'envi d'exécuter ces décrets; l'un enrichissoit leurs finances, l'autre leur fournissoit un moyen de plaire au maître qu'ils avoient eu l'imprudence de se donner. Depuis Carlsrouhe jusqu'à Munich, depuis Cassel jusqu'à Dresde et Hambourg, la force armée visita les magasins et alluma des feux de joie qui dévorèrent la propriété des négocians, en ouvrant auxfabricans anglois l'expectative de remplacer un jour toutes ces marchandises détruites. Nous nous abstiendrons de citer les nombreuses ordonnances par lesquelles quelques gouvernemens allèrent même au-devant des vœux de l'usurpateur. Comme sa volonté n'étoit pas assez promptement remplie à Francfort, il y envoya des troupes pour l'exécuter.

Pendant que les bûchers brûloient en Aile- Système *ïf* magne, Buonaparte se servit du tarif de Trianon pour remplir ses coffres et alimenter les manufactures de France, le tout aux dépens des consommateurs de denrées coloniales. Il imagina le système des licences ', en vertu desquelles il.

1 En disant que Buonaparte imagina le système des licences dans l'étendue qui leur fut donnée en France , accordait à des spéculateurs la permission d'introduire en France une certaine quantité de denrées coloniales déterminées , à condition d'exporter la valeur en marchandises fabriquées en France. Ces dernières n'étoient pas moins précisément déterminées, et Buonaparte favorisa centaines branches d'industrie en mettant leurs prodnits dans cette catégorie; il favorisa surtout les soi6rjes,en statuant que dans la règle elles formeraient le tiers de chaque cargaison. Celui qui obtenoit la licence, la payoit à un taux fixé; il payoit les droits de sortie ordinaires des marchandises qu'il exportait, et les droits d'entrée, au taux du tarif de Trianon, de eeiies qu'il importoit. Il avoit peu d'espoir de gagner sur 'les premières; l'introduction en Angleterre des marchandises françoises que

nous ne prétendons pas loi attribuer la première idée des licences qui est due aux Anglois. La disette de vivres fut cause qu'au mois de novembre 1808 , l'Angleterre , dérogeant à son fameux acte de navigation, donna à des vaisseaux étrangers, excepté ceux appartenant à des François , la licence d'importer pendant une année des grains. Au bout de la première année, on changea la nature des licences, en imposant à ceux qui en obtinrent encore, l'obligation d'exporter des marchandises angloises ou des denrées coloniales. Les conditions sous lesquelles les licences furent accordées varièrent ensuite; mais leur objet étok toujours une exportation réelle et avantageuse aux manufactures angloises, tandis que, dans le système françois, tout étoit fictif et imaginaire, excepté les droits qui revenoient à Buonaparte. > ,

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Buonaparte permettoit d'exporter, éprouvoit de grandes difficultés en Angleterre. Quelquesuns de ces objets y étoient soumis à des droits d'entrée si considérables, qu'ils ne pouvoient soutenir la concurrence avec les produits du pays ; d'autres étant entièrement prohibées. Lorsque les porteurs de licences ne trouvoient pas moyen de se défaire des unes et des autres à vil prix, par le moyen des contrebandiers qu'ils rencontroient en pleine mer, on les jetoit le plus souvent dans la Manche ou on les abondonnoit à la douane angloise pour le montant des droits. On sent bien que les denrées coloniales rapportées en France, par suite de ces . licences, durent être d'un prix extrêmement élevé, puisque, indépendamment des droits d'importation, elles devoient encore supporter toute la perte que le spéculateur essuyoit sur les objets qu'il avoit exportés.Cette perte étoit cependant moins considérable qu'elle le paroît au premier abord.Celui qui exploitoit la licence n'acquéroit pas toutes les marchandises qu'il exportoit; il invitoit les fabricans qui vouloient envoyer à leurs risques des marchandises en Angleterre, de les lui confier de manière que la valeur de ces exportations pût lui être imputée dans les importations qu'il vouloit faire, mais qu'elles restassent la propriété des fabricans. Non seulement il s'engageoit à les porter gratis dans l'île, sans toutefois en payer les droits d'entrée, mais il allouoit encore une

prime au fabricant qui, en lui confiant ainsi des marchandises, lui facilitoit l'exploitation de sa licence. Comme cette prime alloit de 10 à a5 pour cent, beaucoup de fabricansqui, dans la stagnation dont le commerce étoit frappé à cette époque, ne voyoient pas jour pour débarrasser leurs magasins, préférèrent les transporter outre-mer. Bien plus, telle étoit à cette époque la décadence du commerce françois, qu'un grand nombre de fabricans aima mieux abandonner au porteur de licence leur propriété contre le payement de la simple prime, plutôt que d'en payer en Angleterre un droit d'entrée d'autant plus considérable, que la vente présentoit plus d'incertitude. Il n'y a sorte de ruse qui ne fût employée pour diminuer la réalité de cette perte. On n'avoit pas tardé à reconnoîlre l'impossibilité de porter en Angleterre assez de marchandises fabriquées en France, pour atteindre au maximum des denrées coloniales qu'on vouloit en rapporter; on eut alors l'idée d'y substituer des valeurs fictives. Il importoit en effet fort peu à l'armateur que les marchandises dont on chargeoit son bâtiment eussent un prix réel, pourvu qu'à la douane françoise elles fussent admises pour autoriser ses retours. Il falloit donc employer toutes sortes de moyens et de subterfuges pour tromper la vigilance des agens du gouvernement, soit en faisantpasser pour bonnes des marchandises tarées ou défectueuses, soit

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