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CAMPAGNE DE SAXE.

LIVRE HUITIÈME.

A S. M. l'impératrice-reine et régente. .

sirvATIoN DEs ARMÉEs FRANçAIsEs DANs LE NoRD, Au 3o - MARS. La garnison de Dantzick avait éloigné l'ennemi de toutes les hauteurs d'Oliva, dans les premiers jours de mars. Les garnisons de Thorn et de Modlin étaient dans le meilleur état. Le corps qui bloquait Zamosc s'en était éloigné. Sur l'Oder, les places de Stettin, Custrin et Glogau n'étaient pas assiégées. L'ennemi se tenait hors de la portée du canon de ces forteresses. La garnison de Stettin avait brûlé tous les faubourgs et préparé tout le terrain autour de la place.

* Dans cette campagne et dans la suivante, Napoléon, comme s'il eût prévu que la victoire allait l'abandonner pour toujours, cessa d'envoyer dans sa capitale ces bulletins guerricrs, fidèles témoignages de ses succès sur les champs de bataille. Les nouvelles des armées étaient adressées à l'impératrice, et publiées par extrait dans le Moniteur. Mais la rédaction n'en appartenait pas moins à l'empcreur, et c'est à ce titre que nous les publions. Il sera curieux de comparer la peinture de nos revers tracée de la même main qui avait improvisé les brillans bulletins d'Austerlitz, de Iéna et de Friedland.

( 98 ) La garnison de Spandau avait également brûlé tout ce qui pouvait gêner la défense de la place. Sur l'Elbe, le 17, on avait fait sauter une arche du pont de Dresde, et le général Durutte avait pris positiou sur la rive gauche. Les Saxons s'étaient portés autour de Torgau. Le vice-roi était parti de Leipsick, et avait porté, le 21, | son quartier-général à Magdebourg. Le général Lapoype commandait à Wittenberg le pontet la place, qui étaient armés et approyisionnés pour plusieurs mois. On l'avait remise en bon état. · · , Arrivé à Magdebourg, le vice-roi avait envoyé le 22 le

général Lauriston sur la rive droite de l'Elbe. Le général !

Maison s'était porté à Mockern et avait poussé des postes sur Burg et Ziczar ; il n'a trouvé que quelques pulks de troupes légères, qu'il a culbutés et sur lesquels il a pris ou tué une soixantaine d'hommes. Le 12, le général Carra-Saint-Cyr, commandant la trentedeuxième division militaire, avait jugé convenable de repas· ser sur la rive gauche de l'Elbe, et de laisser Hambourg à la garde des autorités et des gardes nationales. Du 15 au 2o, différentes insurrections se manifestèrent dans les départemens des Bouches-de-l'Elbe et de l'Ems. Le général Morand, qui occupait la Poméranie suédoise, ayant appris l'évacuation de Berlin, faisait sa retraite sur Hambourg. Il passa l'Elbe à Zollenpischer, et le 17, il fit sa

jonction avec le général Carra-Saint-Cyr. Deux cents hom

mes de troupes légères ennemies ayant atteint son arrièregarde, il les fit charger et leur tua quelques hommes. Le général Morand se porta sur la rive gauche, et le général SaintCyr se dirigea sur Brême. \ Le 24, le général Saint-Cyr fit partir deux colonnes mobiles, pour se porter sur les batteries de Calsbourg et de Blexen, que des contrebandiers aidés des paysans et de quel

ques débarquemens anglais avaient enlevées. Ces colonnes ont mis les insurgés en déroute et repris les batteries. Les chefs ont été pris et fusillés. Les Anglais débarqués n'étaient qu'uue centaine; on n'a pu leur faire que quarante prisonniers.

Le vice-roi avait réuni toute son armée, sorte de cent mille hommes et de trois cents pièces de canon, autour de Magdebourg, manœuvrant sur les deux rives.

