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bon pour mes amis, clément et miséricordieux envers le pauvre peuple. »

Il écrivit aux cheyks , aux ulémas et au commandant de Jérusalem , pour leur faire connaître qu'il était l'ami des musulınans; que les habitans de Jérusalem pouvaient choisir entre la paix ou la guerre ; que s'ils choisissaient la paix, ils devaient envoyer des députés à Jaffa, pour promettre de ne rien faire d'hostile contre les Français; que s'ils étaient assez insensés pour préférer la guerre, il la leur porterait lui-même '.

Bonaparte fit une nouvelle tentative de paix auprès de Djezzar-Pacha. Il lui rappelait les démarches paciliques qu'il avait faites auprès de lui, depuis son entrée en Égypte, et qui étaient restées sans réponses; lui reprochait de n'avoir point éloigné le bey Ibrahim de ses frontières , d'avoir, au contraire, réuni dans Gaza, des magasins et des soldats pour passer le désert, et violé le territoire égyptien, en portant son avant-garde à ElArych. Il lui déclarait, qu’ainsi provoqué à la guerre, il avait cru devoir partir du Kaire, pour la lui apporter lui-même; qu'au surplus, il avait été généreux envers les soldats syriens qui s'étaient mis à sa discrétion; mais sévère envers ceux qui avaient violé les droits de la guerre. « Je marcherai dans peu de jours sur Acre, ajoutait-il, mais quelle raison ai-je d'ôter quelques années de vie à un vieillard que je ne connais pas? Que

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sont quelques lieues de plus à côté des pays que j'ai conquis ? Puisque Dieu me donne la victoire, je veux, à son exemple, être clément et miséricordieux, non-seulement envers le peuple, mais encore envers les grands. Vous n'avez point de raisons réelles d'être mon ennemi, puisque vous l'étiez des Mamlouks. Votre pachalic est séparé de l'Égypte par les provinces de Gaza , Ramleh, et par d'immenses déserts. Devenez mon ami, soyez l'ennemi des Mamlouks et des Anglais ; je vous ferai autant de bien que je vous ai fait et que je peux vous faire de mal. » Il terminait en le prévenant qu'il marcherait sur Acre, le 24 ventôse, et que, s'il voulait faire la paix, il devait envoyer , avant ce jour, un plénipotentiaire à l'armée ". Diezzar , selon son habitude, fit jeter le messager à la mer.

Le général Reynier arriva à Ramleh, le 19 ventòse, avec sa division. Il y installa un divan. Il reçut l'ordre de se rendre à Jaffa , et de fournir des escortes aux convois.

Les provinces de Gaza, Ramleh et Jåffa , dont la majorité des habitans étaient chrétiens , avaient montré des dispositions favorables à l'armée ; mais les Naplousains annonçaient les dispositions les plus hostiles. La ville de Naplous, située derrière l’Anti-Liban, entre Jaffa, Saint-Jean-d'Acre, Damas et Jérusalem, couverte par une grande forêt de chênes, était un point favorable aux en

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nemis pour y réunir des forces. Déjà même le bruit courait qu'il s'y formait des rassemblemens. Le général en chef, pour les prévenir, envoya å Naplous des paroles de paix et des menaces, dans les mêmes termes que celles qu'il avait adressées aux cheyks de Jérusalem.

Kléber écrivait de Miski à Bonaparte, pour l'instruire de sa situation et du dessein où il était de marcher contre les Naplousains, lorsqu'il reçut une lettre du général en chef, qui lui annonçait la prise de Jaffa et le sort de la garnison, le chargeait de faire parvenir sa proclamation aux cheyks de Naplous , et lui recommandait de bien accueillir les envoyés de Djezzar, s'il s'en présentait à ses ayant-postes !

« Vous avez fait, lui répondit Kléber, une forte brèche aux remparts d’Acre, par la manière brillante dont vous venez d'emporter la place de Jaffa; recevez-en mes félicitations sincères'. »

Bonaparte instruisit ses lieutenans en Égypte, de la prise de Jaffa et de la conquête de la Palestine. Il écrivit à Marmont et à Poussielgue d'envoyer à Jaffa des bâtimens chargés de blé et de riz qui seraient frétés, en échange avec du savon et de l'huile dont manquait l'Égypte; d'activer, autant que possible, le commerce de Damiette et

Lettre du 19 ventose. • On voit par cette lettre de Kléber, qui n'était pas au siége de Jaffa , le cas qu'il faut faire de l'assertion de Robert Wilson que

ce général s'opposa de la manière la plus énergique à ce que les · prisonniers fussent passés par les armes.

CHAP. II

D'ÉGYPTE. ~ CHAP. XI. 181 de Rosette avec la Syrie, et d'assurer les négocians, que loin d'essuyer des avanies , ils seraient protégés. Il leur envoya la proclamation en arabe qu'il avait adressée aux habitans de la Palestine , pour la faire imprimer à Alexandrie ou au Kaire, et la répandre dans le Levant et la Barbarie'.

Bonaparte, craignant que l'équipage de siége que devait lui apporter la flottille du capitaine Stanglet ne fût pris par les Anglais, dans la traversée, jugea convenable d'en demander un autre. Il écrivit aa contre-amiral Gantheaume d'ordonner au contre aniral Perrée de former une escadre. avec les trois frégates la Junon, l'Alceste et la Courageuse, et deux bons briks, tels que le Salamine et lAlerte; d'embarquer sur chacune de ses frégates une pièce de 24, un mortier, approvisionnés de 300 coups , et une forge à rougir les boulets; de sortir d'Alexandrie, s'il pou : vait le faire sans être vu des Anglais, de se rendre à Jaffa pour y prendre de nouveaux ordres ?. En même temps, le général en chef, instruit que l'on n'avait encore rien fait pour réparer le fort d'El-Arich, écrivit à Caffarelli de donner promptement des ordres pour le mettre en état. « Vous sentez, lui mandait-il, qu'il peut arriver des événemens tels qu'El-Arich devienne notre tête de ligne, laquelle, pouvant tenir quinze jours ou un mois, donnerait des résultats incalculables. »

SOU UN.

· Lettres du 20 ventós e.
· Lettre du 19.
3 Lettre du 20. .

Le général en chef pourvut à l'organisation civile et militaire du pays; il nomma Menou commandant de la Palestine, et écrivit à Dugua d'envoyer à ce général, à Rosette, l'ordre de se rendre à Jaffa'.

Cette place était naturellement le port et l'entrepôt de tout ce qu'on devait recevoir de Damiette et d'Alexandrie, et pouvait être exposée à des descentes, soit de la part des Turcs de Rhodes , soit de la part des Anglais. En attendant l'arrivée de Menou , le général en chef donna, à l'adjudant-général Grézieux, le commandement des provinces de Jaffa et Ramleh; lui recommanda de s'occuper, avant tout, de faire réparer les brèches, de placer du canon sur les tours; de veiller sur les hôpitaux, dont le service devait être fait par des chrétiens, des Grecs et des Arméniens; de former un divan de sept individus chrétiens et mahometans; de seconder toutes les opérations de Gloutier, tendant à établir les finances et à procurer de l'argent à la caisse; d'envoyer des proelamations dans les villages; d’encourager de tout son possible le commerce de la Syrie avec l'Égypte; de veiller à ce que les magasins de l'armée ne fussent point gaspillés, et de faire parvenir , par toutes les occasions qui partiraient pour, l’Egypte, des nouvelles de l'armée à l'adjudantgénéral Almeyras, à Damiette, et au général Dugua, au Kaire '.

Lettre à Dugua, du 21 ventose. · Lettre à Grézieux, du 23 ventûse.

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