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donna de se concerter avec le chef de division Dumanoir, pour que, dans le plus court délai, tous les jeunes matelots italiens, français, espagnols, etc., fussent envoyés à Boulaq. Il lui fallait 800 hommes. Si on ne trouvait pas ce nombre audessous de vingt-cinq ans, on le compléterait avec les matelots qui s'en éloignaient le moins '.

Bonaparte transmit à Marmont l'ordre de faire arrêter un individu appartenant à l'administration de la marine, de convoquer ensuite les administrateurs, de leur dire que le général en chef recevait, de toutes parts, des plaintes sur leur conduite ; qu'ils ne secondaient en rien l'ordonnateur Leroy ; qu'il punirait les låches avec d'autant plus de sévérité, qu'un homme qui manquait de courage n'était pas Français ?

Marmont chercha à se justifier relativement aux soldats de la 4o. demi-grade faits prisonniers par les Anglais. Mais Bonaparte lui répondit : « Il est toujours plus important de rendre compte d'une mauvaise nouvelle que d'une bonne, et c'est vraiment une faute que vous avez faite ». .

Il donna l'ordre d'envoyer au Kaire la légion nautique pour l'habiller et l'organiser, afin qu'elle pût retourner à Alexandrie, si les circonstances l'exigeaient et servir utilement, de désarmer une galère sur laquelle 4 ou 500 hommes mangeaient beaucoup et n'étaient pas en état de se rendre utiles les armes à la main; d'envoyer au Kaire tous

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les hommes inutiles; de débarrasser, au plutôt, Alexandrie des pélerins, par terre ou par mer; d'envoyer à Rosette les djermes , ehaloupes et petits bâtimens qui pourraient passer la barre, afin d'y charger, pour Alexandrie, du riz, de l'orge et autres grains, cent mille quintaux de blé, deux mille quintaux de farine, et cent mille rations de biscuit qu'il expédiait du Kaire; de prendre toutes les mesures pour que ces objets ne fussent pas dilapidés.

Certain que la Porte avait déclaré la guerre å la France, et ne pouvant réussir à ouvrir une négociation avec le commandant turc qui était devant Alexandrie, Bonaparte continua de faire des tentatives directes à Constantinople, et profita de la caravelle turque qui était à Alexandrie depuis plus d'un mois. Il avait écrit au commandant de se tenir prêt à partir, et qu'il lui donnerait des dépêches pour la Porte. Il mit à son départ ces conditions :

1°. Qu'il laisserait en otages ses deux enfans et l'officier de la caravelle, son plus proche parent, pour répondre du citoyen Beauchamp qui allait s'embarquer à son bord, pour se rendre à Constantinople.

2o. Qu'il passerait devant l'ile de Chypre, et ferait entendre au pacha que Bonaparte n'était pas en guerre avec la Porte , et qu'il envoyât en Égypte le consul et les Français qui étaient dans l'ile; qu'il les ferait embarquer devant lui sur une

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Lettres à Marmont, des 22 et 28 frimaire..

NOT

djerme pour se rendre à Damiette ; que, pour répondre du consul et des Français, il laisserait à Alexandrie un officier et dix hommes, lesquels seraient envoyés à Damiette et embarqués sur le même bâtiment qui y aurait amené les Français de Chypre.

3o. Qu'il sortirait du port d'Alexandrie de nuit, et qu'il éviterait Rhodes, afin d'échapper aux Anglais.

4o. Qu'après que le citoyen Beauchamp aurait causé avec le grand-visir, à Constantinople, le commandant se chargerait de le faire revenir à Damiette, et que, sur le même bâtiment qui le ramènerait, on embarquerait les enfans du commandant et l'officier laissés en otages.

Pour faire cette communication au commandant de la caravelle, Marmont était chargé de l'inviter à une conférence où il amènerait ses enfans et les otages désignés, de dresser de leurs conventions un procès-verbal en turc et en français, qu'ils signeraient tous les deux, dont ils garderaient chacun une copie, et d’en envoyer l'original au général en chef; de tenir cet entretien et la mission de Beauchamp parfaitement secrets; d'empêcher que le commandant n'eût, le reste de la journée, aucune espèce de communication avec personne, et de le faire partir dans la nuit, de manière que le lendemain, à la pointe du jour, les gens du pays fussent tout étonnés de ne plus voir la caravelle'.

Telles étaient les instructions de Beauchamp:

· Lettre à Marmont, du 21 frimaire.

d'aborder à Chypre, de demander au pacha , de concert avec le commandant de la caravelle, qu'on envoyât à Damiette le consul et les Français arrêtés dans cette île ; d'y prendre tous les renseignemens possibles sur la situation actuelle de la Syrie , sur une escadre russe que l'on disait être dans la Méditerranée , sur les bâtimens anglais qui y auraient paru ou qui y seraient constamment en croisière, sur Corfou , sur Constantinople, sur Passwan-Oglou , sur l'escadre turque , sur la flottille de Rhodes, commandée par HassanBey, qui avait été pendant un mois devant Abouqyr, sur les raisons qui empêchaient qu'on n'apportât du vin à Damiette, enfin sur les bruits qui seraient parvenus jusqu'à ce pays-là relativement à l'Europe ; .

D'expédier toutes ces nouvelles avec les Fran- . çais, si on les relâchait, sur un petit bâtiment qui viendrait à Damiette , ou s'il ne voyait pas de possibilité à obtenir leur liberté, d'expédier un petit bateau avec un homme de la caravelle pour porter ses lettres au général en chef, et sous le prétexte de lui mander que le capitaine de la caravelle ayant fait tout ce qu'il avait pu, on relåchât les matelots de la caravelle ;

A toutes les stations que le temps ou les circonstances feraient faire dans les différentes échelles du Levant, d'expédier des nouvelles par de petits bâtimens envoyés exprès à Damiette, et qui seraient largement récompensés ; .

Arrivé à Constantinople, de faire connaître au ministre de France la situation de l'armée en

Égypte, de demander , d'accord avec lui , que les Français arrêtés en Syrie fussent mis en liberté, leur arrestation formant un contraste avec la conduite de la France;

De faire savoir à la Porte que les Français voulaient être ses amis; que leur expédition d'Égypte avait eu pour but de punir les Mamlouks, les Anglais, et d'empêcher le partage de l'empire ottoman que les deux empereurs avaient arrêté; qu'on lui prêterait secours contre eux, si elle le croyait nécessaire, et de demander impérieusement et avec beaucoup de fierté qu'on relâchât tous les Français qu'on avait arrêtés ; qu'autrement cela serait regardé comme une déclaration de guerre ; que le général en chef avait écrit plusieurs fois au grand-visir sans en avoir reçu de réponse ; et qu'enfin la Porte pouvait choisir et voir en lui, ou un ami capable de la faire triompher de tous ses ennemis, ou un ennemi aussi redoutable qu'elle.

Si le ministre de France était arrêté, de faire tous ses efforts pour pouvoir causer avec des Européens; de revenir en apportant toutes les nouvelles qu'il pourrait recueillir sur la position actuelle de la politique de cet empire ;

D'avoir soin de se procurer tous les journaux, depuis messidor, en quelque langue qu'ils fussent.

Si jamais on lui faisait la question : les Français consentiront-ils à quitter l'Égypte? de répondre : pourquoi pas ? pourvu que les deux empereurs fissent finir la révolte de Passwan-Oglou, et abandonnassent le projet de partager la Turquie européenne ; que, quant à la France , elle ferait

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