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nous ne pouvons pas passer sous silence, parce qu'elle renferme peut-être l'explication d'un fait qui nous sera révélé plus tard, d'une manière imparfaite, savoir que l'existence du duché de Varsovie a voit, dès la fin de 1809, inspiré des inquiétudes à l'empereur Alexandre l. Cette proclamation a la forme d'un rescrit adressé, le novembre 1809, au prince Kourakin, ministre de l'intérieur.

Prince Alexis Borissowitsch ! la nouvelle de l'échange des ratifications du traité de paix conclu entre la France et l'Autriche, par lequel la guerre de la Russie avec cette dernière puissance a en même temps été terminée, est arrivée depuis quelques jours.

D'après les bases de ce traité , l'Autriche reste, comme auparavant, notre voisine en Galicie. Les provinces polonoises, au lieu d'être réunies de nouveau, restent à jamais partagées entre trois puissances. La Russie acquiert de nouveau une partie considérable de ces provinces, et une. autre partie qui est limitrophe du duché de Varsovie , est incorporée aux états du roi de Saxe.

Ainsi, après avoir heureusement terminé la guerre de Suède, nous avons été peu après débarrassés de la guerre d'Autriche. Toutes les chimères de provinces polonoises détachées de notre empire disparoissent; l'ordre des choses actuel leur met des bornes pour l'avenir; et, au lieu d'une perte, la Russie étend de ce côté son territoire.

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En adressant au Tout-Puissant nos actions de grâce pour la manière heureuse dont cette guerre a été terminée, nous vous chargeons de porter ceci à la connoissance de tous les gouverneurs civils. Nous sommes convaincus que tous nos fidèles sujets, après avoir appris cet événement heureux, réuniront leurs actions de grâce aux nôtres pour louer Dieu, qui nous accorde une double paix glorieuse. Votre affectionné, ALExANDRE. Saint-Pétersbourg, le # novembre 1 1o9.

Après la paix de Schœnbrunn, il restoit à,# # déterminer la part de la Galicie qui devoit o o 9 être cédée à l'empereur de Russie.Le comte de Schouwaloff arriva à Vienne, au commencement de 181o, chargé, de la part de l'empereur Alexandre, de régler cette affaire. Le # mars, les plénipotentiaires russes , le généralDochtoroff, et le conseillerd'état d'Anstett, et ceux de l'Autriche, savoir le feld-maréchal comte de Bellegarde, et le comte de Wurmser, signèrent, à Léopol, une convention en 1o articles, qui fixe la nouvelle démarcation entre les deux empires . Ce n'est qu'après avoir fait connoître les sti- c .. pulations du traité de Schœnbrunn et de ceux qui en furent le complément, qu'on peut répondre à cette question : A combien faut-il évaluer la perte que la monarchie autrichienne a éprouvée par la guerre de 18o9?

* MARTENs, Recueil, T. XII, p.252.

Avant la paix de Presbourg, cette monarchie étoit parfaitement arrondie; la nature elle-même sembloit avoir tracé ses limites : la communication entre ses provinces étoit sûre et facile. Par la cession du Tirol et de la Dalmatie, que la paix de Presbourg lui imposa, elle perdit, sous le rapport militaire, l'avantage de sa position à l'égard de la France et de la Bavière. Cependant elle pouvoit le regagner en cas de guerre, en faisant faire à ses armées un mouvement brusque qui la rendît subitement maîtresse de la Bavière et du Tirol. Mais la paix de Schœnbrunn rendit dorénavant impossible une offensive bien combinée; elle paralysa les armées autrichiennes, en cernant cette monarchie d'états puissans. C'est surtout au sud et à l'ouest qu'elle fut dépouillée des moyens de défense qu'offre une frontière naturelle. Par la cession de la Carinthie supérieure, elle perdit les défilés qui établissoient sa communication avec le Tirol et l'Italie; et, quoique la Croatie illyrienne ou françoise, d'où la monarchie autrichienne pouvoit être menacée sur ses derrières, fût séparée par la Save de la partie de la Croatie qu'elle a conservée, et de l'Esclavonie, néanmoins cette rivière n'offroit aucune sûreté à la Hongrie, parce qu'elle ne pouvoit pas être défendue, aussi long-temps que la Carniole étoit entre les mains des François. La Drave seule pouvoit encore former une ligne de défense sur la frontière méridionale de l'Autriche; mais la perte de la Carinthie supérieure la rendoit aussi très-imparfaite, puisque toutes les positions qu'on pouvoit prendre derrière la Drave, en Stirie et en Hongrie, étoient sujètes à être tournées depuis Villach. A l'ouest, la frontière autrichienne étoit encore plus mauvaise qu'au sud, tant sous le rapport militaire que sous celui de la politique. La perte de Salzbourg et d'une grande partie de la Basse-Autriche ouvrit entièrement la monarchie de ce côté-là. Avant la paix de 18o9, l'Inn, combiné avec les montagnes de la Bohème, formoit une excellente ligne d'opérations, derrière laquelle l'armée autrichienne pouvoit exécuter avec la plus parfaite sûreté, et sans être observée par l'ennemi, toute espèce de mouvement offensifou défensif; mais la paix de Schœnbrunn rompit , par la cession du quartier de l'Inn, cette unique base avantageuse d'opérations militaires que le traité de Presbourg eût laissée à l'Autriche. Dès-lors Linz ne pouvoit plus être envisagé comme point de communication militaire avec la Bohème. , Ce ne fut qu'au nord, et du côté de l'est, que la monarchie conserva des frontières naturelles qui la mettoient à l'abri de toute attaque imprévue. Le Riesengebirge la sépare de la Silésie , l'Erzgebirge de la Saxe , la forêt de Bohème de la Bavière ; de manière qu'une seule route reste ouverte pour entrer en Bohème, et cette route est fermée par la

place d'Egra. Contre la Turquie, la Save, le Danube et les montagnes de la Transilvanie forment une frontière naturelle, défendue par le cordon des régimens qui y sont placés.

Nous avons dit que la paix de Presbourg laissa à la monarchie autrichienne une surface de 1o,956 milles carrés, avec une population de 24,9oo,ooo habitans *. Ces données étoient tirées d'un écrivain autrichien : le tableau suivant en diffère un peu, en portant la surface à 11,5o4 milles, et la population à 25,745,175, auxquels il faut cependant ajouter l'armée qui, aveclesrégimens des frontières, étoit de 5oo,ooo, ce qui porte le total à 24,255,173. Voici ce détail : - I. Etats allemands.

- millcs carrés. population. ' , 1. Bohème. .. ................ 95o 3,142,297 .2. Moravie.. .. ............... 432 1,37o,56o · 3. Silésie........ .. .. ... .. ... 83 334,363 4. Autriche inférieure......... 396 1,o49,128 | 5. Autriche supérieure.......|. 293 629,951 6. Salzbourg et Berchtolsgaden. 171 196,2o5 . 7. Stirie ... ................ . 412 8o6,974 8. Carinthie...... .. ... - • * • e - s 2oo 278,168 - 9. Carniole ............ .. .. .. 233 419,91o 1o. Frioul autrichien........... 6o 76,421 11. Territoire de Trieste........ 3 29,227 II. Galicie. 12. Galicie orientale........... 1,593 3,783,9o8 13. Galicie occidentale.. ... .... • 834 1,3o7,262 - - - A reporter.............. · 5,66o 13,434,374

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