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de suite dès qu'il sera de retour. Faites-moi savoir l'époque à laquelle il pourra l’être; car nous n'avons pas de temps à perdre : il ne nous reste plus que peu de jours. Deux corps de la grande armée marchent sur le royaume; le maréchal Qudinot vieut de partir pour en prendre le commandement. Faites-moi savoir ce que vous aurez fait en conséquence de cette lettre, et quel jour je pourrai avoir la réponse d’Angleterre.

Le choix d'un agent tomba sur M. Labouchère, négociant d’Amsterdam , qui se rendit à Londres dans les premiers jours de février, et se procura une audience de lord Wellesley, secrétaire-d’état pour les affaires étrangères. Il représenta à ce ministre, conformément aux instructions dont il étoit muni , que, dans le cas où le gouvernement anglois ne voudroit pas se prêter à des négociations tendantes à une paix générale, l'unique moyen d'empêcher Buonaparte d'occuper la Hollande , seroit de faire quelque changement dans le système adopté par les décrets du conseil d'Angleterre du mois de novembre 1807, et dans les mesures qui en avoient été les conséquences. « Si cependant, c'est ainsi que s'expriment les instructions de M. Labouchère, le gouvernement anglois, après avoir prêté l'oreille à ces insinuations, fait des difficultés pour s'expliquer là-dessus définitivement, avant d'être informé positivement des intentions du gouvernement françois à cet égard, vous demanderez que le gouver

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nement anglois déclare s'il veut faire dépendre sa résolution d'arriver à des négociations de paix, ou du moins à un changement dans les susdits ordres de novembre 1807, des insinuations susdites, et encore particulièrement de l'évacuation de la Hollande par les troupes francoises, et du rétablissement de tout sur le pied où se trouvoient les choses avant la dernière'invasion des Angloisen Zeelande, en ajoutant telles autres conditions, sur lesquelles le susdit gouvernement pourroit croire devoir insister avant de prêter la main aux mesures proposées, afin qu'on ait ainsi des données sûres avant de lui faire connoître les intentions du gouvernement françois. » . Soit que le ministère anglois n'ajoutât pas beaucoup de confiance aux assurances d'un agent dont la mission avoit un air si mystérieux, soit qu'il regardât le maintien du système restrictif du commerce comme l'unique moyen d'affoiblir les ressources de la France et de réprimer l'influence pernicieuse qu'elle avoit acquise sur les affaires du continent, soit enfin qu'il fût convaincu que, tant que Buonaparte seroit maître de la France, il seroit impossible d'établir l'indépendance de la Hollande, il refusa d'entrer en pourparler.

L'extrait des instructions de M. Labouchere que nous venons de donner, pourroit faire douter que cette tentative de Louis Buonaparte, pour sauver l'indépendance de son royaume, eût été faite au su de son frère, si les pièces de cette négociation n'avoient été publiées, onze mois après, par la France, et si Buonaparte n'avoit dit, dans son message au sénat du 10 décembre 1810 : « Avant de prendre ces déterminations , j'ai fait pressentir l'Angleterre; elle a su que le seul moyen de maintenir l'indépendance de la Hollande étoit de rapporter ses arrêts du conseil de 1806 et 1807 1.»» Quoi qu'il en soit, ce fut pendant le séjour de Louis Buonaparte à Paris, que le journal officiel, dans lequel Napoléon avoit coutume d'épancher sa bile, retentit de plaintes contre le gouvernement hollandois. Ce gouvernement étoit accusé d'avoir trahi la cause générale, en favorisant le commerce anglois sous pavillon américain. Le 24 janvier 1810, le ministre des affaires étrangères de Napoléon déclara à celui d'Hollande que si l'Angleterre ne rapportoit pas ses ordres sur le blocus des côtes de la France, Buonaparte a rappelleroit le prince de son sang qu'il avoit placé sur le trône d’Hollande, » feroit occuper par des troupes francoises tous les ports de ce pays, et prendroit toutes les mesures pour le rappeler au système continental, et l'arracher définitivement à l'administration qui avoit changé ses ports en entrepôts principaux, et la plupart des négocians hollandois en facteurs et agens du commerce anglois.

? Moniteur de 1810, n.° 349.

On s'attendoit dès-lors à voir la Hollande incorporée à la France; cependant Louis Buonapartè crut détourner le coup en faisant un sacrifice énorme. Le ministre Champagny , duc de Cadore, et l'amiral hollandois Verhuel, conclurent, le 16 mars 1810, un traité par lequel Louis Buonaparte crut pouvoir racheter l’indépendance du pays qui l'avoit adopté. Ce traité se trou vant dans le recueil de M. de Martens", nous nous dispenserions de l'insérer ici textuellement, si le hasard ne nous avoit mis entre les mains une pièce très-importante que nous croyons devoir communiquer à nos lecteurs ; ce qui ne peut se faire sans mettre en même temps sous leurs yeux le traité même. Cette pièce est la copie des observations faites par Louis Buonaparte lui-même sur le projet de traité qui lui avoit été communiqué. Nous pouvons la garantir comme authentique.

Traité de Paris du 16 mars 1810. Ş. M. l'empereur des François, roi d'Italie, protecteur de la confédération du Rhin, médiateur de la confédération suisse, et S. M. le roi d'Hollande, voulant mettre un terme aux différends survenus entre eux et concilier l'indépendance de la Hollande avec les nouvelles circonstances où les ordres du conseil d’Angleterre, de 1807, ont placé toutes les puissances maritimes, sont convenus de s'entendre, et ont nommé à cet effet des plénipotentiaires; savoir : S. M. l'empereur des François, etc., le sieur Jean-Baptiste

Vol. XII, p. 327.. . . i

Nompère, comte de Champagny, duc de Cadore, etc., grand-aigle de la Légion-d'Honneur, etc., etc., son ministre des relations extérieures ; et S. M. le roi d'Hollande, le sieur Charles-Henri Verhuel, amiral d'Hollande , grand-aigle de la Légion-d'Honneur, grand'croix de l'ordre royal de l'Union d’Hollande, son ambassadeur près S. M. l'empereur et roi; lesquels, après ayoir échangé leurs pleins-pouvoirs , sont convenus des articles suivans:

Voici les remarques que Louis Buonaparte a mises en marge de ce préambule : « Je consentirai à tous les sacrifices que l'empereur exigera, pourvu que je puisse tenir les engagemens que je contracterai, pourvu encore que le reste de la Hollande puisse exister, et surtout si ces sacrifices ôlent tout sujet de mécontentement de la part de mon frère, et me donnent la possibilité de regagner son amitié et sa bienveillance; et c'est pour cette raison que je désirerois que l'on omît les mots : différends survenus entre cux. Je n'ai d'autre différend que la peine de voir l'empereur mon frère fâché contre moi. » Nous venons de voir qu'un veu si humblement exprimé ne fut pas exaucé.

Art. 1. Jusqu'à ce que le gouvernement britannique ait solennellement renoncé aux dispositions comprises dans ses ordres du conseil de 1807, tout commerce quelconque entre les ports de la Hollande et les ports de l'Angleterre est interdit. S'il y a lieu à donner des licences, celles délivrées au nom de l'empereur seront seules valables.

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