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et denrées coloniales , saisies dans les villes hanséatiques. La Grande-Bretagne opposa à ce décret un ordre du conseil du 11 mars 18o7, prescrivant de nouveau un blocus rigoureux de l'Elbe , du Weser et de l'Ems, sur le motifque l'ennemi dominoit la navigation de ces fleuves. Dans une audience publique qu'il donna, le 14 octobre de la même année, au corps diplomatique à Fontainebleau, Buonaparte déclara qu'il ne permettroit plus de liaisons commerciales ni politiques des puissances continentales avec l'Angleterre. Cette puissance publia, de son côté, le 1 1 no- .o† vembre 18o7, un nouvel ordre déclarant que # o tous les ports et places de France, et des pays qui lui étoient alliés, ou de tout autre pays en guerre avec la Grande-Bretagne, ainsi que tous les autres ports et places en Europe d'où le pavillon britannique étoit exclu, quoique n'étant pas en guerre avec la Grande-Bretagne, et tous autres ports et places dans les colonies appartenant à ses ennemis, seront dorénavant soumis aux mêmes restrictions, pour le commerce et la navigation, que s'ils étoient réellement bloqués; en conséquence, les vaisseaux destinés pour ces ports, assujétis à la visite des croisières angloises, à une station forcée en Grande-Bretagne, et à une imposition qui devra être réglée par la législature angloise ". Il * Il faut observe1 que cette imposition n'a jamais été réalisée.

ne fut permis qu'aux neutres de naviguer directement des colonies ennemies dans les ports de leurs pays, et d'y porter des denrées coloniales destinées à la consommation de ces pays.

Cet ordre fut modifié par un autre du 26 novembre de la même année, qui porte que les bâtimensneutres pourront charger dansles portsanglois des marchandises angloises ou denrées des Indes orientales, ou marchandises saisies, et les porter dans des ports non bloqués des colonies occidentales ennemies ou de l'Amérique. L'ordre accorde encore quelques autres exportations défendues par celui du 11 novembre ; mais il les accorde conditionnellement et de manière qu'il faudra avoir obtenu une licence pour cela.

Buonaparte étoit à Milan lorsqu'il eut connoissance de ces ordres du conseil britannique. Pour enlever aux neutres tout espoir de conserver la plus foible branche de commerce, il donna un décret par lequel il exigea d'eux le contraire de ce que l'Angleterre leur prescrivoit, de manière que tout commerce fut anéanti d'un coup. Cet ordre est connu sous le nom de décret de Milan. Il porte que tout bâtiment, de quelque nation qu'il soit, qui se sera soumis à ce qui est ordonné par l'ordre du conseil britannique du 11 novembre, est, par ce fait même, déclaré dénationalisé et devenu propriété angloise; que, comme tel, il sera déclaré de bonne prise, soit qu'il entre dans un port de France ou de ses alliés, soit qu'il tombe au pouvoir des vaisseaux de guerre ou corsaires françois.

Le même décret déclare les îles Britanniques en état de blocus sur mer comme sur terre , de manière que tout bâtiment, de quelque nation qu'il soit, quel que soit son chargement, expédié des ports d'Angleterre ou des colonies angloises, ou des pays occupés par les troupes angloises, ou allant en Angleterre ou dans les colonies angloises, ou dans des pays occupés par des troupes angloises, sera de bonne prise, comme contrevenant au présent décret.

Pour assurer l'exécution de cette mesure, ou encourager la délation, un décret du 11 janvier 1808 promit au dénonciateur, à titre de gratification > le tiers du produit de la vente de tout bâtiment saisi en vertu de celui du I 7 décembre 1807.

La Grande-Bretagne fit un premier pas pour „.?'dTMrl^n"ï; mettre fin à cet état contre nature. Elle y futd""6 avril l8o9engagée par la révocation de l'embargo américain , remplacé par le bill de non-intercourse 1 qui interdit tout commerce avec la Grande-Bretagne aussi bien qu'avec la France. Par l'ordre du 26 avril 809, ceux de 1807 furent révoqués, quant à l'Amérique, de manière qu'il fut permis aux Américains de faire le commerce avec tous les ports qui n'étoient pas étroitement bloqués. Ceblocus lut restreint aux ports appartenant au soi-disant rovaume d'Hollande, à tous les ports de France, à ceux des colonies et dépendances de ces deux puis• 1 Voy. cbap. XL.

sanees, à ceux de la partie septentrionale de l'Italie, depuis Pesaro et Orbitello; de manière que les ports de l'Espagne non occupés par les François, ceux de la Russie, du Danemark et de toute la mer Baltique, restoient accessibles anx Américains. Par cet ordre, la clause de celui du 11 novembre 1807 qui assujétissoit les bâtimens neutres à une station forcée en Angleterre et au payement des impôts, fut complétement aboli. rjî; Comme ce blocus ruinoit absolument le commerce des François et mettoit fin à toutes leurs communications avec les Etats-Unis d'Amérique , Buonaparte fit déclarer, le 5 août 1810, au ministre des Etats-Unis d'Amérique , à Paris, que ses décrets de Berlin et de Milan cesseroient d'avoir force au a3 novembre suivant, si le gouvernement britannique révoquoit les arrêtés de blocus continental et les ordres qui assujétissoient les neutres à une station forcée en Angleterre ; mais, le même jour , il publia un autre décret qui est connu sous le nom de décret ou tarif de Trianon. Avec lui commença une nouvelle époque du système colonial. Jusqu'alors, Buonaparte s'étoit efforcé de ruiner le commerce des Anglois, sans distinction, entre celui qui avoit pour objet les denrées coloniales et celui qui s'étendoit sur les productions du sol de l'Angleterre et de ses manufactures. S'étant enfin convaincu que tous ses efforts seroient infructueux pour remplacer par

des productions indigènes celles des colonies, il s'avisa d'introduire une législation entièrement différente pour ces deux espèces de productions; de permettre l'introduction des unes, en les chargeant d'impositions exorbitantes, et profitant ainsi, à l'avantage de son trésor, de l'habitude que le peuple s'étoit faite de quelques-unes de ces denrées; de détruire par contre et de ruiner de fond en comble l'industrie angloise, en tant qu'elle s'étendoit sur des productions de son sol. Le décret de Trianon du 5 août, et celui du 12 septembre 181 o, daté de Saint-Cloud, qui le complète, établissent comme principe que toutes les productions coloniales, venant par mer, doivent être regardées comme provenant du commerce anglois. En conséquence, leur introduction n'est pas absolument prohibée, mais assujétie à un impôt de 5o pour cent de leur valeur. Dans le nombre de ces denrées coloniales étoient le coton, le sucre, le thé, le café, l'indigo, le cacao, la cochenille, le oivre, la cannelle, les clous de girofle, la muscade, le bois de teinture, l'ivoire, l'écaiIle de tortue, le nacre de perle, la potasse américaine, le goudron, le poisson desséché, le riz de Virginie, le cachou, la vanille, le quinquina, la rhuharbe et autres drogues médicinales; le quassia, la gomme, le bois de Cayenne, de Gayac, d'aloès, etc. On excepta cependant, par un décret du 1.°r novembre 18o8, de cette

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