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gouvernement François portant la date àa 28 avril 1811, mais qui n'avoit été communiqué au gouvernement anglois que le 20 mai 1812 , par le chargé d'affaires des Etats-Unis à Londres; décret portant que les décrets de Berlin et de Milan ont cessé d'être en vigueur par rapport aux vaisseauxaméricains; le prince-régent a ordonné que les ordres du conseil du 7 janvier 1807 et ^u 2^ avr^ '809 sont révoqués , à dater du 1" août 1812, en tant qu'ils concernent les vaisseaux américains et leurs charges, à condition, bien entendu , que les Etats-Unis révoqueront les actes qui excluent les vaisseaux anglois de leurs ports ».

On a accusé le gouvernement anglois d'avoir feint d'ignorer l'existence du décret de Napoléon du 28 avril 1811 jusqu'au 20 mai 1812. Ce reproche n'est pas fondé. Il n'existe probablement pas de décret de Buonaparte du 28 avril 1811. Celui que le ministre des EtatsUnis à Paris réussit à faire signer à Buonaparte, et par lequel celui-ci révoqua purement et simplement, en faveur des Américains, les décrets de Berlin et de Milan, a été donné peu avant son départ pour la Russie, peut-être le 28 avril 1812. Nous ignorons si, dans la copie envoyée à Londres, on a mal mis la date, ou si Buonaparte l'a fait antidater, afin que sa concession eût l'air d'avoir été accordée une année plus tôt.

1 Voy. mon Recueil de pièces officielles, Vol. IX , p. 366.

Aussitôt que la nouvelle de la déclaration du congrès, du îS juin , parvint à Londres, le gouvernement anglois mit, par un ordre du conseil du 5i juillet, un embargo sur tous les vaisseaux et effets américains ; et la guerre, qui n'avoit plus d'objet, mais qui avoit un motif subsistant dans l'animosité des parties, se fit avec acharnement. Néanmoins le gouvernement anglois, qui espéroit toujours que l'ordre du conseil, du 23 juin, produiroit un changement en Amérique, n'accorda que le 13 octobre des lettres de représailles contre les vaisseaux, biens et citoyens des Etats-Unis.

Nous allons indiquer ici les principaux évé» l8f*mp,î41 némens de cette guerre. Accoutumés, par le récit des batailles de Buonaparte, à des affaires qui moissonnèrent des générations entières , nous trouverons moins d'intérêt à ces combats entre quelques vaisseaux de guerre ou entre quelques milliers de milices; mais il ne faut pas oublier que ces combats furent livrés par ordre d'un état qui n'a qu'une marine naissante, et dont la force de terre n'est mise sur pied que lorsque la patrie se trouve en danger.

L'amiral Hope, avec une escadre de 5 vaisseaux, partit d'Angleterre, en juillet 1812, pour bloquer les ports de la république. Les Américains avoient armé une grande partie de leurs bâtimens marchands, et mis en mer une quantité considérable de corsaires destinés à troubler le commerce anglois dans tous les parages. Le commodore Rogers, avec une escadre américaine, parcourut les mers et enleva aux Anglois des vaisseaux richement chargés. En général, les Américains s'emparèrent, dans cette première campagne, de 218 bâtimens portant 574 canons et 5,106 hommes d'équipage.

Par terre, les Américains furent moins heureux. Ils firent deux tentatives infructueuses pour entrer dans le Canada. Le général Hull, qui commandoit la première expédition, composée de 2,3oo hommes, entra le 11 juillet dans le Haut-Canada, du côté du fort Détroit, et dirigea sa marche sur Sandwich. Il publia, une proclamation , dans laquelle il menaça d'une guerre d'extermination , dans le cas où les Anglois emploieroient contre lui les Indiens. Déjà les Indiens avoient commencé les hostilités, et un détachement d'Anglois et d'Indiens réunis avoit pris, le 17 juillet, le fort de Michilimakinack. Hull dirigea sa marche sur le fort Malden ou Amherstburg; mais la général-major Brook ayant, le 12 août, jeté un renfort dans Amherstburg, Hull se retira au fort Détroit. Brook l'y attaqua avec 700 Anglois et 600 Indiens, et, le 16, Hull rendit le fort par capitulation avec 2,5oo hommes et 33 canons.

La seconde expédition, de i,4oo hommes,

fut commandée parle généralWadsworth, et

dirigée contre Queenstown sur la rivière de

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Niagara. Le général Brook, qui avoit marché contre lui, ayant été tué, le général Scheaffe, qui lui succéda dans le commandement, força Wadsworth à capituler avec 900 hommes qui lui restoient.

Cependant le président Maddison fit au gou- ijjjgjf»'*0» ic vernement anglois , immédiatement après le commencement des hostilités, des propositions de paix, dont les bases étoient la révocation des ordres du conseil et des blocus contraires aux usages, la mise en liberté des matelots américains se trouvant sur des vaisseaux anglois, et la renonciation au droit d'en presser dorénavant à bord de bâtimens américains, , excepté cependant les matelots d'une nation se trouvant à bord des bâtimens d'une autre. Il paroît que par cette phrase on a voulu reconnoître le droit de presser , pourvu qu'il fût réciproque, et qu'il ne s'étendît, de la part de chaque gouvernement, que sur de véritables sujets. Nous avons vu que les ordres du conseil avoient été révoqués, et qu'ainsi le principal motif de la guerre n'existoit plus. Quant aux autres conditions demandées par le président, ce sont les mêmes que celles qui avoient été exigées depuis cinq ans; on ne voit donc pas ce qui peut avoir fait penser à M. Maddison que, renouvelées à cette époque, elles pourroient recevoir un accueil plus favorable. S'est-on fait illusion en Amérique sur l'effet que devoit produire la déclaration de guerre? On sait que cet événement fut loin d'être désagréable aux ministres de la Grande

Bretagne et à la nation angloise , qui n'y vit qu'un moyen de châtier d'anciens sujets et de réprimer l'orgueil du parti dominant dans la république.

La proposition faite par M. Russel, ministre des États-Unis à Londres, fut rejetée sans discussion. Il en fut de même d'une seconde démarche que ce ministre fit avant son départ pour l'Amérique. Il demanda la conclusion d'une convention avant pour objet d'arrêter les hostilités; pendant l'armistice , on nommeroit de part et d'autre des commissaires chargés de négocier et de conclure un arrangement par lequel il seroit statué que les matelots d'une des puissances ne pourroient pas être enlevés pour le service de l'autre, et par lequel on établirait un nouveau système de commerce et aplaniroit toutes les difficultés qui s'étoient élevées entre les deux nations. « Je suis chargé, dit M. Russel dans sa note, d'arrêter , avec le gouvernement de S. M. Britannique, une convention claire et positive; il n'est pas indispensable qu'elle soit bien formelle relativement à la presse des matelots, pourvu qu'elle stipule la mise en liberté des citoyens américains actuellement pressés, et tout ce qui concerne le blocus futur, la révocation des ordres du conseil ayant été confirmée. »

Lord Castlereagh rejeta cette proposition par un motif dont la justice saute aux yeux: c'est qu'une pareille convention devoit être précédée

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