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excès. Castanos, général en chef de l'armée d'Andalousie, s'étant porté contre lui avec des forces supérieures, Dupont se retira à Baylen pour se rapprocher d'un secours de 8000 hommes que Savary, qui, depuis le départ de Murat, eommandoit en chef à Madrid , lui envoyoit sous le général Béliard. Mais Castanos coupa la communication non seulement entre Béliard et Dupont, mais aussi entre celui-ci et le général Vedel, qui eommandoit un détachement de son armée fort de 6000 hommes. Le 20 juillet, Dupont attaqua les Espagnols, et fut battu. Il signa, le même jour, une capitulation par laquelle il se rendit prisonnier de guerre, avec 8,000 hommes qui lui restoient. Le général Vedel, qui, de son côté, avoit remporté un avantage sur le général Pena, obtint des conditions plus favorables. On convint que sa division seroit renvoyée par mer à Rochefort. Buonaparte n'acessé de déplorer la capitulation de Baylen comme le principe des désastres qu'il éprouva en Espagne ». En effet, cet événement inspira une grande confiance à la nation espagnole, et on commença en Eu-? rope à la regarder comme une puissance. Il

'J'ai placé, dans le Vol. I, p. 368 de mon Recueil de pièces officielles, les lettres que le général Dupont adressable j6 juillet, à Savary et Béliard, et que les Espagnols interceptèrent. Elles servent à la justification de ce général. Il faut voir dans le même recueil, Vol. L, força Joseph Buonaparte à quitter, le i.er août, Madrid, où il n'avoit fait son entrée que le 20 juillet], et à se retirer à Burgos.

La campagne d'Awagon fut encore plus glorieuse pour les Espagnols que celles de Valence et d'Andalousie; elle offre un événement extra ordinaire, le siége de Saragosse par LefebvreDesnouettes. Cette ville fut attaquée, pour la première fois, le i/J juin, et ensuite, avec des forces plus considérables, le 28. Le génie de Palafox créa une armée, et tous les moyens de défense qui manquoient. Toute la population, sans excepter les femmes et les enfans, prit les armes, et travailla aux fortifications et à la fabrication de la poudre. Quoique les François se fussent rendus maîtres d'une partie de la ville, la persévérance et le courage indompté des habitans les en expulsèrent. Ils furent obligés de se retirer le 13 août. Ce premier siége de Saragosse seroit plus célèbre, s'il n'avoit pas été suivi d'un autre plus célèbre encore, dont nous parlerons en son temps

p. 363, la proclamation pleine de modestie de Casta-nos, du 21 juillet.

a Lefebvre-Desnouettes ayant sommé quelque temps après don Joseph Palafox de se soumettre avec son armée, celui-ci lui adressa cette lettre vigoureuse qu'on trouve dans mon Recueil de pièces officielles, Vol. I, p. 3. Je redresse ici une erreur que j'ai commise p. xxj de la table du même volume , en donnant à cette réponse la date du 28 août 1803, au lieu de 1808.

Fin de la gnerre entre l'Espagne et la Grande Bretagne.

Les Espagnols reçurent un secours auquel ils ne devoient pas s'attendre, par le débarquement de 7,ooo hommes de troupes réglées, qui eut lieu le 3o septembre a la Corogne. Ils faisoient partie du corps que Charles IV avoit été obligé de fournir à Buonaparte, et que celui-ci avoit envoyé dans les îles danoises, pour former l'avant-garde de l'armée de Bernadotte, destinée à envahir la Suède ". Ce corps, commandé par le marquis de la Romana, avoit d'abord prêté serment de fidélité à Joseph Buonaparte; mais le marquis, instruit par les soins de l'amiral Keats, qui commandoit la flotte angloise dans la Baltique, de l'insurrection de ses compatriotes, conçut le projet de sauver ces troupes à son souverain légitime. Il s'empara du port de Nyborg en Fionie, et s'embarqua, le 1o août 18o8, sur des bâtimens de transport que l'amiral lui fournit. Il ne put ainsi emmener que 7,ooo hommes. -

