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opérations nécessaires pour désigner l'endroit par où l'on peut faire passer les eaux pour joindre le Nil et la Mer-Rouge. Cette communication a existé jadis, car j'en ai trouvé la trace en plusieurs endroits. J'ai appris que plusieurs pelotons d'Arabes étaient venus commettre des vols autour de la ville. Je désirerais que vous prissiez des informations pour connaître de quelle tribu ils sont; car mon intention est de les punir sévèrement. II est temps enfin que ces brigands cessent d'inquiéter le pauvre peuple qu'ils rendent bien malheureux. Croyez, je vous prie, au désir que j'ai de vous faire du bien. »

Le i4, Bonaparte partit, accompagné de Berthier et Caffarelli, pour aller à Abou-Keycheïd, chercher les vestiges du canal dont il avait visité l'extrémité orientale, en partant de Suez. Arrivé à ce point, il en trouva de nouveau les traces, et les suivit pendant plusieurs lieues dans la direction de l'ouest jusqu'à Abâseh où l'on suppose qu'il avait sa jonction avec la branche pélusiaque.

Il châtia, en route, un parti d'Arabes Soharrâh, non loin du village de Kâraïm, ainsi que ceux de la tribu qui avait pillé la caravane des haggis (pélerins). Il retourna à Belbeïs d'où il partit le 17 nivôse pour se rendre au Kaire. Il fit encore quelques excursions dans le désert, et envoya de forts détachemens pour soumettre les Soharrâh qui infestaient toujours cette contrée. On leur fit des prises considérables.

De retour au Kaire, occupé des reconnaissances qu'il avait faites pendant son voyage, et désirant vivement avoir des données plus positives, il chargea l'ingénieur Lepère d'y travailler et de les lui soumettre le plus tôt possible. Il fit fournir tout ce qui élait nécessaire auxingénieurs pour un assez long séjour dans le désert, et pour y faire les opérations de levée de plans etde nivellement. Suez fut choisi comme point de départ. Ce travail fut fait.

Le général en chef désirait que la position du puits d'El-Batar, qui se trouvait vers la moitié du chemin du Kaire à Suez, fût déterminée; que les ingénieurs se munissent de tout ce qui serait nécessaire pour descendre dans ce puits; qu'ils reconnussent si on avait creusé jusqu'au roc, et s'il serait possible de creuser davantage; enfin qu'ils mesurassent la distance du Kaire à Suez par la route d'Ageroud et par celle de la vallée de l'Égarement '.

Lepère partit avec plusieurs ingénieurs, sous l'escorte du général Junot qui allait commander à Suez. Le général en chef y envoya aussi le contreamiral Gantheaume qui, étant simple commandant d'un vaisseau de la compagnie des Indes, y avait, en 1791, pénétré par la Mer-Rouge. Il devait passer une inspection rigoureuse de tous les établissemens de la marine; donner les ordres pour que tous les magasins et établissemens fussent conformes au projet qu'avait le général en chef d'organiser et de maintenir à Suez un petit arsenal de construction, et faire mettre en chantier une goélette.

'Lettre de Bonaparte à Cafl'aielli, du th nivôse.

Si les chaloupes canonnières que le général Bon avait dû faire armer étaient prêtes et en état de remplir une mission dans la Mer-Rouge, il était ordonné à Gantheaume de partir avec elles ; de se rendre à Cosseïr; de s'emparer de tous les bâtimens appartenant aux Mamlouks , qui sortiraient du port ainsi que du fort, qu'il ferait mettre, sur-le-champ , clans le meilleur état de défense; de tâcher de correspondre avec le général Desaix; de laisser en croisière, devant le port de Cosseïr, une partie des chaloupes canonnières; de mener avec lui un commissaire de la marine et un officier intelligent qu'il y établirait; de faire tous les réglemens qui lui paraîtraient nécessaires pour l'établissement de la douane, la formation des magasins nationaux, la recherche de tout ce qui appartenait aux Mamlouks, et pour le commerce; d'écrire à Yambo, Gedda et Mokka, pour faire connaître que l'on pouvait venir, en toute sûreté, commercer dans le port de Suez; que toutes les mesures avaient été prises pour l'organisation du port, et pour pouvoir fournir aux bâtimens tous les secours dont ils auraient besoin ; d'embarquer sur chacune de ses chaloupes canonnières 20 hom-. mes, 10 canonniers qu'il laisserait en garnison à Cosseïr, si on n'y en trouvait pas; de combiner sa marche de manière que, autant que les vents pourraient le permettre, il fût, de sa personne, de retour au Kaire du 15 au 20 pluviôse (du 3 au 8 février 1799) '.

