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» et ses intérêts avec ceux de la France entière; » ce n'est que son usurpation et sa tyrannie » qui ont lié jusqu'ici son sort à celui de la » France. Il a été entraîné malgré lui à pro» clamer hautement ses terreurs. Semblable à » un gladiateur condamné, il paroît aujour» d'hui dans sa dernière arène, l'oeil morne et » la tête baissée. Aucun signe d'encouragement » public ne vient leranimer. Personne n'adresse » à Dieu des võux sincères pour son propre » salut. Ses ennemis sont nombreux et formi» dables ; et ses partisans sont tristes , silen» cieux, sans énergie. Comment quitte-t-il » sa capitale ? Quels sont les tendres gages » d'amour et d'affection qu'il donne en par» tant à sa bonne ville de Paris ? Semblable à » un locataire frauduleux qui signale les der» niers jours de sa résidence par la dévastation » et par le vol , il pille la banque , il pille le » Mont-de-Piété et les caisses publiques. Ses » rapines accélèrent la disparition des capi» taux qu'on retire de toutes parts de la cir» culation. Mais il est enfin arrivé le moment » terrible où l'Univers conjuré contre son » oppresseur, où toutes les nations indignées » vont secouer le joug qui les accable. Napo» léon, lui-même , a révélé ses craintes : au

> jour de son audacieuse méchanceté, il se » confioit dans son étoile , dans sa fortune , » dans sa destinée ; aujourd'hui la lumière » éblouissante qui le guida si long-temps s'est » évanouie , et il se trouve le jouet d'un pou>> voir qu'il ne peut vaincre, et que sa con

science revêt de terreurs. Déchiré par le » sentiment de l'exécration universelle qui s'at» tache à hui, par l'horrible anticipation de » l'avenir , il court distraire son inquiétude » dans le tumulte des camps ; il va joindre et » sacrifier les débris de tant d'armées autrefois » victorieuses et florissantes. »

Tels étoient les sentimens et les passions contraires qui agitoient les Français de la capitale et des provinces , à l'approche de la crise que les armes alloient décider.

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Arrivée de Napoléon à Châlons-sur-Marne. Cone

centration de son armée. — Marche de l'armée de Silésie sur l’Aube. – Napoléon attaque et prend Saint-Dizier. — Il se dirige en hâte sur l'Aube, par la forêt de Montierender. — Il surprend l'armée de Silésie à Brienne. — Premier combat de Brienne.

- Les deux armées restent en présence. – Bataille de Brienne et de la Rothière. — Retraite de l'armée française sur Troyes.

S'OPPOSER à la jonction des armées alliées de l'Est, créer autour d'elles un système de défense ou d'insurrection nationale, leur livrer des batailles partielles, les repousser" audelà du Rhin, ou les détruire par la promptitude de ses manæuvres ; tel étoit le plan de campagne de Napoléon, quand il se mit à la tête de l'armée rassemblée avec tant de peine. Sa direction vers Châlons-sur-Marne, et ses mouvemens ultérieurs, décelèrent sa vive impatience d'en venir aux mains avec l'armée de Silésie, qui étoit à ses yeux la plus redoutable; elle n'étoit composée en

effet que de Russes et de Prussiens, dont l'intérêt politique sembloit ne lui promettre aucun espoir. Peut-être aussi étoit-il excité par la réputation d'activité et de vigueur que s'étoit 'acquise le feld-maréchal Blucher , et brûloit-il de se mesurer avec lui. · Cette armée avoit déjà dépassé la Marne , et son corps principal, commandé par le général Sacken, se portoit diagonalement sur l'Aube , pour joindre la grande armée entre Bar-sur-Aube et Brienne, afin de prévenir les entreprises de Napoléon. Le mouvement du corps de Sacken commença , le 22 janvier, par la marche de deux colonnes , l'une sur Ligny, l'autre sur Vaucouleurs , Gondrecourt et Joinville. Le feld-maréchal Blucher et son état-major suivoient cette dernière colonne.

Cependant, pour faire face de tous côtés , les différens corps de l'armée française, ou plutôt les restes des cadres qui en portoient le nom, occupoient encore une ligne trop étendue ; il ne leur étoit pas possible d'opposer à l'ennemi une masse imposante. Des instructions récentes, émanées des Tuileries , avoient prescrit aux maréchaux d'empire , commandant les différens corps, de se concentrer vers Châlons et Vitry, du 20 au 25 janvier; l'atten

tion générale se dirigeoit sur les premiers coups qui devoient se porter dans ces plaines de Châlons, déjà fameuses. · Le maréchal duc de Tarente se replioit devant le corps russe de Winzingerode, par Namur, Rocroi, Vervins , Rhetel et Rheims, abandonnant les Ardennes, où les peuples s'étoient armés contré Napoléon.

En sortant de Verdun le maréchal duc de Raguse s'étoit vainement retranché dans les défilés de Clermont en Argonne , connus sous le nom des Ylettes; il se replioit aussi sur Châlonsa · Après avoir occupé Bar-sur-Ornain, le maréchal prince de la Moskwa se concentroit sur Ligny et sur Saint-Dizier, où se trouvoit lé maréchal Victor , duc de Bellune.

Le major-général prince de Wagram , à qui Napoléon devoit tant de victoires, étoit arrivé de Paris à Ligny, pour conférer avec les maréchaux ; il fut décidé que le maréchal Victor tiendroit à Ligny et à Bar jusqu'à l'arrivée de la jeune garde venant d'Anvers pour renforcer l'armée de Châlons. · Napoléon lui-même ne soupçonnoit point encore les véritables intentions des alliés , et des deux côtés on cherchoit à se deviner. Le

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