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10,000 Espagnols prendra possession de la province d'Entre Duero e Minho, et 6,000 hommes occuperont rAlentejo et les Algarves. Les trois provinces qui doivent rester séquestrées, seront administrées par le général commandant les troupes françoises, qui en percevra les contributions; les provinces occupées par les Espagnols seront administrées pour le compte du roi catholique; le corps du centre sera commandé par le général françois, à moins que le roi d'Espagne ou le prince des Algarves ne juge à propos de s'y rendre. Une seconde armée françoise de 4o,0oo hommes se réunira jusqu'au 20 novembre à Baronne pour entrer en Portugal, dans le cas où les Anglois y enverraient du secours ou menaceroient d'une attaque

1 Don Pedro Cevallos, qui a le premier publié ces deux conventions , dans son Exposé des moyens employés par l'empereur Napoléon pour usurper la couronne d'Espagne , publié à Madrid le 1 septembre 4808 , et traduit parKT.Nettement. Paris,i8i4,in-8°,assure que le déparment des affaires étrangères, à la tête duquel il se trouVoit placé, n'avoit pas la moindre connoissance de la mission de don Eugenio Izquierdo à Paris, et qu'on lui avoit caché sa nomination, ses instructions et sa correspondance. De même M. Depbadt, dans ses Mémoires historiques sur la révolution d'Espagne, Paris, 1816, in-8.° (p. 28 de la troisième édition), assure queM.de Talleyrand-Périgord n'eut aucune part à ce traité , et que, dès qu'il en apprit l'existence, il en avertit le comte de Lima , qui, sans perte de temps, écrivit à Lisbonne

Le ministère qui avoit conclu, le monarque qui avoit ratifié cette convention, avoient pris par cela même l'engagement de se soumettre à tout ce qu'il plairoit à Buonaparte d'exiger de leur complaisance. Le roi adopta le système continental, par un décret du 8 janvier 1808, ainsi conçu:

« L'abominable attentat commis par des vaisseaux de guerre anglois, en l'année 18o4, par ordre exprès du gouvernement anglois, contre les quatre frégates de la flotte royale, qui, naviguant sous l'entière assurance de la paix, ont été injustement surprises, attaquées et forcées de se rendre, m'a déterminé à rompre toutes relations avec le cabinet britannique, et à me considérer comme en état de guerre contre une puissancequi a si iniquement violé le droit des gens et de l'humanité: une agression aussi atroce me donnoit des motifs sumsans pour rompre tous les liens qui unissent une nation à une autre, lors même que je li'aurois pas considéré ce que je devois à moi-même à l'honneur et à la gloire de ma couronne et de mes amés vassaux. Deux années de guerre se sont écoulées sans que la Grande-Bretagne ait modéré son orgueil ni renoncé à l'injuste domination qu'elle exerce sur les mers; mais, au contraire, confondant tout à la fois ses amis, ses ennemis et les neutres, elle a manifesté l'intention formelle de les traiter tous avec la même tyrannie.

« Par ces considérations, je me déterminai, en février de l'année dernière, en me conformant aux

pour tenir en garde son gouvernement sur ce qui alloit se passer.

sages mesures adoptées par mon intime allié, l'empereur des François et roi d'Italie, à déclarer, comme j'ai déclaré ,les îles britanniques en éiat de blocus, afin de voir si ce moyen réduiroit le cabinet britannique à abdiquer son injuste suprématie sur les mers, et à faire une paix solide et durable. Loin de cela, non seulement le gouvernement anglois a rejeté les propositions qui lui ont été faites de la part de mon intime allié, l'empereur des François et roi d'Italie, soit directement, soit par la médiation de différentes puissances amies de l'Angleterre, mais encore ayant commis la plus énorme des atrocités et des pirateries, par son attaque scandaleuse de la ville et du port de Copenhague, elle a quitté le masque, et personne ne peut plus douter que son «mbition insatiable n'aspire au commerce et à la navigation exclusive de toutes les mers. Rien ne le prouve mieux que les mesures que ce gouvernement vient d'adopter par ses ordres du novembre dernier, où non seulement il déclare en état de blocus toutes les côtes de France, d'Espagne et de leurs alliés, et toutes celles occupées par les armées de l'une ou l'autre puissance, mais même en assu jétissant les vaisseaux des puissances neutres, amies et même alliées de l'Angleterre, à subir les visites des croiseurs anglois, à aborder forcément dans un port de l'Angleterre, et à s'obliger de payer, sur leurs cargaisons, un droit -dont la quotité sera déterminée par la législature angloise. Autorisé par un juste droit de représailles à ,prendre les moyens qui me paroîlront convenables pour empêcher l'abus que le cabinet britannique fait de ses forces à l'égard des pavillons neutres, et à voir si on peut l'obliger à renoncer à une aussi injuste

1yrannie, j'ai résolu d'adopter et j'entends qu'on adopte dans tous mes états les mêmes mesures qui ont été prises par mon intime allié l'empereur des François et roi d'Italie, et dont la teneur suit, etc. »

Ces mesures sont le décret de Milan, du 17 décembre 18o7, dont les dispositions sont ici répétées.

En conséquence des traités de Fontainebleau, r† †: Marie-Louise, reine douairière d'Etrurie, et" régente pour son fils Charles-Louis, annonça, le 1o décembre, à ses sujets, qu'appelée à régner sur d'autres contrées qui lui avoient été assignées par un traité entre la France et l'Espagne, en dédommagement de l'Etrurie cédée à Buonaparte, elle déposoitle gouvernement de ce dernier pays;immédiatement après elle partit pour l'Espagne, et la Toscane fut occupée par des troupes françoises.

Cependant les préparatifs qui se faisoient à L # Bayonne annonçoient à la cour de Lisbonne le " sort qui lui étoit destiné. La plus grande consternation régnoit dans cette ville depuis la nouvelle qu'on reçut que les troupes françoises alloient se mettre en mouvement. Le principal ministre du prince-régent, don Antonio de Aranjo Azevèdo , avoit conseillé à son maître, depuis l'époque de la paix de Badajoz, d'exécuter un plan conçu déjà par Pom

bal, celui de transporter au Brésil le siége du

gouvernement portugais L'Angleterre appuya ce projet, en faisant voir au prince-régent la perspective de se dédommager, par la conquête de l'Amérique espagnole, de la perte du Portugal. Don Antonio de Aranjo avoit pris en secret les mesures nécessaires pour embarquer la famille royale, l'armée et le trésor de la couronne, et pour sauver la marine, pendant que par des démonstrations d'attachement à la France il trompoit les agens du gouvernement francois.

Le 2 octobre 1807, le prince-régent publia une proclamation adressée aux Brésiliens, que nous allons insérer ici:

« Fidèles sujets, habitans du Brésil! depuis mon avènement au gouvernement, mon désir constant a été de vous donner des preuves de mon amour inaltérable; mais les temps malheureux ne me permirent pas de vous le montrer entièrement. Maintenant que la monarchie portugaise se voit menacée du fléau de la guerre, j'espère que le hras du ToutPuissant protégera mon trône. Dans ce moment critique , j'ai résolu de vous donner une forte preuve de mon affection, convaincu que vous y répondrez par un amour cordial. Comme c'est un de mes premiers devoirs de monarque de n'abandonner qu'à la der

. 1 Un ami de ce ministre, M. Correa , ancien chargé d'affaires du Portugal en Suède, a déclaré dans une note qu'on lit au Polit. Journal, année 1808, Vol. 1, p. 577, que ce projet lui a été confié par M. d'Aranjo en 1802.

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