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Charles, étaient destinés à agir en Allemagne; ils étaient sous les ordres des généraux Bellegarde, Kollowrat, Hohenzollern-Hechingen, Rosenberg, archiduc Louis et Hiller, et formoient 220,000 hommes, y compris deux réserves, l'une de 20,000 , et l'autre de 10,000 hommes, confiées au prince Jean de Lichtenstein et à Kienmayer. Le septième corps, de 36,0oo hommes , commandé par l'archiduc Ferdinand d'Este, devoit entrer en Pologne; deux corps, celui du marquis de Chasteller, et celui du comte Giulay, ensemble de 80,000 hommes, sous les ordres de l'archiduc Jean, étaient destinés à envahir l'Italie.

Les forces françoises en Allemagne , au commencement de la guerre, se composoient: i.° du corps de Davoust à Ratisbonne; 2.°. du corps de Masséna, à Ulm; 3.° de celui d'Oudinot, à Augsbourg; 4-° de trois divisions bavaroises du prince royal, à Munich, de Deroy à Landshut, de Wrede à Straubiug, toutes trois sous le commandement en chef du maréchal Lefebvre; 5.° de la division wùrtembergeoise à Heidenheim, sous les ordres de Vandamme; enfin, 6.° de la grande armée dont le quartier-général étoit à Strasbourg. Le tout forma une masse de 212,000 hommes, indépendamment des Saxons , dont Bernadotte avoit pris le commandement. Le prince Ponialowski commandoit les Polonois, au nombre de 12,000 hommes; 70,000 hommes en Italie

divisés en trois corps, sous Macdonald, Grenier, et Baraguey d'Hillier, étoient confiés au viceroi Eugène. 1.†" " Les hostilités commencèrent le 9 avril: ce jour, le marquis de Chasteler entra dans leTirol, où il fut reçu à bras ouverts. Le 1 o, l'armée autrichienne passa l'Inn , et entra en Bavière. Ce fut le 12 que le ministre Champagny fit à son maître un rapport qu'on peut regarder comme la déclaration de guerre françoise. Ce rapport commence par une de ces tirades que les ministres de Buonaparte prenoient pour de la fierté. « Sire, dit M. de Champagny, vos armes victorieuses vous avoient rendu maître de Vienne ; la plus grande partie des provinces autrichiennes étoit occupée par vos armées. Le sort de cet empire étoit entre vos mains. L'empereur d'Autriche vint trouver V. M. au milieu de son camp. Il vous conjura de mettre fin à cette lutte devenue si désastreuse pour ceux qui l'avoient provoquée. Il offrit de vous laisser désormais libre d'inquiétudes sur le continent, employer toutes vos forces à la guerre contre l'Angleterre, et reconnut que le sort des armes vous avoit donné le droit d'exiger ce qui pouvoit vous convenir. Il vous jura une amitié et une reconnoissanee éternelle. V. M. fut touchée de ce triste exemple des vicissitudes humaines : elle ne put voir, sans une profonde émotion, ce monarque, naguère si puissant, dépouillé de sa force et de sa grandeur. Elle se montra généreuse envers la monarchie, envers le souverain , envers la capitale ; elle pouvoit garder ses immenses conquêtes; elle en rendit la plus grande partie. L'empire d'Autriche exista de nouveau. La couronne fut raffermie sur la tête de son monarque. L'Europe ne vit pas, sans étonnement, cet acte de grandeur et de générosité.

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« V. M. n'a pas recueilli le tribut de reconnoissance qui lui étoit dû. L'empereur d'Autriche a bientôt oublié ce serment d'une amitié éternelle : à peine rétabli sur son trône, égaré sans doute par des conseils trompeurs, il n'a eu d'autre vue que de réorganiser ses moyens de force, et de se préparer à une nouvelle lutte pour le moment où elle pourroit être soutenue avec avantage. La guerre contre la Prusse fit promptement connoître ces dispositions malveillantes. L'Autrichese hâta de réunir ses armées en Bohème : mais la victoire d'Iéna vint déconcerter ses projets. Encore foible, manquant d'hommes, de canons , de fusils, elle remit à un autre temps l'exécution de ses vues hostiles. »

Il seroit inutile de suivre le ministre de France c ...

dans son rapport. Il prouve très-bien ce qui, aux yeux de tout homme impartial, ne peut pas être douteux; savoir, que l'Autriche avoit, depuis la paix de Presbourg, préparé les moyens de se débarrasser de ce traité, et de reprendre son ancien rang dans le système politique de

l'Europe , et que , voyant Buonaparte occupé en Espagne, elle avoit pensé que le moment d'éclater étoit arrivé. Le ministre ne manque pas de rappeler la phrase du message du roi d'Angleterre, du 15 décembre 1808, qui avertissoit presque la France des préparatifs de l'Autriche: mais, en la citant, il a grand soin de la tronquer. Le soupçon manifesté dans ce message , que l'offre de paix , partie d'Erfurt, n'ait eu d'autre motif qne de paralyser les efforts de l'Autriche, est prudemment supprimé, et cette suppression même fait penser que le soupçon n'étoit pas sans fondementx.

C'est ici qu'on demande naturellement: quelle espèce de concert a existé, en 180g, entre l'Autriche et la Grande-Bretagne? Les documens qui ont été publiés ne nous mettent pas en état de répondre-à cette question. On trouve dans l'ordre du jour de l'archiduc Charles, du 6 avril, que nous avons cité, cette phrase: « Bientôt des troupes étrangères, intimement unies à nous, combattront l'ennemi commun : braves compagnons, vous les recevrez et honorerez comme vos frères; ce n'est pas la jactance qui honore le militaire; ce sont les faits. Vous montrerez, par la bravoure, que vous êtes les meilleurs soldats. » Quelles sont les troupes étrangères dont l'archiduc annonce l'arrivée? Le caractère de ce prince ne permet

. 1 Voy. ci-dessus, p. 202.

pas de regarder cet avertissement comme une de ces fanfaronades qu'on s'est quelquefois permises pour entretenir l'illusion des peuples. Il faut qu'au moins il y ait eu quelques négociations qui aient autorisé l'espoir d'un secours étranger; il paroît même que les troupes qu'on attendoit n'étoient pas celles qui jouissoient d'une grande réputation militaire , puisque l'archiduc recommanda aux siennes de ne pas leur faire sentir leur supériorité. On prétend qu'un rapport autrichien, daté de WolkersdorfFle 18 juin , dit que les étrangers qu'on attendoit étoient, outre les Anglois, des troupes musulmanes. Nous n'avons pu nous procurer ce rapport, cité par quelques écrivains; ainsi nous ignorons quel degré de croyance il mérite. On sait bien, et nous en avons fait l'observation, que le cabinet de Vienne étoit, au commencement de 1809, en bonne intelligence avec le divan de Constantinople , et que l'internonce impérial contribua à la réconciliation entre la Porte et l'Angleterre; mais on n'a aucune donnée sur des négociations qui auroient eu lieu, afin d'engager les Ottomans à fournir des secours à l'Autriche. Cependant le manifeste autrichien dont nous avons parlé renferme un passage qui, quoique peu clair par lui-même, jette cependant quelque jour sur les négociations qui eurent lieu à cette époque entre l'Autriche et la Porte. Il y est question d'une proposition faite au cabinet de

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