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cessairement le puits de Gandeli, dans la vallée de l'Égarement, et El-Touâreq sur la Mer-Rouge, à 3 lieues de Suez, Murat devait, en les poursuivant, aller jusqu'à ces deux positions, et écrire un mot au commandant de ce port. Il lui était recommandé, pendant sa marche dans le désert, de pousser toujours, à une lieue sur sa droite et sur sa gauche, un officier avec l5 cavaliers, et de marcher sur tous les convois de chameaux qu'il rencontrerait : le général en chef comptait que cette course, qui devait durer 6 jours, en produirait plusieurs centaines

Rampon occupait Berket-el-Haggi; Bonaparte le chargea d'aller reconnaître la position de Geziret-Billys, ou camp des Arabes de ce nom, situé à 4 lieues de là, entre Belbeis et la branche de Damiette, et, quand il en serait à une demi-lieue, de faire connaître à cette tribu qu'elle n'avait rien à craindre, qu'elle pouvait rester dans son camp, parce que le cheyk était venu voir le général en chef et en avait obtenu grâce ; Rampon devait tenir note des villages par où il passerait, et observer les différentes positions qu'occupaient les Arabes, afin que, si les circonstances exigeaient qu'il marchât contre eux, il sût comment s'y prendre; veiller à ce que ses troupes ne fissent aucun mal; recommander à tous les villages de payer exactement le miry, de ne pas cacher de Mamlouks , et de les déclarer s'il y en avait3.

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Le général Leclerc remplaça Murat dans le commandement du Qélioubeh. Bonaparte avait fait arrêter et détenir au secret dans la citadelle du Kaire, Cheraïbi, chef de cette province, pour avoir, malgré son serment de fidélité, correspondu avec les Mamlouks, et, le jour de la révolte du Kaire, appelé les habitans des villages environnans à se joindre aux révoltés. Il chargea Leclerc de mettre à Qélioub le séquestre sur ses biens et d'en prévenir le divan de la province et les cheyks des Arabes, qui devaient d'autant plus sentir la justice de ces mesures qu'ils avaient été témoins de ses crimes et qu'on l'avait comblé de bienfaits

On ne pouvait venir à bout des Arabes de Darne; battus d'un côté, ils se représentaient de l'autre. Ils parurent à Mit-Asem, dans la province de Mansourah. Le général Verdier marcha sur ce village, dispersa les Arabes, y découvrit quelques Mamlouks et trois pièces de canon dont il s'empara. Le cheyk était d'intelligence avec eux. Le général en chef écrivit à Verdier de le menacer de coups de bâtons s'il ne désignait pas les endroits où il y aurait encore des Mamlouks et des canons cachés; de se faire donner tous les renseignemens possibles sur les bestiaux appartenant aux Arabes de Darne , qui pourraient être dans le village, après quoi de lui faire couper la tête et de la faire exposer avec une inscription qui désignerait que c'était pour avoir caché des canons;

1 Lettre de Bouapaitc, du 23 frimaire.

de faire également couper la tête aux Mamlouks, et d'envoyer les trois pièces de canon à Gizeh; de publier une proclamation dans la province pour que les villages qui avaient des canons eussent à les remettre dans le plus court délai '.

Les consuls étrangers, à Alexandrie , reçurent une lettre de l'amiral anglais et la publièrent sans la permission du général Marmont. Le général en chef lui en témoigna son étonnement. « Faitesleur rendre compte, lui écrivit-il, qui leur a remis cettelettre, et faites-leur connaître que, si, à l'avenir, ils ne vous remettaient pas, toutes caohetées, les lettres qu'ils recevraient, vous les feriez fusiller. Si ce cas se présentait, vous m'enverriez la lettre toute cachetée. »

Un nommé Jennovisch , capitaine impérial, vint à Alexandrie ; Bonaparte donna l'ordre à Marmont de mettre le scellé sur ses effets, et de l'envoyer sous bonne escorte au Kaire. « Vous aurez soin , lui mandait-il, de le faire mettre nu, et de prendre tous ses habillemens que vous ferez découdre pour vous assurer qu'il n'y a rien dedans. Vous lui ferez donner d'autres habits. L'envoi de cet homme h Alexandrie me paraît suspect : du reste, je suis fort aise qu'il y soit, puisqu'il nous donnera des nouvelles du continent; mais qu'il ne parle à personne *. »

Jusqu'à ce moment, l'état sanitaire de l'armée avait été satisfaisant; on n'y avait pas vu le moin

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dre symptôme de peste ; vers la fin de frimaire , elle se déclara à Alexandrie dans l'hôpital de la marine. Il y eut beaucoup de lenteur dans les déclarations , et par conséquent dans les mesures de précaution et d'isolement nécessaires pour empêcher la maladie de se propager. Elle se communiqua aux troupes de terre.

L'ordonnateur des lazarets reçut l'ordre de Bonaparte de se concerter avec le médecin en chef, et lui demanda s'il fallait brûler les effets des pestiférés, ou se contenter de leur lavage et sérénage. Desgenettes répondit que leur brûlement était une mesure indispensable. Il fit cependant observer au général en chef que ce parti pourrait entraîner beaucoup de dépense, soit par la perte des fournitures appartenant à l'État, soit pour les indemnités qui seraient réclamées par les particuliers. Bonaparte répondit comme le héros du Tasse quand il rejette la rançon d'Altamore: « Je suis venu ici pour fixer l'attention et reporter l'intérêt de l'Europe sur le centre de l'ancien monde , et non pour entasser des richesses ». On brûla donc les effets des pestiférés ou des malades suspects de la peste

Le général en chef écrivit à Marmont: « Faites faire tous les cinq jours une visite des hôpitaux par un officier supérieur de ronde qui prendra toutes les précautions nécessaires, qui visitera tous les malades, et fera fusiller sur-lechamp, dans la cour de l'hôpital, les infirmiers

'Dcsgcncltcs, Histoire médicale de l'armée d'Orient, pag. 23. ou employés qui auraient refusé de fournir aux malades les secours et les vivres dont ils ont besoin. Cet officier, en sortant de l'hôpital, sera mis pour quelques jours en réserve dans un endroit particulier. Vous avez bien fait de faire donner du vinaigre et de l'eau-de-vie à la troupe. Épargnez l'un et l'autre; il y a loin d'ici au mois de juin '. » #

La peste étendit ses ravages; plusieurs corps en furent atteints. Bonaparte envoya à Marmont une longue instruction faite pour servir de modèle à tout général d'armée. Ses recettes étaient simples et décisives. Il ne puisait pas dans les pharmacies; l'eau, l'air, la propreté formaient tout son formulaire. On y reconnaît ce coup-d'œil prompt à juger les choses, et cet esprit fécond en ressources que rien n'embarrassait, et qui trouvait remède à tout.

« J'imagine, écrivit-il, que vous aurez changé la manière de faire le service d'Alexandrie. Vous aurez placé aux différentes batteries et aux forts de petitspostesstablesetpermanens : ainsi, par exemple , à la hauteur du fort de l'Observation, à la batterie des bains, vous aurez placé 12 à i5 hommes qui ne devront pas en sortir, et que vous tiendrez là sans communication. Ces 12 à f5 hommes fourniront le factionnaire nécessaire pour garder le poste. L'état de la mer vous dispense d'avoir aujourd'hui une grande surveillance; ainsi vous vous trouvez avoir besoin de fort peu de monde. Pour-

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