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Le roi de Naples était à Nikoulino, avec la cavalerie, occupant Inkovo. Le maréchal duc d'Elchingen, commandant le troisième corps, était à Liozna. Le maréchal prince d'Eckmülh, commandant le premier corps, était à Donbrowna. Le cinquième corps, commandé par le prince Poniatowski, était à Mohilow. Le quartier-général était à Witepsk. Le deuxième corps, commandé par le maréchal duc de Reggio, était sur la Drissa. Le dixième corps, commandé par le duc de Tarente, était sur Dunabourg et Riga. Le 8 , douze nille hommes de cavalerie ennemie se portèrent sur Inkovo et attaquèrent la division du général comte Sebastiani, qui fut obligé de battre en retraite l'espace d'une demi-lieue pendant toute la journée, en éprouvant et faisant éprouver à l'ennemi des pertes à peu près égales. Une compagnie de voltigeurs du vingt-quatrième régimentd'infanterie légère, faisant partie d'un bataillon de ce régiment qui avait été confié à la cavalerie pour tenir position dans le bois, a été prise. Nous avons eu deux cents hommes, environ, tués et blessés; l'ennemipeut avoir perdule même nombre d'hommes. Le 12, l'armée ennemie partit de Smolensk, et marcha par différentes directions, avec autant de lenteur que d'hésitation , sur Porietch et Nadra. Le 1o, l'empereur résolut de marcher à l'ennemi, et de s'emparer de Smolensk en s'y portant par l'autre rive du Borysthène. Le roi de Naples et le maréchal duc d'Elchingen partirent de Liozna, et se rendirent sur le Borysthène, près de l'embouchure de la Beresina, vis-à-vis Khomino, où , dans la nuit du 13 au 14, ils jetèrent deux ponts sur le Borys-thène.

Le vice-roi partit de Souraj, et se rendit par Janovitski et Lionvavistchi à Rasasna, où il arriva le 14.

Le prince d'Eckmülh réunit tout son corps a Donbrowna le 13.

Le général comte Grouchy réunit le troisième corps de cavalerie à Rasasna le 12.

Le général comte Eblé fit jeter trois ponts à Rasasna le 15. Le quartier-général partit de Witepsk, et arriva à Rasasna le 13.

Le prince Poniatowski partit de Mohilow et arriva le 13 à Romanow.

Le 14, à la pointe du jour, le général Grouchy marcha sur Liadié; il en chassa deux régimens de cosaques, et s'y réunit avec le corps de cavalerie du général comte Nansouty.

Le même jour le roi de Naples, appuyé par le maréchal duc d'Elchingen, arriva à Krasnoi. La vingt-septième division ennemie, forte de cinq mille hommes d'infanterie, soutenue par deux mille chevaux et douze pièces de canon, était en position devant cette ville. Elle fut attaquée et dépostée en un moment par le duc d'Elchingen. Le vingt-quatrième régiment d'infanterie légère attaqua la petite ville de Krasnoi à la baïonnette avec intrépidité, La cavalerie exécuta des charges admirables. Le général de brigade baron Bordesoult et le troisième régiment de chasseurs se distinguèrent. La prise de huit pièces d'artillerie, dont cinq de 12 et deux iicornes, et de quatorze caissons attelés, quinze cents prisonniers, un champ de bataille jonché de plus de mille cadavres russes, tels furent les avantages du combat de Krasnoi, où la division russe, qui était de cinq mille hommes, perdit la moitié de son monde. .

S. M. avait, le 15, son quartier-général a la poste de Kovonitua. A

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Le 16, au matin, les hauteurs de Smolensk furent couronnées; la ville présenta à nos yeux une enceinte de murailles de quatre mille toises de tour, épaisses de dix pieds et hautes de vingt-cinq, entremêlées de tours, dont plusieurs étaient armées de canons de gros calibre.

Sur la droite du Borysthène, on apercevait et l'on savait que les corps ennemis tournés revenaient en grande hâte sur leurs pas pour défendre Smolensk. On savait que les généraux ennemis avaient des ordres réitérés de leur maître de livrer la bataille et de sauver Smolensk. L'empereur reconnut la ville,

