Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

publique, lequel, étanl interjeté par un agent étranger, ne pouvoit avoir d'autre objet que d'inspirer aux sujets de la méfiance contre leur administration. Aussi le congrès passa-t-il un acte par lequel le président Fut autorisé à renvoyer du territoire de la république tous les ministres étrangers qui manqueroient aux convenances. , •

Bientôt après M. Jackson fut rappelé er> Angleterre, à la demande de M. Pinkney , résident américain à Londres: mais en condescendant au vœu exprimé par le gouvernement américain, le marquis de Wellesley, secrétaire-d'état pour les affaires étrangères , déclara que le roi 'ne trouvoit pas dans la conduite de son ministre une intention d'offenser le gouvernement auprès duquel il avait été accrédité.

Dans le message du 27 novembre 1810, M. Maddison rendit aussi compte du résultat des démarches qu'il avoit fait faire à Paris, pour engager Buonaparte à révoquer ses décrets de Berlin et de Milan. Ce résultat n'étoit pas plus satisfaisant que celui des négociations avec le cabinet de Londres. M. de Charopagny, ministre des affaires étrangères, s'étoit plaint de ce que les Américains avoient, sans aucun motif, compris la France dans leur acte d'exclusion: mesure qui avoit dû porter Buonaparte à ordonner des représailles, non seulement dans les ports de France, mais aussi dans tous ceux qui se trouvoient sous l'influence françoise, c'est-à-dire dans ceux de la Hollande, de l'Espagne, de l'Italie et du royaume de Naples. Il avoit ajouté que si le ministre d'Amérique pouvoit prendre l'engagement que les navires américains ne se soumettroient pas aux arrêts du conseil anglois, ni à aucun décret de blocus , lorsque le blocus n'existoit pas réellement, il étoit autorisé à signer toute espèce de convention tendant à renouveler le traité de commerce avec l'Amérique. TM- . Le congrès des Etats-Unis, dans lequel deux partis qu'on désigne sous le nom de fédéralistes et de républicains, ou, très - improprement, sous les sobriquets de partis anglois et françois, se combattaient, rendit, le i.er mars et le 1." mai 1810, deux lois qui indiquoient qu'on étoit décidé à résister vigoureusement au despotisme que les cours de Londres et de SaintCloud prétendoient exercer sur les mers.

Voici les dispositions du premier:

t.* Il ne sera admis, dans les ports des États-Unis, aucuns vaisseaux appartenant au gouvernement anglois ou aux pays qui en dépendent, excepté ceux qui sont porteurs de dépêches ou qui se trouvent en danger.

2.0 Il est défendu d'avoir quelque communication avec lesdits bâtimens entrant dans les ports des Etats-Unis, oudeleur porter quelque secours.

3.° L'entrée dans les ports des Etats-Unis est défendue à tout navire portant pavillon britannique ou françois.

4 o II est défendu d'introduire dans les ÉtatsUnis, autrement que sur bâtimens appartenant à des citoyens américains, toute espèce de marchandise venant d'un port britannique ou François, ou tout autre portdépendantde ces puissances. Il est aussi défendu d'introduire dans les Etats -Unis, sur bâtimens qui n'appartiennent pas à nos propres citoyens, des marchandises de toute espèce provenant de la Grande-Bretagne de France ou de leurs dépendances.

5. ° A dater du 10 du mois d'avril prochain , il est défendu d'introduire dans les Etats-Unis des marchandises, sous tel nom que ce soit, des iles Britanniques ou de leurs dépendances. La même prohibition a lieu à l'égard de la France et de ses dépendances.

6." Dans le cas où l'une des deux puissances révoqueroit ses décrets, le président est autorisé à publier une proclamation par laquelle l'effet de cette loi sera suspendu.

L'acte du 1." mai 1810 porte ce qui suit: I8£;"!<I', 1 i.° A dater de ce jour, aucun vaisseau armé, anglois ou françois, ne pourra entrer dans les porls ou mers américains , si ce n'est en cas de détresse, ou s'ils portent des dépêches de leurs cours, ou s'ils arrivent comme paquebots publics. Si un vaisseau admis dans uu port ne se conforme pas aux réglemens auxquels il sera soumis, il sera forcé de le quitter.

2.o Toute communication avec un tel bâti-' ment étranger est défendue, sous une amende de 2,000 dollars.

5.° Les amendes ordonnées par les actes précédens, dits de non-intercourse et d'embargo, continueront à avoir lieu. 4.° Si l'une des deux puissances, soit la Grande-Bretagne, soit la France, révoque, avant le 5 du mois de mars prochain, ses édits, ou les modifie tellement qu'ils ne gênent pas le commerce neutre des Etats-Unis , et si l'autre puissance ne révoque ou ne modifie de la même manière les siens dans les trois mois suivans, les dispositions de l'ancien acte prohibitif de tout commerce resteront contre elle en vigueur, tandis qu'elles resteront révoquées à l'égard de celle qui aura rapporté ou modifié ! ses décrets. n† L'acte du 1.°" mars 181 o fut l'effet d'une dé† claration que M. de Champagny avoit remise, qués. le 25 janvier, au général Armstrong, et qui portoit que la seule condition que Buonaparte attachoit à la révocation du décret de Berlin étoit la révocation préalable , de la part de l'Angleterre, de son blocus de la France ou d'une partie de la France (telles qne les côtes depuis l'Elbe jusqu'à Brest) d'une date antérieure au décret cité. Le ministre de Buonaparte fit un pas de plus : le 5 août 181o, il adressa à l'envoyé de l'Amérique une note, par laquelle, blâmant l'acte du 1.o mars, et applaudissant à celui du 1". mai, il déclare : « que les décrets de Berlin et de Milan sont révoqués, et qu'à dater du 1." novembre, ils cesseront d'avoir

leur effet, bien entendu qu'en conséquence de
cette déclaration , les Anglois révoqueront
leurs arrêts du conseil et renonceront aux nou-
veaux principes de blocus qu'ils ont voulu éta-
blir, ou bien que les Etats-Unis, conformément
à l'acte du 1." mai, feront respecter leurs droits
par les Anglois.
Peu de jours avant l'expiration des trois mois
prescrits par l'acte du congrès du 1." mai 181o,
le 2 novembre, le président Maddison an-
nonça, par une proclamation, que, les décrets
françois ayant été révoqués, toutes les restric-
tions imposées par la loi du 1." mars ces-
soient d'avoir lieu à l'égard de la France; et
une résolution de M. Gallatin, ministre des
finances, du 18 novembre , renouvela l'ordre
de confisquer toutes les marchandises angloises
qui, étant arrivées dans les ports de l'Amérique
après le 2 février, avoient été séquestrées, à
moins qu'avant le 5 mars 181 1 , la cour de
Londres n'eût rapporté les ordres du conseil
dont on se plaignoit. -
M. Pinkney, ministre des Etats-Unis à la
cour de Londres, communiqua à cette cour
la déclaration françoise du 6 août 181o, en
exprimant sa conviction que la révocation des
décrets de Berlin et de Milan auroit pour résul-
tat immédiat celle des ordres du conseil bri-
tannique. Lord Wellesley répondit, le 51 août,
qu'aussitôt que la révocation des décrets fran-
çois auroit eu effectivement lieu, et que le com-

[ocr errors][ocr errors]
« ZurückWeiter »