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lequel l'introductioa de la plupart des marchandises fabriquées en Grande-Bretagne fut défendue, à dater du 25 novembre, sous peine de confiscation.

Cette conduite vigoureuse engagea le gouvernement britannique à entrer en négociations; elles eurent lieu entre les lords Holland et Aukland de la part de la Grande-Bretagne, et MM. Monroë et Pinkney de celle des Américains: on se rapprocha de part et d'autre; et, le 3 décembre, le président proposa au sénat de suspendre l'acte du 18 avril, en annonçant que la cour de Londres regarderoit cette mesure comme un gage de la sincérité des EtatsUnis et de leur confiance en la modération du gouvernement anglois. Cette suspension fut accordée, non comme le président l'avoit demandé, jusqu'au 3i décembre, mais jusqu'au 3o juin seulement.

Les négociations échouèrent néanmoins, parce que, dans le traité proposé par la GrandeBretagne, il n'étoit pas question du grief principal des Américains, dirigé contre la prétention des Anglois, de presser des matelots anglois trouvés sur bâtimens'américains; tandis que le cabinet anglois vouloit que les Américains fissent cause commune avec la GrandeBretagne pour s'opposer à l'exécution du décret de Buonaparte, du 12 novembre 1806, dit décret de Berlin, en se réservant, en cas de refus, de prendre, nonobstant le traité à con

clure avec les Américains, telles représailles par rapport à ce décret qu'il jugeroit convenables. En conséquence, M. Jefferson, président des Etats-Unis, refusa'deratifier le traité que ses plénipotentiaires à Londres avoient arrêté. Il arriva, le 25 juin 18o7, un événement qui fit une grande sensation en Amérique. Un vaisseau de guerre anglois arrêta le Chesapeak, frégate américaine, sur laquelle se trouvoient quelques déserteurs anglois qui, après avoir trouvé un asyle à Norfolk, avoient pris service sur ce vaisseau. Le Chesapeak ayant refusé de se soumettre à la visite, le capitaine anglois usa de force, s'empara de cette frégate, et la conduisit à Halifax, d'où il la renvoya. Les matelots furent saisis, et l'un d'eux fut exécuté. Cette violence excita une indignation générale en Amérique, et on demanda de tout côté que la guerre fût déclarée. Le président Jefferson publia, le 2 juillet 18o7, une proclamation par laquelle il ordonna à tous les vaisseaux anglois armés de quitter sur-le-champ les ports de la république, et défendit à tout vaisseau anglois d'entrer dans un port ou de se montrer dans les mers de l'Amérique. Pour éviter que la dignité de la république ne fût compromise par l'exécution du décret de Berlin et de l'ordre du conseil britannique, du 7 janvier 18o7, le congrès prit, le 28 décembre de cette même année un parti extrêmement hardi. Il ordonna qu'un embargo fût

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mis sur tous les vaisseaux américains prêts à sortir d'un port de la république pour se rendre dans les pays étrangers. † seule navigation, désormais permise aux Américains, fut celle d'un port de la république à l'autre, à condition toutefois que le capitaine, ou propriétaire d'un vaisseau, destiné pour aller d'un port de la république dans un autre, donnât d'avance une caution double de la valeur du vaisseau et de la cargaison, pour répondre que les marchandises chargées sur le vaisseau rentreroient dans un port de la république. Ainsi le commerce américain fut subitement paralysé. On se fera une idée de la perte qui résulla de cette mesure pour les § lorsqu'on saura que, dans l'année qui précéda immédiatement l'acte d'embargo, l'exportation des ports de l'Amérique s'étoit montée : Pour des ports anglois où se trouvant sous le contrôle

des Anglois : En produits nationaux........ 3o,468,932 4 En produits étrangers....,... 6,o14,175 36,483,107

Pour des ports françois se trouvant sous le contrôle de la France : En produits nationaux..... .. 13,471,646 36 En produits étrangers........ 13,8o7,39o 27,279,0 Dollars 63,762,246

ou environ 535 millions de franes, dont plus des deux tiers en produits du pays. Le nombre

des bâtimens, ainsi condamnés à pourrir dans les ports de la république, se montoit à 12 ,o44 > non compris les bateaux pêcheurs et ceux qui faisoient le cabotage.

Un second acte, passé le 9 mars 1808, ex- Ad* .»mplique et supplée celui du 28 décembre 1807. """«à-" a La défense d'aller d'un port à l'autre fut étendue à ceux des étrangers, et la caution qu'on exigerait de ceux-ci, portée au quadruple de la valeur du vaisseau et de la cargaison. Il fut défendu d'exporter des Etats-Unis, de quelque manière que ce fût, des effets, denrées ou marchandises, produits du sol ou des manufactures d'un pays étranger : chaque transgression devoit être punie d'une amende de 10,000 dollars.

Quelque dure que fût cette mesure, la république eut lieu de s'en applaudir, lorsque le ministre des affaires étrangères de Buonaparte remit, le i5 juin 1808, au général Armstrong, envoyé des Etats-Unis à Paris, une note par laquelle il prétendit que, d'après l'ordre du consd! britannique, du 11 novembre 1807, la répdblique se trouvoit de fait en guerre avec la Grande-Bretagne. Dans cette persuasion , dit-il, le gouvernement franÇois n'a pas encore pris de mesure définitive contre les bâtimens américains qui ont été conduits dans les ports de France: il a ordonné qu'ils resteront sous séquestre , jusqu'à ce qu'on puisse prendre une résolution d'après les dispositions que le gouvernement américain manifestera. Ainsi les Etats-Unis auraient été dès-lors forcés de se brouiller ouvertement avec l'un ou l'autre parti y s'ils n'avoieot empêché toute espèce de contact avec tous les deux. Jc On continua néanmoins de négocier avec la cour de Saint-James. M. Monroë , ministre américain à Londres, présenta, le 7 septembre 1807, une note par laquelle il requit le gouvernement britannique de reconnoître ses torts, sauf à discuter amiablement les réclamations de ce gouvernement relatives à de prétendus matelots anglois. Le 23 septembre, il fut répondu à cet office que la Grande-Bretagne avoit dans tous les temps soutenu son droit de saisir des matelots anglois partout où on les trouveroit; que cependant, en considération de ce que, d'après l'usage des temps modernes, les vaisseaux appartenant à des gouvernemens étoient exempts de la visite, elle consentoit à donner satisfaction pour l'affaire du Chesapeak; qu'en conséquence, elle enverroit incessamment un ministre en Amérique. L'office remarque toutefois que le droit des États-Unis à une satisfaction étoit diminué, tant parce qu'ils avoient refusé de livrer les matelots, qui ensuite avoient été trouvés sur ladite frégate, que parce que la proclamation du président, du 2 juillet, étoit un acte hostile par lequel ce magistrat s'étoit fait justice à lui-même. Malgré cela, le ministre anglois se déclara prêt à entrer en discussion

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