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dans leurs écrits ainsi que dans les lais d'Auguste et de Mécène, plus propres મે former des poëtes souples et déliés que la maison d'un stoïcien.

Il paroît néanmoins avoir été fort content de l'espèce d'urbanité dont le félicitoit Cornutus. Sur la parole de ce maître sévère, il se croyoit gai, vif et plaisant, du moins il le dit sans détour (a). Casaubon, son plus sincère admirateur, lui demande pardon de n'en rien croire (6), et lui sait bon gré de n'avoir pas réussi (c).

Il se crut poëte satirique parce qu'il savoit très-bien tourner un vers, parce qu'il avoit

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(b) Persi nobis ignosce, qui hoc tibi non credimus. CASAUB. Proleg. in Pers.

(c) Casaubon cherchoit principalement à faire valoir cet auteur par des côtés purement philosophiques. Supprimez, dit-il, la mesure des vers de la seconde Satire, et vous aurez un traité à la manière de Platon ou de Plutarque. Le même critique préfère la cinquième Satire à toutes les autres, et cela parce qu'elle n'est pas satirique : c'en est assez pour faire sentir l'esprit qui l'animoit. CASAUB. Comment. pag. 169.

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aimé de bonne heure les Satires de Lucilius, et qu'il croyoit imiter celles d'Horace en les travestissant (a); mais on ne retrouve dans cette imitation fausse et mécanique que des mots déguisés, des tournures altérées, et l'esprit du modèle absolument dénaturé. Le sentiment des beautés répandues dans les ouvrages ne prouve pas toujours que l'on soit en état de les reproduire. Quelque modèle que l'on se propose, on n'écrit jamais d'une manière piquante et originale qu'avec son propre caractère ; et, pour faire des impressions durables, il faut en avoir un conforme au genre que l'on a choisi. On s'apperçoit bientôt si l'auteur travaille de son propre fonds, ou s'il n'opère que par réminiscence.

Il se crut philosophe, parce qu'on lui avoit appris que toutes les fautes sont égales (b);

(a) Casaubon a prouvé que Perse, qui n'a guère laissé que sept cents vers, en a imité plus de deux cents d'Horace. Voyez Imitat. Pers.

(b) « Ceux qui prétendent que toutes les fautes sont égales, ne savent plus où ils en sont quand on les ramène à des principes incontestables: tout répugne à

principe faux et démenti par l'évidence. Il se crut philosophe, parce qu'il s'étoit rempli la tête de maximes outrées (a), et qu'il ne cessoit de soupirer après le souverain bien (b), qui étoit alors en morale ce que le grand œuvre est maintenant en chimie. Mais où avoit-il appris à démêler les intrigues humaines ? Mais la vie moyenne, celle qui consiste dans l'action, quelle expérience en

cette opinion, le sentiment, les mœurs et l'utilité, qui est en quelque sorte la mère de la Justice :>>

Queis paria esse fere placuit peccata laborant

Quum ventum ad verum est: sensus moresque repugnant 'Atque utilitas, justi prope mater et æqui.

HORAT. Lib. I, Satir. III, vers. 96.

(a) Perse dit que ceux qui manquent de raison ne sauroient remuer le doigt sans se rendre coupables:

Nil tibi concessit ratio, digitum exere, peccas.

Satir. v, vers. 119.

(6) Il parle souvent du souverain bien en termes différens:

Quæ tibi summa boni est?

Satir. IV, vers. 17.

Satir. 11, vers. 61.

O curvæ in terras animæ et coelestium inanes! etc.

avoit-il ? quel usage en a-t-il fait ? et de quel droit demande-t-il à un jeune présomptueux, si la sagesse lui est venue avant la barbe (a)? Où est son indignation contre les monstrueux attentats dont il fut le témoin? Où sont ses regrets sur le sort de l'Italie, récemment courbée sous les fers de l'esclavage le plus honteux? Ne cherchez rien de tel dans l'ouvrage de celui qui n'aspiroit qu'à se rendre impassible, qu'à se soumettre aveuglément à la nécessité; de celui qui vouloit pour lecteurs non des hommes élevés autour du Capitole, dans le champ de Mars ou dans le Forum, mais des savans, frappés comme lui de vapeurs grecques (b).

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(a) Scilicet ingenium et prudentia velox

Ante pilos venit, etc.

Satir. IV, vers. 4.

(b) «O vous! qui avez respiré le souffle audacieux de Cratinus, qui avez pâli sur le véhément Eupolis et le sublime vieillard Aristophane, lisez ces vers, si vous y trouvez par hasard quelque chose de bien. Je veux un lecteur qui ait l'oreille échauffée de la vapeur des Grecs: >>

Audaci quicumque afflate Cratino,

Iratum Eupolidem prægrandi cum sene palles,

Pour achever de dire ce que j'en pense, j'avoue que Perse, quant à la manière, me paroît plus singulier qu'original; quant au style, plus succinct que précis. Il faut distinguer, lorsqu'on écrit, entre ce qui est précis ou succinct : dans le premier cas, on n'a rien d'inutile; dans le second, on n'a pas toujours ce qui est nécessaire. On peut avoir de la précision, et manquer de plusieurs autres qualités non moins essentielles; mais on ne sauroit être succinct sans risquer d'être obscur et de le devenir davantage.

Outre que son style est sec et affamé (a), ses figures ne sont pas toujours bien soutenues elles portent en général beaucoup moins sur les choses que sur les mots, ce qui est aussi ridicule que de vouloir donner une attitude ou un geste à ce qui n'a point de corps. D'ailleurs, chaque figure étant

Adspice et hæc, si forte aliquid decoctius audis.
Inde vaporata lector mihi ferveat aure.

Satir. 1, vers. 123.

On voit par ces vers que Perse croyoit imiter, comme Horace, les poëtes de la vieille comédie.

(a) Aridus atque jejunus. QUINCT. Lib. II, cap. 8.

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