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ficulté d'exécuter des travaux aussi considérables y fit renoncer. On en forma des postes de dépôts.

Dans l'intérieur, à Menouf, Mit-Gamar, Mansourah, Alqam, on construisit des postes pour protéger la navigation du Nil, contenir les habitans du pays, et servir de dépôts.

Quant au poste établi à Suez, la difficulté des transports par le désert ne permit pas d'exécuter tous les travaux projelés. Les fortifications de Suez suffirent pour protéger contre les Arabes les établissemens qu'on voulait y former.

On aurait une idée très-fausse de ces fortifications, si on les assimilait à celles de l'Europe. On dut créer un système applicable au pays, aux matériaux, et approprié aux diverses attaques dont on pouvait être menacé; des maisons ou d'anciennes constructions armées de quelques pièces de canon et crénelées ; de petites tours aussi crénelées et surmontées d'une terrasse avec une ou deux pièces de canon, tels étaient la plupart des postes où une vingtaine de Français attendait sans crainte et repoussait toutes les attaques de la cavalerie ennemie ou d'une multitude soulevée, et n'y redoutait pas même une vingtaine de pièces d'artillerie mal servies. Les vivres et les munitions pour la garnison et en dépôt pour l'armée étaient dans des magasins construits dans l'intérieur ou bien adossés extérieurement à ces forts.

Afin de les mettere un peu à l'abri du feu de l'artillerie , on éleva autour de quelques-uns de ces postes des parapets ou des chemins couverts,

du

Ces fortifications étaient bonnes contre des armées turques, inhabiles aux attaques régulières, et qui savent à peine se servir de leur artillerie; elles n'auraient opposé qu'une faible résistance aux attaques de troupes européennes. Mais, considérées comme dépôt, destinées à fournir aui besoins de l'armée dans tous les lieux où elle pouvạit se porter, elles remplissaient leur but. C'éc tait sur l'armée que reposait la défense de l'Égypte; elle devait toujours être prête à marcher à l'ennemi.

Après avoir assuré les moyens de la nourrir sur tous les points, des routes étaient nécessaires pour faciliter ses marches dans toutes les saisons. Les communications par eau furent organisées sur le Nil, et protégées par des barques armées. Des reconnaissances furent ordonnées pour les communications par terre. Les routes qu'il importait particulièrement d'établir étaient celles d'Alexandrie à Damiette, en suivant la côte, de Rahmanieh. à Damiette, de Rahmanieh à Salhieh, de Damiette à Salhieh, du Kaire à Damiette , du Kaire à Alexandrie et Rosette par Rahmanieh, dy Kaire à Belbeis et Salhieh.

Pour être praticables pendant l'inondation, ces routes devaient être élevées au-dessus du niveau des eaux; on pouvait profiter de plusieurs digues et ponts qui existaient déjà. Les nouvelles levées et les ponts à faire devaient se rattacher au système général d'irrigation, et concourir à son perfectionnement. Ce travail indispensable pour compléter le système de défense, exigeait de grandes

dépenses et plusieurs années. Les ingénieurs militaires et des ponts et chaussées firent des reconnaissances très-précieuses; mais ce travail ne fut point exécuté.

Le nouveau genre de guerre que faisait Bonaparle lui suggéra quelques innovations utiles pour l'attaque et la défense.

Grâce à la vitesse de leurs chevaux, à l'habileté avec laquelle ils savaient les manier, à leur habitude de la vie du désert, les Arabes échappaient le plus souvent à la cavalerie française qui se ruinait à leur poursuite. Le général en chef, à son retour d'Asie à Suez, avait rencontré des Arabes montés sur des dromadaires et escortant une caravane. Les voyant conduire ces animaux avec adresse, il avait ordonné à Eugène Beauharnais et à Edouard Colbert, aujourd'hui lieutenant-géne d'essayer de monter et de conduire des dromadaires. Ces officiers ayant exécuté avec facilité les ordres du général en chef, qui les suivait au galop sans pouvoir les atteindre, Bonaparte annonça qu'avant un mois il aurait un régiment de dromadaires pour faire la police de l'Égypte. En arrivant à Suez, il en parla á Reynier et prit un arrêté pour la formation de ce corps. Dans le mêine temps, le géneral Desaix faisait la même chose dans la Haute-Égypte pour se mettre à la poursuite de Mourad-Bey. Le drornadaire, très-leste à la course, pouvait au trot suivre un cheval au petit galop, porter en même temps deux hommes adossés, les vivres, les munitions, supporter facilement la fatigue, la faini et la soif. Il était donc

très-propre à faire des marches dans le désert. Sa docilité se prêtait à toutes les manoeuvres ; il les exécutait avec une rare précision. Au signal de halte, il fléchissait les jambes, se reposait sur le ventre et restait immobile. Alors les soldats mettaient pied à terre, se formaient en bataillon, faisaient la loi à la tribu d'Arabes qu'ils poursuivaient. Ce moyen fut le plus efficace pour réprimer leurs brigandages et les forcer à se soumettre. Le corps des dromadaires rendit des services signalés dans toutes les campagnes. · Pour défendre l'infanterie contre les surprises de la cavalerie ennemie, lui permettre surtout de combattre sur deux rangs et de tirer parti du troisième, toujours faible et souvent nuisible aux hommes du premier , Bonaparte ordonna que chaque soldat serait muni d'un pieu ferré par les deux bouts, comme faisant partie de son armement. Ces pieux, destinés à être plantés en terre sous un angle incliné à l'horizon, la pointe tournée contre l'ennemi, devaient défendre contre la cavalerie le front de l'infanterie pendant le combat, et garnir son enceinte lorsqu'elle était campée. Les pieux étaient alors liés les uns aux autres par des chaînettes qui les assujétissaient et en faisaient un tout unique impossible à déplacer en masse. On ne voit pas cependant que ce moyen défensif ait été employé.

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CHAPITRE X I.

CAMPAGNE DE SYRIE.

PREMIÈRE PÉRIODE.

Motifs de l'expédition en Syrie. - Préparatifs. -Bonaparte remet

des instructions aux généraux commandant en Égypte.-L'armée de Syrie passe le désert.-Prise d'El-Arych.--Les villes de Gaza et Ramleh se soumettent aux Français. -Siège et sac de Jaffa.- Sort de la garnison --La peste règne dans l'armée française.- Protestations pacifiques de Bonaparte envers les habilaos de la Palestine et le pacha d'Acre. --Bonaparte organise le pays conquis. -Combat de Qaqoun.--Prise de Caïfa.-L'artiltillerie de siége tombe au pouvoir des Anglais.-L'armée française arrive devant Acre.

Après avoir réprimé la révolte du Kaire, soumis les provinces et fait un établissement à Suez, Bonaparte n'avait plus rien à craindre de l'intérieur de l'Égypte, et s'en trouvait paisible possesseur; mais ses ennemis préparaient au dehors les moyens de lui arracher sa conquête; l'orage se formait en Asie. Deux armées turques se réunissaient, l'une en Syrie, l'autre à Rhodes, pour attaquer les Français. Elles devaient agir simulta

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