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« vons les décisions de foi des Conciles comme « dictées par le Saint-Esprit. Il est vrai que le « Pape confirme le Concile, mais cette con« firmation n'est en effet qu'un consentement; et « cela n'empêche point qu'un Concile universel « ne soit au-dessus du Pâpe ; aussi le Concile de « Constance a décidé que le Pape est soumis au « Concile. Nous ne croyons pas toutefois que les « Conciles doivent être regardés comme un tri« bunal réglé et ordinaire au-dessus du Pape, « mais comme un remède extraordinaire dans les « maux extrêmes et dans les grandes divisions de « l'Eglise. · « Nous croyons qu'il est permis d'appeler du « Pape au futur Concile, nonobstant les bulles de « Pie II et de Jules II, qui l'ont défendu, mais « ces appellations doivent être rares, et pour des « causes très graves. « Comme Jésus-Christ n'a rien révélé touchant « le gouvernement temporel, nous nous en rap« portons au droit naturel et aux anciennes lois « de chaque nation. Nous croyons que la religion « s'accommode avec toutes les formes légitimes « de gouvernement; que l'on peut être chrétien « à Venise, en Suisse, aussi bien qu'en Espagne « et en France ; et chacun doit demeurer sou« mis et fidèle au gouvernement sous lequel la « Providence l'a fait naître, et sous lequel on C( GX1Ste. « Nous croyons, quant à la discipline, que la « puissance du Pape doit être réglée et exercée « suivant les canons, et n'est souveraine qu'en ce « qu'il a le droit de les faire observer à tous les « fidèles. D'où il faut conclure que le gouverne« ment de l'Eglise n'est pas un empire despotique, « mais une conduite paternelle et charitable où « l'autorité du chef ne paraît point tant que les « inférieurs font leur devoir, mais éclate pour « les y faire rentrer, et s'élève au-dessus de tout « pour maintenir les règles. Il doit dominer « sur les vices, et non sur les personnes.Ce sont « les maximes du Pape saint Grégoire. « Nous croyons que les nouvelles constitutions « des Papes, c'est-à-dire la plupart de celles « qui ont vu le jour depuis quatre cents ans, ne « nous obligent qu'autant que notre usage les a « approuvées. « Nous ne craignons point les censures de la

« bulle In Cœna Domini (1). Les bulles qui sont

(1)Cette bulle se nomme in cœna Domini, parce qu'on la lisait tous les ans, le Jeudi-Saint, à Rome. ClémentXIV, ce pontife éclairé, ami des lettres, a fait cesser cette cou

« apportées en France de nouveau, ne peuvent « y être publiées ni exécutées qu'en vertu de

tume. Cette fameuse bulle en renferme plusieurs autres. On la fait remonter à Grégoire XI, qui a été Pape de 137o à 1378, sans doute pour les prétentions de la cour de Rome; mais c'est Paul III, mort en 1549, qui en est véritablement l'auteur, ensuite Pie V et Paul V y firent des additions. Cette bulle a pour objet la juridiction de la puissance ecclésiastique et civile, et surtout les immunités de l'Eglise; elle excommunie les princes qui exigeront des ecclésiastiques quelque contribution que ce puisse être; elle défend d'imposer de nouvelles taxes sur les laïcs, sans une permission expresse de Rome. Les nombreuses excommunications qu'elle porte sont toutes réservées au Pape; elle excommunie quiconque appelle au futur Concile, des décrets ou sentences du Pape, quiconque enseigne que le souverain pontife est soumis au Concile général , etc. etc. C'est en 158o, sous Grégoire XIIl, qu'on essaya de faire publier cette bulle en France. Quelques évêques, profitant des vacances du Parlement, la firent publier dans leurs diocèses; mais, sur les plaintes du procureur du Roi, le Parlement ordonna que la bulle ne fût point publiée dans les lieux où elle n'était point encore parvenue; que les archevêques, évêques, ou leurs vicaires, qui l'avaient fait publier, seraient cités à comparaître, pour répondre aux interrogatoires du procureur du Roi; et, qu'en attendant, il serait procédé à la saisie de leur temporel. Défenses furent faites que personne eût à empêcher l'exécution de « lettres-patentes du Roi, après avoir été exa« minées au Parlement, excepté les provisions « des bénéfices et les autres bulles du style ordi« naire. · « Nous n'avons point reçu le tribunal de l'In« quisition, établi en d'autres pays pour con« naître des crimes d'hérésie, ou d'autres sem« blables. Nous sommes demeurés à cet égard « dans le droit commun qui donne la connais« sance de ces sortes de crimes aux ordinaires, « et nous ne déférons pas à la prétention de l'In

cet arrêt, sous peine d'être traité comme criminel de lèse-majesté. Un petit volume fort rare, qui contient cette bulle, et qui est intitulé : Litterae, processus Gregorii XIII, lectœ die caenae Domini, anno 158o, Parisiis, Thom. Brumenius, 158o, in-8° de 23 pag. , a été condamné à être brûlé par la main du bourreau, par arrêt du Parlement, aussitôt qu'il a été publié, c'est-à-dire en 158o. Il en existait un exemplaire dans la bibliothèque de M. Gaignat, qui était enrichi de l'arrêt de condamnation, et scellé du cachet du Nonce du Pape : il a été vendu cinquante liv.

en 1769, Nous avons donné, dans notre Dictionnaire des livres condamnés au fèu, tom. I, pag. 51-66, l'histoire abrégée des bulles qui ont été rejetées, supprimées, et même condamnées, surtout en France. - -

« quisition particulière de Rome, qui veut que « son pouvoir s'étende par toute la chrétienté. « Quant à la juridiction des congrégations des « cardinaux, établies depuis environ cent ans « pour juger des différentes matières ecclésiasti« ques, comme la congrégation du Saint-Office « ou de l'Inquisition, celle de l'Indice des Livres « défendus, celle du Concile de Trente, etc. etc., « nous honorons les décrets de ces congrégations « comme des consultations de docteurs graves, « mais nous n'y reconnaissons aucune autorité « sur la France. Ainsi, nous lisons sans scrupule « tous les livres qui ne sont point d'auteurs notés « manifestement d'hérésie, ou nommément dé« fendus par l'évêque diocésain. « Le nonce du Pape n'a aucune juridiction en « France; il est regardé simplement comme am« bassadeur d'un prince étranger; et quand un « nonce a voulu s'attribuer un territoire, des ar« chives, ou quelques autres marques d'autorité, « le Parlement s'y est opposé. - - - « Le légat à latere a juridiction; mais de peur « qu'il n'en abuse, on observe plusieurs forma« lités. Le Pape ne peut en envoyer en France « qu'à la prière du Roi, au moins de son consen« tement. Etant arrivé, il promet avec serment « et par écrit, de n'user de ses facultés qu'autant

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