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sapeak. Considérant l'acte passé par le congrès des Etats-Unis, le 1.'r mars ( appelé communément l'acte de non-intercourse), comme ayant mis dans un état d'égalité parfaite les relations des deux puissa n ces belligéran tes avec les EtatsUnis, je suis chargé, par mes instructions, d'offrir, au nom de S. M., au gouvernement américain , des termes de satisfaction et de réparation , tels que S. M. espère qu'ils seront reçus avec le même esprit de conciliation qui les a dictés. Outre le prompt désaveu fait par S. M., aussitôt qu'elle eut appris l'acte commis sans autorisation par un officier de sa marine, qui fut aussitôt rappelé avec des marques de défaveur de S. M., d'un commandement important et honorable, S. M. est disposée à rendre les individus enlevés par force à la Chcsapeak, et de faire un sort convenable aux malheureux qui ont souffert dans celle rencontre. » "• .'. - •, >

M. Smith ayaut accepté, le 15 avril, la satisfaction offerte, M. Erskine adressa, le vS avril > au même ministre, un nouvel office où il lui dit : « Je suis chargé de faire connoître au gouvernement américain la résolution de S. M.,d'envoyer aux Etats-Unis un envoyé extraordinaire, muni de pouvoirs pour conclure un traité sur tous les points concernant les rapports erttreles deux états. En attendant, S. M. consen tira volontiers à révoquer ses ordres du conseil de janvier et novembre 1807 , en tant qu'ils conI

cernent les Etats-Unis, si le président consent à publier une proclamation pour le renouvellement du commerce avec la Grande-Bretagne: toute différence d'opinion qui pourroit naître sur l'interprétation des conditions d'un semblable arrangement, sera écartée par la négociation proposée. »

Le président ayant promis de publier la proclamation demandée, M. Erskine écrivit, le 19 avril 1809, a Smith l'oflice suivant: « Votre lettre du 18 de ce mois m'ayant annoncé, que le président accepte les propositions que j'ai faites , dans ma lettre du même jour, de la part de S. M., relativement au renouvellement des rapports entre les pays respectifs, je suis autorisé à déclarer que les ordres du conseil de S. M. des mois de janvier et novembre 18o7 seront révoqués au 10 juin prochain, eh tant qu'ils concernent les Etats-Unis. »;

La proclamation du président Maddison Pr,.hm,nTM<h,. parut le même jour : elle porte que si les ordres '3

du conseil britannique des mois de janvier et novembre 1807 sont révoqués au 10 juin, le commerce des Elals-Unisavec la Grande-Bretagne, suspendu parles actes du congrès, pourra être renouvelé.

On croyoit ainsi tous les différends entre . . les deux états aplanis , lorsqu'on apprit que le gouvernement britannique avoit refusé de ratifier les engagemens pris par son ministre , comme contraires aux instructions dont il

avoit été muni. Il est évident, par l'extrait que nous avons donné de ces instructions, qu'aucune des trois conditions auxquelles M. Canning avoit attaché le rappel des ordres du conseil, ne fut remplie par les Américains. L'admission de la première condition auroit nécessairement impliqué la république en une guerre avec Buonaparte; et telle étoit sans doute l'intention de ceux qui l'avoient proposée. M. Erskine s'étoit contenté d'une modification de cette condition proposée par les Américains, mais ui contrarioit les vues du gouvernement anglois. Elle portoit que les Etats-Unis proposeroient à la France de lui accorder, pour elle et ses alliés, les mêmes avantages qu'à l'Angleterre, sous la même condition, c'est-à-dire contre la révocation des décrets de Berlin et de Milan. .#: En réprouvant la démarche de M. Erskine , "** o le gouvernement britannique publia, le 24 mai 18o9, un ordre du conseil en faveur des vaisseaux américains qui, se confiant à la proclamation du 19 avril, seroient sortis des ports de l'Amérique avant le 2o juillet, pour se rendre en Hollande. Proelomotion Ce fut vers la fin du mois de juillet 18o9, du président du 2 - e # " qu'on eut à Washington la nouvelle que la convention de M. Erskine n'avoit pas été ratifiée. Une conséquence immédiate en fut la proclamation du président du 9 août, par laquelle celle du 19 avril fut révoquée; cependant, pour

n'être pas moins juste que le gouvernement anglois , cet ordre fut modifié par une circulaire adressée aux receveurs des douanes dans les ports de la république , en faveur des bâtimens anglois qui, sur la foi de la proclamation du 19 avril, avoient chargé pour l'Amérique.

M. Erskine ayant été remplacé par M. Jack- MNfe^|^" a son , le même qui avoit été envoyé à Copenhague en 1807 1, on renoua les négociations; mais le caractère peu conciliant de ce ministre les fit manquer. Le président, en rendant compte au congrès, le 27 novembre 1809, de l'issue de la négociation, se servit des expressions suivantes: « On vit, dès les premières communications officielles du nouvel envoyé, qu'il n'étoit pas autorisé à entrer en explication par rapport à un seul point de la convention non ratifiée; qu'il n'avoit pas de pouvoir pour faire de nouvelles propositions sur l'objet des ordres du cabinet anglois ; enfin, que ses propositions relatives à l'attaque de la frégate le Chesapeak se fondoient sur une supposition que le gouvernement américain avoit plus d'une fois déclarée inadmissible ,• savoir, que la première démarche pour une réconciliation devoit être faite par le gouvernement des EtatsUnis. La correspondance entre le département de TÉtat ( c'est-à-dire des affaires étran

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gères) et cet envoyé montre que les principe* de la négociation n'ont pas varié depuis leur commencement; elle montre que ce ministre qui se mettoit au-dessus du respect du à chaque gouvernement, se permit de faire des reproches: à celui de ce pays-ci; reproches qui ont forcé celui-ci de refuser toute communication ultérieure avec lui. »

Le reproche d'avoir manqué de respect an gouvernement américain que ce message renferme , est fondé sur ce que M. Jackson avoit paru vouloir insinuer que ce gouvernement, en traitant avec son prédécesseur, savoit qu'il s'écarloit des instructions dont il étoit muni. M. Jackson se retira à New-York , d'où iL adressa, le i3 novembre 1^09, aux consuls anglois en Amérique, une note circulaire ayant pour objet de justifier sa conduite. Il y déclara positivement qu'il s'étoit attiré la disgrâce de M. Smilh, secretaire-d'état de la république , en soutenant avec fermeté plusieurs faits dont ce ministre n'avoit pas voulu convenir, et, entre autres, que les trois conditions auxquelles les instructions données à M. Erskine, le 23 janvier 1809 , avoient attaché la révocation des ordres du conseil de 1807 , avoient été communiquées à M. Smith.

M. Jackson ayant rendu publique cette espèce de justification , le gouvernement américain s'en trouva extrêmement offensé: on la regarda comme une espèce d'appel à l'opinion

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