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pour l'Égypte. Ces marchandises étaient des

troupes V ...

Poussielgue concluait de ces faits qu'il était temps de déterminer bien précisément les fonctions du divan et d'en fixer les limites; il avait une tendance excessive à acquérir du pouvoir, et pour s'en servir contre les intérêts de l'armée. Tous ces gens-là conspiraient secrètement; il n'y avait aucun compte à faire sur les habitans, quels qu'ils fussent. Poussielgue était content du cheyk ElSadat; Seïd-Omar se conduisait assez bien; le cheyk El-Bekry avait peur; tous les autres cheyks étaient des traîtres ou des fanatiques. Le muphty était un ambitieux qui visait à la popularité et à la célébrité, et qui sacrifierait tous les Français plutôt que de perdre la moindre partie de son crédit. Il n'y avait pourtant rien à craindre dans le moment; mais il ne fallait pas de revers \

'Lettres de Poussielgue et de Dugua a Bonaparte, des ,9 et 24 thermidor.. .. ' ...

'Lettre de Poussielgue à Bonaparte, du 19thermidor.

CHAPITRE XV.

Retour de Bonaparte au Kaire Expédition de Destaing contre les Arabes du Bahyreh.—Bonaparte adresse des reproches à Dcsaix. — Mourad-Bey aux abois. — Bonaparte prend des mesures pour mettre la côte k l'abri d'une descente.—Pénurie des finances.—Fête du prophète.—Habillement de l'armée.—Travaux scientifiques en Egypte.—Bonaparte tente d'ouvrir des négociations avec le grand-visir. —L'expédition d'Egypte devient un chef d'accusation contre le Directoire et Talleyrand. —Effet de la victoire d'Abouqyr à Paris.

Bonaparte partit d'Alexandrie le 17 thermidor ( 4 août) pour se rendre au Kaire. Il envoya le général Destaing dans le Bahyreh pour reconnaître et surveiller les tribus d'Arabes qui y étaient réunies , et qui, au mépris de leurs promesses, n'avaient cessé de commettre des hostilités. Le projet de Bonaparte était de diriger successivement d'autres troupes contre eux, de les amuser par des propositions de traités, de les envelopper, et de tomber en force sur eux. Le général Destaing ne jugea pas à propos d'attendre cette réunion, et marcha dans la nuit du 18 au 19 thermidor pour surprendre le camp des Arabes; mais, instruits de son mouvement, ils évacuèrent leurs troupeaux et leurs équipages, et, en arrivant au point du jour entre Zemran et Delingah, Destaing vit les Arabes levant leur camp, déjà à cheval, et leurs chameaux filant vers la montagne de Rosaf. Les Arabes, au nombre de 600 cavaliers, attaquèrent les premiers avec beaucoup d'audace, et firent bonne contenance pendant 7 ou 8 heures, malgré le feu de l'infanterie que Destaing faisait marcher à la poursuite des chameaux. Mais, ses soldats ne pouvant plus aller, il fut obligé de s'arrêter à moitié chemin de Delingah à El-Aouch où il fut encore harcelé pendant deux heures par les Arabes qui enfin se retirèrent. Le but de cette expédition fut donc manqué par trop de précipitation. .' 'i- . .'

En apprenant ce résultat à Rahmanieh, Bonaparte blâma vivement Destaing d'avoir, sans artillerie, presque sans cavalerie, attaqué des tribus nombreuses qui étaient à cheval, de n'avoir pas attendu la cavalerie qu'il avait envoyée à leur poursuite avec deux pièces de canon, sous le commandement du général Andréossy, et d'avoir fait perdre une occasion qui se retrouverait difficilement. '• ",>!>,,.'r!- 1' :.,.;. .1 .;

A tout événement, Bonaparte laissa l'ordre à Andréossy de protéger, avec la cavalerie et les dromadaires, les opérations qui pourraient être nécessaires pour éloigner les Arabes, en supposant qu'ils n'eussent pas été acculés dans le désert *.: i>.-.; 1 :;•!'');•

Destaing répondit à Bonaparte qu'il avait malheureusement mérité ses reproches, et qu'il aimait beaucoup mieux les avoir reçus que les at- . • > •"• . -- .

'Lettre "à Destaing, du 20 thermidor. >'..;,;ri.l

tendre. Andréossy et lui, après s'être concertés , manœuvrèrent snr la lisière du désert; mais les Arabes ne les y attendirent pas , et se retirèrent vers El-Aouch, après avoir perd* quelques hommes et quelques chameaux. Cependant leur retraite permit au général Destaing de faire la lei vée des contributions qui était impossible, tant qu'ils occupaient le centre de la province de Bahyreh ; d'ailleurs la victoire d'Abouqyr avait aussi tempéré leurs dispositions hostiles et leur avidité. Bonaparte laissa à Rahmanieh ses guides , ses équipages, ceux de son état-major, avec l'ordre d'aller à Menouf attendre qu'il vint lesy prendre pour un vovage qu'il annonça vouloir faire incessamment dans le Delta. Ensuite, il s'embarqua pour aller auKaire. Il arriva le 23 dans cette ville avec Mustapha-Pacha et d'autres prisonniers turcs de distinction ; il reçut les hommages et les félicitations des Français et des habitans, il reprit les rênes du gouvernement que , pendant son absence, il avait confiées au général Dugua. Il célébra la victoire d'Abouqyr dans une fête, qu'il donna aux généraux et aux chefs militaires et

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- Desaix n'était point descendu au Kaire et n'y avait point envoyé toutes les troupes que le général en chef lui avait demandées. Voici les motifs qu'il donnait : Mourad-Bey avait reçu de Mustapha-Pacha l'ordre de venir le joindre. Persuadé depuis longtemps que , si la Porte chassait les Français de l'Egypte, elle profiterait de l'état de faiblesse où étaient réduits les Mamlouks pour •lès en chasser eux-mêmes, Mourad-Bey ne fut pas tenté d'obéir à l'ordre du commandant de l'armée turque '. Il n'en travailla pas moins à rassembler le plus qu'il pourrait de Mamlouks, d'Arabes et d'aventuriers, pour profiter de l'absence de Desaix, s'il quittait la Haute-Egypte. Le général ne crut donc pas devoir perdre de vue MouradBey, et s'acharna à sa poursuite.

La désobéissance de Desaix n'avait eu aucun résultat fâcheux, puisqu'on avait vaincu à Abouqyr; cependant il n'en était pas moins dans son tort, et, malgré Son amitié pour lui, le général en chef le rappela à son devoir. « J'ai été peu satisfait, lui écrivit-il 7 de toutes vos opérations pendant le mouvement qui vient d'avoir lieu. Vous avez reçu l'ordre de vous porter au Kaire , et vous n'en avez rien fait. Tous les événemens qui peuvent survenir ne doivent jamais empêcher un militaire d'obéir, et le talent à la guerre consiste à lever les difficultés qui peuvent rendre une opération difficile, et non pas à la faire manquer. Je vous dis ceci pour l'avenir. »

Bonaparte lui fit encore d'autres reproches. A son retour de Syrie, il avait demandé à son lieutenant qu'il croyait nager dans l'abondance, de lui envoyer i5o,ooo fr.; il les promit : non-seulement il ne les envoya pas , mais il aligna la solde de ses troupes, tandis que celle du reste de l'ar

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'Las Cases, tome I, page 277, fait venir Mourad-Bey dans le camp de Mustapha-Pacha, et leur prête un dialogue. MouradBey ne mit pas le pied dans le camp des Turcs.

TOME II. — GUERRE B'Égypte. 27

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