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sidérée comme déchue de sa grandeur, et fut en butte à
toutes sortes de mauvais traitemens, jusqu'à l'érection de la
principauté.Alors seulement, voulant ne pas laisser perdre
une illustration justement acquise, elle a relevé pour elle-même
des faits qui avaient été tenus secrets, non pas tant, peut-
être, pour en dissiper l'odieux que pour prouver qu'elle ne
renonçait pas à ses droits, comme l'ont fait nombre d'autres
familles, en refusant les armoiries et les alliances qui les
auraient rendues agréables au peuple, ensuivant l'impulsion
du pays. - -
« Venons à l'autre point de notre exposé. Il est fondé sur
ce que nous venons de dire, qu'en 1571, le chevalier Fausto
Beltramini de Siena, voulant prendre la croix de St-Etienne,
non par grâce, mais d'après justice, établit le quartier de
noblesse de Buonaparte par Catherina sa mère, fille de Gio,
fils de notre Benedetto Buonaparte.Il prouva de même la no-
blesse d'Attavanti par la mère de Catherina, et en remon-
tant jusqu'au premier grade de noblesse de Buonaparte à
Florence, dans le temps même de la république, preuves
qui émanent des documens des magistrats de San-Miniato
depuis 157o jusqu'à 1571, où ils s'expriment ainsi qu'il suit,
au sujet des auteurs des exposans : « c'est bien volontaire-
ment qu'ils s'en sont abstenus, à cause de leur droit de cité
à Florence, » et comme l'atteste plus clairement encore le
témoignage de messire Antonio de Gucci de San-Miniato.
« Premier témoin.Il se rappelle avoir vu ledit Gio-Buona-
parte, père de ladite Catherina, icelle mère dudit Fausto,
en qualité de gentilhomme et homme d'armes de M. Va-
lerio Orsini, aux appointemens de la république de Florence.
Sur ces documens généraux, a été accordé le quartier de no-
blesse à Buonaparte par le conseil de Pise, avec une mention
honorable sur le rapport qui en à été fait au sérénissime grand-
maîtrc. ' , : t . " .

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« Les motifs de ce rapport ont été, que la famille de Buonaparte a joui du droit de cité à Florence et à Lucques; que plusieurs membres de cette famille avaient rempli l'emploi de vedut du collége, que d'autres ont eu des emplois au dehors ; mais comme dans le temps San-Miniato n'avait pas de siége épiscopal, et que par conséquent ces familles ne pouvaient, en vertu des statuts de l'ordre, être admises aux preuves judiciaires, à l'effet de prendre l'habit, d'après le chapitre 3 du même statut, « le candidat doit étre de la nation et dans la ville, » malgré l'application de ce principe aux autres quartiers de noblesse, la justice ne put les étendre jusqu'au quartier de Buonaparte, c'est-à-dire à l'ancienne et noble origine de Buonaparte gibellin et à ses auteurs, quoiqu'ils fussent dès-lors considérés comme grands.

« On voit en second lieu que la jouissance des emplois des colléges mentionnée au susdit ra,port, avec l'approbation du saint ordre militaire, qui l'admettait même comme preuve judiciaire, concession semblable à celle faite à la famille Jeppi, ne peut s'expliquer autrement que par les preuves fournies

| par la famille Buonaparte et par Beltramini, de la possession

des prérogatives du grade noble de Florence. Or, suivant les lois réglementaires de ce corps de noblesse, elle doit être placée au rang des patriciens. -

