Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

Et comme après le départ de la première et de la ,seconde expédition, il ne resteroit plus de troupes françoises en Batavie, il pourra y être envoyé ultérieurement jusqu'à la concurrence de 8000 hommes; mais il est expressément entendu que la république batave ne sera jamais dans le cas de solder et d'entretenir au-delà des 18,000 hommes stipulés dans la présente convention.

Art. 4- Il y aura un commissaire batave chargé des instructions particulières de son gouvernement, qui résidera auprès du premier consul et coopérera sous ses ordres aux expéditions communes, dont le premier consul se réserve le commandement en chef et la suprême direction.

Art. 5. Les républiques françoise et batave s'engagent à ne point faire de paix séparée avec l'Angleterre. La république françoise 'garantit de plus à la république batave l'intégrité de son territoire continental et la restitution des colonies qui pourroient lui être enlevées dans la guerre actuelle; et si le sort des armes, d'accord avec la justice de la cause que défendent les deux républiques, donne des succès notables aux puissances alliées, la république françoise promet d'employer ses bons offices et son influence pour faire restituer l'île de Ceylan à la république batave *.

Art. 6. La présente convention sera ratifiée, et les ratifications échangées dans l'espace de quinze jours, ou plus tôt, si faire se peut.

[ocr errors]

Fait et signé à Paris, le 6 messidor an IX, 25 juiu i8o3.

Signé

C. DE VOS VAN Steenwyck.

W. Six.

G. J. Jacobson.
J. Blawken.

Ch.-macr. Talleyrand.
F. Mareschalchi.

Cette guerre fut extrêmement malheureuse pour la république batave. Avant la fin de l'année, les Anglois la dépouillèrent de plusieurs colonies dans l'Amérique 1 ; et, dans les années suivantes, elle perdit toutes ses possessions dans les autres parties du monde. La convention du 25 juin 18o5 imposa à cette république un fardeau qui épuisa entièrement ses finances. Le délabrement en fut tel, qu'en portant en ligne de compte toutes ses ressources pour l'année 180Ï, on prévit, au commencement de cette année, un déficit de 4o millions de florins. M. Sehimmelpennink, ambassadeur de la publique à Paris, proposa, au mois de janvier 1804, au gouvernement d'état de la Haye, de déclarer à Buonaparte que l'impérieuse né

'Démérary et Esséquébo,le 19 septembre; Berbiche, le 24 septembre i8o3 ; Surinam, le 4 mai i8o4; le cap» de Bonne-Espérance, le 8 janvier 1806; Curaçao, le 1." janvier 1807; Saint-Martin , le i5 ; et Saint-Eus tache, le 21 février; Amboitie, le 17 février 1810; Vile de Java, en août et septembre 18a 1.

eessité exigeoit que la dernière convention fût annullée. Ce ministre eut le noble courage d'offrir de faire cette démarche en son nom personnel, si le gouvernement n'osoit la faire. Il transmit aux membres qui le composoient un projet d'adresse, en les priant de la signer, ou de l'autoriser à la signer lui-même. Le StaatsBewind n'osa accepter ni l'une nil'autre proposition. Le mémoire de M. Schimmelpennink resta ainsi dans les cartons de l'ambassade. Nous le tirons de son obscurité pour le publier; car cette pièce importante peint mieux que tout ce que nous pourrions dire, l'excès de misère où la république batave fut plongée dès 18o4 ". Le titre de premier consul de la république roi , a. r,françoise ayant été changé, en 18o4 , en celui #" " " d'empereur, la monarchie héréditaire paroissoit solidement établie en France. Successivement les états compris dans le système fédéral de Buonaparte, reçurent les modifications analogues au nouvel ordre de choses. La république italienne fut changée en royaume, et Buonaparte se chargea de cette nouvelle couronne. Une semblable métamorphose devoit être le sort de la Hollande. Cependant l'établissement d'un pouvoir héréditaire dans ce pays éprouvoit des difficultés particulières. On avoit proclamé le principe que le Rhin seroit la frontière entre l'empire françois et l'Allemagne, et Buo* Voy. Pièces justificatives de ce chapitre, n.° III. t

naparte n'avoit pas encore osé trahir l'excès de son ambition qu'une telle limite ne pouvoit pas retenir. D'ailleurs, à l'approche d'une nouvelle guerre avec l'Autriche et la Russie, on avoit des motifs de ménager la Prusse qui n'auroit pu voir sans inquiétude un homme du sang de Buonaparte assis sur un trône voisin de ses états. En attendant le moment où l'on n'eût plus aucun ménagement à garder, on résolut de concentrer le pouvoir entre les mains d'un magistrat qui, sous un nom populaire, exerçât une puissance absolue, et fît ainsi désirer le gouvernement paternel d'un monarque héréditaire. Le pouvoir qu'on remit entre les mains du nouveau grand-pensionnaire fut presque absolu. Un démocrate , M- Schimmelpennink , fut revêtu de cette, dignité.

Après la paix de Presbourg, Buonaparte leva le masque. L'ancien système d'équilibre politique fut alors décrié comme un rêve ou une conception surannée, qu'il falloit remplacer par le système fédéral de la monarchie universelle. Les motifs de ménager la Prusse n'existoient plus, et on crut pouvoir impunément remplacer le pensionnaire Schimmelpennink par un frère de Buonaparte. Dans le rapport que le ministre de l'extérieur fit le 8 mai 1806 au corps législatif de France sur la situation de l'empire, il parla de la république batave dans des termes qui faisoient prévoir que bientôt elle seroit plus intimement liée au système de cet empire : « La Hollande, dit-il, les cent dix départemens de la France, le royaume d'Italie, Venise, la Dalmatie, l'Istrie, Naples, sont désormais sous la protection de l'aigle impériale, et la réunion de ces états nous donnera les moyens de nous rendre formidables sur nos frontières et sur nos côtes. »

L'attitude menaçante que les troupes hanovriennes, angloises et russes avoient prise, pendant la campagne de 18o5, dans le nord de l'Allemagne, d'où elles devoient envahir la Hollande 1, fut un prétexte pour envisager dorénavant ce pays comme un des points par lesquels la France pouvoit être attaquée , et dont elle avoit par conséquent le plus grand intérêt de s'assurer. Déjà le maréchal Murat, placé sur la rive droite du Rhin, formoit comme un poste avancé, derrière lequel un prince moins belliqueux pouvoit régner sur un peuple essentiellement pacifique. Déjà on avoit montré de loin à ce peuple le prince destiné à le gouverner, en conférant à Louis, frère de Napoléon Buonaparte , le commandement d'une armée, formée sur le Bas-Rhin, et chargée de la défense de la république.

Le 18 mars 1806, le secrétaire de la légation batave à Paris arriva à la Haye, porteur d'une communication que M. deTalleyrand-Périgord avoit faite à M. deBrantzen, ministre de larépu

[ocr errors]
« ZurückWeiter »