Ce fut là un des premiers avantages que la nation espagnole tira du rétablissement de la paix avec l'Angleterre. · Le gouvernement britannique avoit publié, le 4 juillet 18o8, l'ordre suivant :

S. M. ayant pris en considération les glorieux efforts de la nation espagnole pour la délivrance de la patrie de l'usurpation de la France, et les assurances que S. M. a reçues de diverses provinces d'Espagne de leurs dispositions amicales envers ce royaume,

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S. M., de l'avis de son conseil privé, a bien voulu
ordonner, et il est conséquemment ordonné :
1.° Que toute hostilité contre l'Espagne , de la
part de S. M., cessera immédiatement ;
2." Que le blocus de tous les ports d'Espagne,
excepté ceux qui peuvent être encore sous l'influence
de la France, sera sur-le-champ levé;
3." Que tous les vaisseaux et bâtimens apparte-
mant à l'Espagne seront librement admis dans les
ports de la domination de S. M., comme avant les
présentes hostilités ;
4.° Que tous les vaisseaux et bâtimens apparte-
nant à l'Espagne qui seront rencontrés sur mer par
les vaisseaux et croisières de S. M., seront traités de
la même manière que ceux des états qui sont amis
de S. M., et qu'il leur sera permis de faire tel com-
merce que S. M. regarde maintenant comme fait
légitimement par des vaisseaux neutres ;
5.° Que tous les vaisseaux et marchandises appar-
tenant à des personnes qui résident dans les colonies
espagnoles, qui seront arrêtés après cejourd'hui par
quelque croisière de S. M., seront conduits dans un
port et soigneusement tenus sous bonne garde pour
attendre les ordres ultérieurs de S. M., jusqu'à ce
qu'il soit connu si lesdites colonies ou aucune d'icelles
dans lesquelles les propriétaires de tels vaisseaux et
marchandises résident , ont fait cause coommune
avec l'Espagne contre la puissance de la France, etc.

L'exemple de l'Espagne encouragea les Por

tugais à briser le joug insupportable que Junot faisoit péser sur eux. Le mouvement commença à Oporto le 6 juin 18o8; la junte qui y fut établie sous la présidence de l'évêque, organisa l'in

Insurrection du 'ortugal.

surrection sur tous les points du rovaume où les François ne se trouvoient pas en forces supérieures. Une armée angloise, commandée par sir Arthur Wellesley, qui depuis se rendit si célèbre sous le nom de Wellington, arriva devant Oporto. Cette armée, forte de 10,000 hommes, s'éloit présentée à la Corogne, le 23 juillet, peu de jours après la bataille de Medina del Rio Secco. Sir Arthur offrit ce secours à la junte de la Gallice; mais celle -ci répondit qu'elle ne demandoit à la Grande-Bretagne que de l'argent, des armes et des munitions; elle ajouta que le corps anglois seroit dans le cas de rendre le plus grand service tant aux Portugais que par suite à la nation espagnole , s'il étoit employé à chasser les François de Lisbonne. De la Corogne sir Arthur se rendit à Oporto; mais l'évêque l'ayant averti que les Portugais étoient assez forts pour repousser les François, il laissa ses troupes devant Oporto, et se rendit, de sa personne, auprès de sir Charles Cotton, commandant de la flotte à l'embouchure du Tage, pour combiner avec lui l'attaque de Lisbonne. Ce fut de là qu'il transmit au général Spencer, qui se trou voit à Cadix avec 6000 hommes, l'ordre de venir le joindre. Averti qu'il alloil recevoir un autre renfort de ôooo hommes, que lui amenoit le général Anstrulher, et queJunot étoit affoibli par l'obligation où il avoit été d'envoyer 6000 hommes dans le midi du Portugal, qui s'étoit insurgé , sir Arthur "Wellesley débarqua le 3i juillet

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