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« Mais pour éclaircir davantage ce qui vient d'être exposé, nous donnerons l'assurance que les preuves des titres des Buonaparte, faites par Beltramini dans la personne de Catherina di Gio di Benedetto Buonaparte, l'auteur commun, furent faites comme de famille florentine, sanctionnées par le saint ordre militaire. Ceci fit reconnaître judiciairement le quartier de Buonaparte à Ridolfi, soixante-dix ans après les preuves de Beltramini.Si tel a été l'effet des preuves de Beltramini, à plus forte raison les Buonaparte ont le droit de demander à être, comme les Ridolphi, reconnus nobles et de famille florentine. « En résumant aux yeux de leurs seigneuries illustrissimes ce qui vient d'être examiné et discuté, la famille Buonaparte a le droit d'être classée parmi les grands ou gibellins, d'après le $ 1o de l'instruction de la loi sur la noblesse, ou d'être reconnue judiciairement pour famille florentine aux ordres nobles, suivant le S 5 de la même loi. Mais dans l'un comme ^ dans l'autre cas, leurs seigneuries illustrissimes ne peuvent manquer de reconnaître le droit de cette même famille au patriciat slorentin, ce qu'elle attend de leur bienveillance et de leur justice, se faisant du reste un honneur de les avoir pour juges. »

A la suite de cette pièce, s'en trouvait une autre contenant le dessin et la description des armoiries de Bonaparte.

« Les armes de la famille de Bonaparte sont un champ rouge avec deux raies blanches en bandes, et deux étoiles également blanches, l'une dessous, l'autre audessus des bandes. Au chef de l'écu, dans un champ d'azur, est un rateau rouge et deux fleurs de lys d'or. Au milieu du rateau, un champ blanc avec croix rouge. • * | « On voit de ces armes en beaucoup d'endroits à Florence, dans le cloître du St.-Esprit, au lieu de leur sépulture, et dans divers endroits de la ville de San-Miniato. Elles se trouvent aussi parmi les procédures faites au sujet de la profession de religion de St-Etienne, par le chancelier Fausto Beltramini, chevalier judiciaire de cet ordre militaire et sacré en l'année 1671, lesquelles procédures prouvent le quartier maternel de la famille Buonaparte. . ' , · « Les armes de la branche des Franchini de San-Miniato

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sont un champ d'or, et un pin au milieu. Au chef de l'écu, est un rateau rouge dans un champ d'azur, avec trois fleurs de lys d'or. » -

L'Arbre généalogique de la famille Buonaparte, dressé d'après les pièces produites, venait ensuite et était suivi :

1". De renseignemens concernant la personne de Buonaparte gibellin et de ses fils exilés.

2°. D'autres documens concernant Leonardo d'Antonio , décapité comme gibellin.

3°. D'un Mémoire de Jules, fils de Jean Buonaparte, extrait d'un ancien livre de la famille des exposans.

4°. D'un document qui établit que Moccio Buonaparte est fils d'Oddo.

5°. D'un arbre des décimes de la famille.

6°. D'une attestation des gabelles et autres documens concernant les mariages et lignées de l'une et l'autre branche, des Buonaparte.

7°. D'une attestation de l'office des traites, comme dépendance du collége et d'autres bureaux également pour les deux susdites branches. 8°. De preuves que leurs parens, depuis 1738, se sont surnommés Buonaparte, avec la jouissance du priorat. 9°. D'extraits de baptême des auteurs de la requête. - 1 o°. D'un document sur le patrimoine ancien et actuel de la famille ; ** Sur les personnes constituées en dignités dans ladite famille; Sur les nobles et anciens tombeaux de cette même famille dans San-Miniato et à Florence. 11°. D'un acte de notoriété de San-Miniato pour la famille de Buonaparte en 1571. 12°. D'une enquête sur leur famille, pour prouver judiciairement leur quartier, à l'ordre de Saint-Etienne, comme famille florentine. 13°. Des motifs des chevaliers rapporteurs pour accorder · ledit quartier. -

14'. Des motifs d'autres chevaliers rapporteurs auprès des

grands-maîtres dudit ordre, pour octroyer judiciairement ledit quartier à d'autres Buonaparte. - o15°. De preuves de l'établissement dans San-Miniato de l'ancienneté de la famille de messire Jacopo, fils de messire Giorgio Buonaparte. | Ces pièces, d'un intérêt secondaire, établissent cependant d'une manière authentique l'ancienneté de l'origine de cet homme extraordinaire, dont la naissance fut sans doute le moindre mérite. Il appartient tout entier au domaine de l'histoire : l'équitable postérité établira d'une manière invariable le rang qu'il mérite, et que ne peuvent aujourd'hui lui assigner nil'enthousiasme ni la haine.

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