Le général de brigade Montbrun, qui, avec une brigade de cavalerie, occupait Steindal, ayant appris que l'ennemi avait passé le bas Elbe dans des bateaux près de Werden, s'y porta le 28, chassa les troupes légères de l'ennemi, et entra dans Werden au galop. Le quatrième de lanciers exécuta une charge à fond, dans laquelle il tua une cinquantaine de cosaques et en prit douze. L'ennemi se hâta de regagner la rive droite de l'Elbe. Trois gros bateaux furent coulés bas, et quelques barques chavirèrent; elles pouvaient être chargées de soixante chevaux et d'un pareil nombre d'hommes. On a pu sauver dix-sept cavaliers, parmi lesquels se sont trouvés deux officiers, dont un aide-de-camp du général Dornberg, qui commandait cette colonne. · Il paraît qu'un corps de troupes légères, d'un millier de chevaux, de deux mille hommes d'infanterie et de six pièces de canon, est parvenu à se diriger du côté de Brunswick, pour exciter à la révolte le Hanovre et le royaume de Vestphalie. Le roi de Westphalie s'est mis à la poursuite de ce corps, et d'autres colonnes envoyées par le vice-roi arrivent sur ses derrières. Quinze cents hommes de troupes légères ennemies ont passé l'Elbe le 27, près de Dresde, sur des batelets. Le général Durutte marche sur eux.Les Saxons avaient laissé ce point dégarni, en se groupant autour de Torgau. Le prince de la Moskwa était arrivé le 26 avec son quartier-géneral et son corps d'armée à Wurtzbourg ; son avantgarde débouchait des montagnes de la Thuringe.

Le duc de Raguse a porté le 22 mars son quartier-général à Hanau ; ses divisions s'y réunissaient.

Au 3o mars, l'avant-garde du corps d'observation d'Italie était arrivée à Augsbourg. Tout le corps traversait le Tyrol.

Le 27, le général Vandamme arrivait de sa personne à Brême. Les divisions Dumonceau et Dufour avaient déjà dépassé Wesel.

Indépendamment de l'armée du vice-roi, des armées du Mein et du corps du roi de Westphalie, il y aura dans la première quinzaine d'avril, près de cinquante mille hommes dans la trente-deuxième division militaire, afin de faire un exemple sévère des insurrections qui ont troublé cette division. Le comte de Bentink, maire de Varel, a eu l'infamie de se mettre à la tête des révoltés. Ses propriétés seront confisquées, et il aura, par sa trahison, consomnié à jamais la ruine de sa famille.

Pendant tout le mois de mars, il n'y a eu aucune affaire. Dans toutes les escarmouches, dont celle du 28 ( à Werden ) est, de beaucoup, la plus considérable, l'armée française a toujours eu le dessus.

· A S. M. l'impératrice-reine et régente.

sITUATIoN DEs ARMÉEs FRANçAIsEs DANs LE NoRD, AU 5 AVRIL .

Les nouvelles de Dantzick étaient satisfaisantes. La nombreuse garnison a formé des camps en dehors. L'ennemi se tenait éloigné de la place, et ne paraissait pas en disposition de rien tenter. Deux frégates anglaises s'étaient fait voir de yant la place.

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A Thorn, il n'y avait rien de nouveau. On y avait mis le temps à profit pour améliorer les fortifications, • L'ennemi n'avait que très-peu de forces devant Modlin; le général Daendels en a profité pour faire une sortie, a repoussé le corps ennemi, et s'est emparé d'un gros convoi, où il y avait entre autres cinq cents bœufs. La garnison de Zamosc est maîtresse du pays à six lieues à la ronde, l'ennemi n'observant cette place qu'avec quelque cavalerie légère. Le général Frimont et le prince Poniatowski étaient toujours dans la même position sur la Pilica. Stettin, Custrin et Glogau étaient dans le même état. L'ennemi paraissait avoir des projets sur Glogau dont le blocus était resserré. Le corps ennemi qui, le 27 mars, a passé l'Elbe à Werden, et dont l'arrière-garde a été défaite le 28 par le général Montbrun, et jetée dans la rivière, s'était dirigé sur Lunebourg. Le 29, le général Morand partit de Brême, et se porta sur Lunebourg, où il arriva le premier avril.Les habitans, soutenus par quelques troupes légères de l'ennemi, voulurent faire résistance; les portes furent enfoncées à coups de canon, une trentaine de ces rebelles passés par les armes, et la ville fut soumise. Le 2, le corps ennemi qu'on supposait de trois à quatre mille hommes, cavalerie, infanterie et artillerie, se présenta devant Lunebourg. Le général Morand marcha à sa rencontre avec sa colonne, composée de huit cents Saxons, et de deux cents Français, avec une trentaine de cavaliers et quatre pièces de canon. La canonnade s'engagea. L'ennemi avait été forcé de quitter plusieurs positions, lorsque le général Morand fut tué par un boulet. Le commandement passa à un colonel saxon. Les troupes, étonnées de la perte de leur chef,

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