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CHAPITRE X.

Tentatives de Bonaparte pour avoir des nouvelles de France. — Berthier est sur le point de partir.—Bonaparte reçoit des nouvelles d'Europe. —Relations de Bonaparte avec Tippo-Saïb, l'iman de Mascate, le schérif de la Mekke.—Etablissement d'ateliers industriels au Kaire.—Bonaparte fait explorer les vallées des lacs Natron et du Fleuve-sans-Eau.—Vie monastique en Egypte.—Expédition de Lanusse contre Aboucheïr.—Murat, Rampou, Leclerc, Verdier marchent contre des Arabes insurgés.—La peste se déclare à Alexandrie.—Mesures prises par Bonaparte pour en arrêter le cours.—Il fait des dotations à des généraux.—II renvoie à la croisière les Anglais tombés en son pouvoir.—Fête du Rhamadan.—Coup-d'œil sur le système de défense de l'Egypte. .

Le général en chef autorisa Marmont à envoyer un parlementaire aux Anglais et lui écrivit: « Vous leur ferez dire que vous avez appris qu'ils avaient la peste à bord, et que, dans ce cas, vous leur offrez tous les secours que l'humanité pourrait exiger. Envoyez un homme extrêmement honnête, qui soit peu parleur, et qui ait de bonnes oreilles. Si Lavalette était à Alexandrie, et que vous eussiez l'idée de l'en charger, ce n'est point mon intention. Il faut y envoyer un homme qui ait tout au plus le grade de capitaine; il pourra leur porter les gazettes d'Egypte , et tâchera d'en tirer celles d'Europe , s'ils en ont, et s'ils veulent en donner. Recommandez que l'officier seul monte à bord, de manière qu'à son retour dans la ville, il n'y soit pas fait de caquets, et qu'il vous confie tout ce qui se sera passé ' «.

Le général Berthier fut sur le point de partir pour porter en France des dépêches au gouvernement, et remplir une mission. Il devait, le 10 pluviôse, se mettre en route pour Alexandrie, s'y embarquer sur la frégate la Courageuse, et emmener deux bâtimens du convoi, bon voilierS , que Bonaparte avait fait préparer. Ils étaient mis à la disposition de Berthier, afin qu'il pût envoyer en Egypte des nouvelles dès qu'il en aurait appris dans sa route. Le général en chef lui conseillait, comme la plus sûre, celle qui conduisait sur les côtes d'Italie , du côté du golfe de Tarente, du port de Crotone , et même, si le temps le permettait, de remonter le golfe Adriatique jusqu'à Ancône. S'il touchait à Malte ou à Corfou, il lui était recommandé de prendre des mesures pour qu'on envoyât des sabres, des pistolets, des fusils, de renvoyer la frégate aussitôt son arrivée, et de la diriger sur Jaffa où elle mouillerait au large et avec précaution, afin de s'assurer si l'armée y était *; et, si elle n'y était pas, elle se dirigerait sur Damiette. Enfin, si les événemens sur le continent n'y rendaient pas sa présence nécessaire , il était ordonné à Berthier de rejoindre l'armée à la prochaine mousson 3.

Quelle était sa mission? Quelle cause grave avait pu décider à abandonner Bonaparte un

'Lettre du 18 nivôse (7 janvier 179f))•

• Bonaparte méditait alors de porter la guerre en Syrie.

3 Lettre de Bonaparte, du 6 pluviôse(25 janvier,).

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