· et plaça son armée, qui fut en position dans la journée du

16. Le maréchal duc d'Elchingen eut la gauche appuyant au
Borysthène, le maréchal prince d'Eckmühl le centre, le
prince Poniatowski la droite; la garde fut mise en réserve au
centre; le vice-roi en réserve à la droite, et la cavalerie sous
les ordres du roi de Naples à l'extrême droite; le duc d'A-
brantès, avec le huitième corps, s'était égaré et avait fait un
faux mouvement.
Le 16, et pendant la moitié de la journée du 17, on resta
en observation. La fusillade se soutint sur la ligne. L'ennemi
occupait Smolensk avec trente mille hommes, et le reste de
son armée se formait sur les belles positions de la rive droite
du sleuve, vis-a-vis la ville, communiquant par trois ponts.
Smolensk est considéré par les Russes comme ville forte et
comme le boulevard de Moscou.
Le 17, à deux heures après midi, voyant que l'ennemi
n'avait pas débouché, qu'il se fortifiait devant Smolensk, et
qu'il refusait la bataille; que, malgré les ordres qu'il avait et
la belle position qu'il pouvait prendre, sa droite à Smolensk,
et sa gauche au cours du Borysthène, le général ennemiman-
quait de résolution, l'empereur se porta sur la droite, et or-
donna au prince Poniatowski de faire un changement de
front, la droite en avant, et de placer sa droite au Borys-

thène, en occupant un des faubourgs par des postes et des batteries pour détruire le pont et intercepter la communication de la ville avec la rive droite. Pendant ce temps, le maréchal prince d'Eckmühl eut ordre de faire attaquer deux faubourgs que l'ennemi avait retranchés à deux cents toises de la place, et qui étaient défendus chacun par sept ou huit mille hommes d'infanterie et par du gros canon. Le général comte Friant eut ordre d'achever l'investissement, en appuyant sa droite au corps du prince Poniatowski , et sa gauche à la droite del'attaque que faitait le prince d'Eckmühl.

A deux heures après midi, la division de cavalerie du comte Bruyères, ayant chassé les costques et la cavalerie ennemie, occupa le plateau qui se rapproche le plus du pont en amont.Une batterie de soixante pièces d'artillerie fut établie sur ce plateau, et tira à mitraille sur la partie de l'armée 'ennemie restée sur la rive droite de la rivière, ce qui obligea bientôt les masses d'infanterie russe à évacuer cette position.

L'ennemi plaça alors deux batteries de vingt pièces de canon à un couvent, pour inquiéter la batterie qui le foudroyait et celles qui tiraient sur le pont. Le prince d'Eckmühl confia l'attaque du faubourg de droite au général comte Morand, et celle du faubourg de gauche au général comte Gudin. A trois heures, la canonnade s'engagea ; a quatre heures et demie commença une vive fusillade, et à cinq heures, les divisions Morand et Gudin enlevèrent les faubourgs retranchés de l'ennemi avec une froide et rare intrépidité, et le poursuivirent jusque sur le chemin couvert, qui fut jonché de cadavres russes.

Sur notre gauche, le duc d'Elchingen attaqua la position que l'ennemi avait hors de la ville, s'empara de cette position, et poursuivit l'ennemi jusque sur le glacis.

A cinq heures, la communication de la ville avec la rive droite devint difficile, et ne se fit plus que par des hommes isolés. · · · · ,

Trois batteries de pièces de 12, de brèche, furent placées contre les murailles, à six heures du soir, l'une par la division Friant, et les deux autres par les divisions Morand et Gudin. On déposta l'ennemi des tours qu'il occupait, par des obus qui y mirent e feu. Le général d'artillerie comte

Sorbier rendit impraticable à l'ennemi l'occupation de ses

chemins couverts, par des batteries d'enfilade. Cependant, dès deux heures après midi, le général enmemi, aussitôt qu'il s'aperçut qu'on avait des projets sérieux sur la ville, fit passer deux divisions et deux régimens d'infanterie de la garde pour renforcer les quatre divisions qui étaient dans la ville. Ces forces réunies composaient la moitié de l'armée russe. Le combat continua toute la nuit : les trois batteries de brèche tirèrent avec la plus grande activité. Deux compagnies de mineurs furent attachées aux remparts. Cependant la ville était en feu. Au milieu d'une belle nuit d'août, Smolensk offrait aux Français le spectacle qu'offre aux habitans de Naples une éruption du Vésuve. A une heure après minuit, l'ennemi abandonna la ville, et repassa la rivière. A deux heures, les premiers grenadiers qui montèrent à l'assaut ne trouvèrent plus de résistance ; la place était évacuée; deux cents pièces de canon et mortiers de gros calibre, et une des plus belles villes de la fussie étaient en notre pouvoir, et cela à la vue de toute l'armée ennemie. Le combat de Smolensk, qu'on peut à juste titre appeler bataille, puisque cent mille hommes ont été engagés de part et d'autre, coûte aux Russes la perte de quatre mille sept cents hommes restés sur le champ de bataille, de deux mille prisonniers, la plupart blessés, et de sept à huit mille blessés. Parmi les morts se trouvent cinq généraux russes. Notre

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